Politique Internationale - La Revue n°94 - HIVER - 2002

sommaire du n° 94
FALUNGONG: LA SECTE QUI FAIT PEUR A PEKIN...
Article de Antoine PAOLI
Sinologue, spécialiste de la période contemporaine.
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La République populaire de Chine a fêté son 52e anniversaire le 1er octobre 2001. Après plus de cinq décennies de vicissitudes ponctuées par les mouvements démocratiques de 1979 et 1989, l'effondrement du mur de Berlin et l'éclatement du bloc soviétique, le pouvoir communiste semble toujours tenir le pays d'une main de fer. Pourtant, à l'heure où le N° 1 du pays, le président Jiang Zemin, ne cesse de réaffirmer ses objectifs de stabilité sociale et de développement économique, une nouvelle menace se profile. Contrairement à toute attente, elle n'émane ni des milieux intellectuels ou syndicaux oeuvrant sur place, ni des associations de droits de l'homme basées à l'étranger, mais d'un mouvement religieux aux visées énigmatiques : la secte Falungong. La violente répression et la campagne de propagande sans précédent lancées à son encontre par les autorités de Pékin depuis juillet 1999 révèlent, indubitablement, les craintes et les faiblesses du régime.

Une doctrine confuse entre tradition et science-fiction

Lorsqu'est né le Falungong au tournant des années 80-90, il ne s'agissait que d'un ensemble de méthodes méditatives et gymniques professées par un maître du nom de Li Hongzhi et dont le but était d'apporter aux adeptes un bien-être à la fois physique et spirituel. Ce type d'école se rattache à des traditions taoïstes extrêmement anciennes et s'inscrit dans le concept - répandu aussi bien dans les mondes indien que chinois - de la diffusion d'une doctrine par le biais de relations «en cascade» de maître à disciples, génération après génération.

Le terme falun - littéralement «roue de la loi» - est directement emprunté au bouddhisme, fondé en Inde au VIe siècle avant J.-C. par Siddharta Gautama. Celui-ci enseigna à ses premiers disciples une doctrine (dharma en sanskrit) qui devait leur permettre d'atteindre l'Eveil (Nirvana). La voie proposée par Bouddha (l'Eveillé) est constituée d'une somme de huit catégories de techniques. C'est pourquoi on l'appelle aussi la «Voie aux huit chemins» . La tradition a par la suite représenté ces techniques méditatives par un symbole : une roue à huit rayons, le falun.

Quant au mot gong, il désigne les mérites ou les capacités que le pratiquant est censé acquérir grâce à l'enseignement de son maître. Egalement utilisé dans les arts martiaux dont l'apprentissage répond au même schéma, il est inspiré du taoïsme. «Vieux fonds de la pensée chinoise» , comme on le qualifie parfois, le taoïsme est une doctrine philosophique surtout connue pour sa tentative de description de l'univers par les forces complémentaires du yin et du yang. Il a, au cours des siècles, engendré de nombreux courants religieux, littéraires et artistiques, mais il a aussi joué un rôle important dans le domaine médical, l'un des objectifs majeurs du taoïsme étant de parvenir à conserver et à nourrir le plus longtemps possible le Qi (Tsi, énergie vitale) que chaque individu possède en lui, avec pour objectif ultime d'atteindre l'immortalité. Son influence a, de ce fait, été considérable sur le développement de la médecine chinoise traditionnelle (acupuncture et pharmacopée), ainsi que sur des disciplines méditatives et sportives désormais pratiquées en Occident comme le Taiji Quan (Tai Chi, boxe du yin et du yang) ou le Qigong (Tsi Gong, maîtrise de l'énergie vitale).

Au confluent du bouddhisme et du taoïsme, le Falungong renoue avec la grande tradition du syncrétisme chinois. Le maître fondateur, Li Hongzhi, ne s'embarrasse ni de dogmatisme ni de modestie : il prétend aller beaucoup plus loin que les autres religions. Pour lui, comparer le Falungong au christianisme revient à comparer un somptueux et majestueux palais à une cabane rudimentaire !

Sur le plan spirituel, le gourou affirme que les pratiques de son école permettent de faire apparaître dans l'abdomen la fameuse Roue de la loi dont le principal intérêt est d'attirer à soi les bonnes énergies et d'éjecter les mauvaises à l'extérieur. Selon les adeptes de la secte, Li Hongzhi, né dans une petite bourgade du Nord-Est de la Chine en 1951, aurait été marqué par le sceau du destin dès l'âge de quatre ans. «Je n'ai que l'apparence d'un homme », a-t-il affirmé lors d'une conférence en Amérique du Nord. «J'ai fait une chose qu'aucun autre homme dans le passé n'avait faite. ( ...) En fait, cela ne peut arriver qu'une seule fois en mille, voire en dix mille ans». L'enseignement que plusieurs grands maîtres lui auraient dispensé au cours des années suivantes lui aurait permis d'acquérir des pouvoirs surnaturels : il aurait ainsi la capacité de se dissoudre dans la matière et de voler, de devenir invisible, de se téléporter ou encore d'être présent dans deux lieux différents au même moment. Tous ceux qui évoluent sur le chemin de la vérité, de la bonté et de la persévérance (Zhen, Shan, Ren, les trois piliers de la doctrine) peuvent espérer parvenir à ce résultat. Mais, d'une manière générale, la plupart des fidèles de base attendent seulement du Falungong qu'il les aide à conserver une bonne santé physique et morale, voire qu'il guérisse certaines de leurs maladies. Cet aspect « thérapeutique» explique le succès de la secte dans un pays où la population reste attachée à la médecine traditionnelle et où les soins médicaux sont de moins en moins pris en charge par l'Etat.

Sur le plan social, le Falungong apporte une réponse aux problèmes aigus que connaît la Chine d'aujourd'hui, exploitant habilement les craintes de la population face aux conséquences de l'économie de marché : chômage, précarité, désagrégation du système de protection sociale. La secte n'hésite pas à s'attaquer vigoureusement à la décadence, à la drogue, à l'homosexualité et même au rock-and-roll ... Elle fait feu de tout bois pour vilipender le modernisme : l'art, la mode, le déchaînement des foules lors des matches de football, la prostitution sont à ses yeux autant de manifestations de la puissance démoniaque. «Les hommes en sont déjà au stade de l'inceste entre générations ; l'abomination de l'homosexualité reflète la dégoûtante perversion psychologique et la perte d'entendement de notre époque. Les hommes portent les cheveux longs et les femmes se coupent les cheveux courts : le yin s'affirme et le yang faiblit, les rôles du yin et du yang s'inversent». Reprenant à son compte la tradition confucéenne, Li Hongzhi explique que la libération des femmes déstabilise les rapports cosmiques. Dans l'ordre naturel, la femme yin est douce, et l'homme yang dur. Dans le passé, l'homme savait aimer et protéger sa femme, et la femme savait s'occuper de son mari. Mais, depuis que les femmes se libèrent, on ne voit plus que divorces, conflits et enfants abandonnés.

Quant au mélange des races, il pose un problème extrêmement grave. «Lorsqu'il y a mélange racial ( ...), le corps et l'intelligence des enfants sont malsains ; ( ...) chaque génération est inférieure à la précédente». Afin de voiler l'obscurantisme de sa doctrine sous un vernis moderniste, le maître a cru bon de s'inspirer des films de science-fiction occidentaux. Selon lui, des extraterrestres s'infiltrent dans le corps des humains, avec la complicité de la science moderne, ennemie de la morale.

A mi-chemin entre le millénarisme des sectes taoïstes du passé et la vision apocalyptique des films d'anticipation, la doctrine de Li Hongzhi apparaît comme une sorte de fourre-tout baroque. Dès lors, comment a-t-elle été capable d'attirer des millions de disciples ?

L'implantation spectaculaire du Falungong dans la société

Li Hongzhi tient à se démarquer des gourous démagogiques et populistes : «Je ne veux pas me mêler de politique, cela ne m'intéresse pas, affirme-t-il. Les gouvernements ne se préoccupent que des questions immédiates au lieu de s'intéresser aux causes premières de ces problèmes». Les solutions sont donc à trouver ailleurs, en soi et dans l'univers ...

Entre la fondation de la République populaire de Chine en 1949 et l'arrivée au pouvoir de l'aile droite du Parti communiste menée par Deng Xiaoping en 1978, les religions n'étaient pas officiellement interdites mais la pratique en était tellement réglementée que, dans les faits, cela revenait au même. A partir des années 80 et plus encore des années 90, la Chine a amorcé un retour vers le religieux et redécouvert ses croyances ancestrales. L'émergence d'une certaine liberté individuelle, l'attention portée à soi-même dans la vie quotidienne ainsi que l'effondrement de l'idéologie socialiste ont accentué ce phénomène. Li Hongzhi, comme bien d'autres, s'est engouffré dans cette brèche spirituelle et sociale en fondant son organisation en 1992.

Alors que certains Chinois retrouvaient le chemin des temples bouddhistes, des mosquées ou des églises, un plus grand nombre encore prirent l'habitude de se rendre dans les jardins publics, dans les cours d'immeubles ou sous les arbres des avenues pour renouer avec les pratiques taoïstes de leurs aïeux au sein d'écoles de Qigong. Des groupes d'une dizaine à une centaine de personnes, en particulier des retraités et des femmes issues des couches populaires, se mirent à suivre des séances quotidiennes ou hebdomadaires sous la houlette de maîtres plus ou moins connus. Le but de ces enseignements était avant tout de se détendre par la méditation et la respiration, de se maintenir en forme grâce à des exercices physiques, et d'entretenir une activité sociale.

Devant l'ampleur du phénomène qui ne tarda pas à gagner l'ensemble du pays, certains maîtres et disciples furent tentés, pour des motifs organisationnels, professionnels, sociaux ou financiers, de constituer des associations à l'échelle nationale. Dans cette entreprise, Li Hongzhi fut celui qui rencontra le plus de succès. Pourquoi ? Grâce à son habileté et parce qu'il sut, mieux que les autres, répondre à la détresse sociale et au vide idéologique par le contenu et la pratique de sa doctrine ainsi que par l'utilisation efficace des moyens de communication les plus modernes.

Dans un monde livré à la puissance de l'argent, à l'absence de repères moraux et en proie aux fléaux sociaux induits par le libéralisme, le Falungong s'est présenté comme une religion visant au salut universel, dotée d'un système conceptuel élaboré que ne possédait aucune autre école de Qigong. Pour les adeptes, le Falungong est devenu «une voie de salut, et même la seule voie de salut possible».

Un autre élément explique le succès inattendu de la secte. Dans une Chine très troublée depuis 1840 et où l'idéologie a été concentrée dans les mains du Parti depuis 1949, le Falungong insiste sur «le caractère salvateur de la pratique publique»: les adeptes sont invités à extérioriser leur foi. Les Chinois redécouvrent ainsi la possibilité d'exprimer et d'affirmer devant la société ce qu'il y a de plus profond en eux : leur croyance individuelle. Plus les pouvoirs publics s'acharnent à les faire taire, plus leur émotion se renforce : «La répression engagée accentue encore l'efficacité rédemptrice de l'affirmation de la foi, et à cet égard les protestations publiques prennent un caractère rituel. L'épreuve de la pratique et de la protestation publiques est nécessaire au salut».

David Palmer nous éclaire sur le processus d'adhésion des adeptes : «Ces exercices de gymnastique et de méditation peuvent être pratiqués par toute personne sans condition d'adhésion au mouvement, et produisent des effets sensibles et immédiats. ( ...) Ceux-ci constituent une “preuve” intimement ( ...) vécue de l'existence de dimensions spirituelles autres que la réalité quotidienne.» Dans une Chine matérialiste et où l'idéologie officielle ne trompe plus personne, «ces expériences facilitent le détachement de l'adepte du monde ordinaire et augmentent son désir d'explorer plus loin les mondes intérieurs». Mais en propulsant le pratiquant dans un monde inconnu, la méditation le rend vulnérable : le Falungong devient la seule et unique réponse à ses attentes.

Li Hongzhi met en place une vaste organisation hiérarchisée basée sur la diffusion de toutes sortes de livres, cassettes vidéo et audio dans lesquels il prêche la bonne parole. La secte élargit également sa base de recrutement à tous les milieux, en particulier l'université et l'administration publique. Des professeurs, des étudiants, de hauts fonctionnaires, voire des membres ou des cadres du Parti rejoignent en masse les rangs du Falungong. Plus grave encore : des militaires conservateurs se seraient laissés séduire par la doctrine sommaire, la structure centralisée et la discipline de cette secte qui se propose d'éradiquer les nouveaux maux de la société chinoise. Au total, le Falungong compterait plusieurs millions de fidèles, certains allant jusqu'à avancer le chiffre de 60 millions. Parmi eux, beaucoup ne sont que de simples adeptes qui pratiquent le Falungong comme on pratique le yoga en France, c'est-à-dire juste pour se sentir bien dans sa peau, sans aucun sentiment d'appartenance à une secte. Mais beaucoup aussi se sont fortement impliqués dans les activités de la secte au point de devenir des militants convaincus et endoctrinés. Ils constituent aujourd'hui un réservoir de combattants potentiels facilement mobilisables dans la partie de bras de fer engagée avec le Parti.

En République populaire de Chine, tous les partis, organisations ou associations officielles sont entièrement inféodés au Parti communiste. La règle s'applique aussi bien aux «partis démocratiques» , aux syndicats, aux organisations de masse comme la «Fédération des femmes de toute la Chine» , qu'aux religions. Ces dernières sont structurées en «associations patriotiques» . L'«Association patriotique des musulmans de Chine» , par exemple, est l'une des plus actives. Le Falungong étant considéré comme une association sportive, il fut rattaché dès sa création en 1992 à la Commission sportive nationale (équivalent du ministère des Sports) et ses activités bienfaitrices furent même, un temps, encouragées par les autorités. Mieux : un certificat d'honneur lui aurait été délivré par une Fondation du ministère de la Sécurité publique en décembre 1993! Mais, quelques années plus tard, enhardi par le succès, Li Hongzhi souhaita aller plus loin. Il demanda au PCC de se voir reconnaître le statut d'association nationale autonome. C'est alors que, réalisant soudain la puissance que pouvait représenter une telle organisation indépendante, le Parti prit peur : la méfiance allait laisser place au face-à-face puis à l'affrontement. Il est vrai qu'aux yeux des autorités chinoises, dont la stratégie de maintien au pouvoir repose depuis toujours sur le principe d'une impossible alternance, toute manifestation d'indépendance de la part de la société civile est perçue comme une menace.

Le bras de fer entre le Falungong et le PCC

Les premières attaques contre le Falungong sont venues des intellectuels. Certains d'entre eux ont commencé à mettre en garde leurs concitoyens contre les risques de manipulation mentale. Une première manifestation a lieu devant le siège de la radio officielle à Pékin en 1998, à la suite de l'interview d'un physicien, le Pr He Zuoxiu, qui dénonce les pratiques de la secte. Le Falungong remporte une victoire puisqu'il obtient le remplacement de l'émission prévue par un programme présentant ses activités sous un jour favorable. En mars 1999, à Tianjin, une deuxième manifestation contre un article du même professeur se termine, cette fois, par des échauffourées avec la police.

Le Falungong sent le vent tourner et prend alors l'initiative d'une démonstration de force au coeur du pouvoir. En avril 1999, une dizaine de milliers de ses membres, originaires de différentes provinces, se donnent rendez-vous à Pékin pour remettre au gouvernement une pétition réclamant un statut autonome et l'arrêt de la campagne de presse embryonnaire dont ils sont victimes. Ils manifestent pacifiquement mais forment une chaîne humaine autour de Zhongnanhai, le siège du gouvernement central et du Parti communiste. Ils commettent là un acte d'une extrême gravité qui servira par la suite à accréditer la thèse d'une tentative de coup d'Etat et à justifier la répression. Comme lors des événements de Tian An Men en mai-juin 1989, dans un premier temps, le pouvoir ne bouge pas. Il reçoit la pétition des mains des dirigeants de la secte et la manifestation se dissipe dans le calme.

Quant à Li Hongzhi, il est déjà parti s'établir aux Etats-Unis un an plus tôt, dirigeant le Falungong par le canal d'Internet. Avait-il pressenti la répression qui allait s'abattre sur son mouvement et préparé son exil américain pour pouvoir continuer à le diriger de l'extérieur ? Officiellement, il s'est installé aux Etats-Unis pour monter une maison d'édition destinée à publier ses ouvrages ...

Des dissensions au sein du Comité permanent du Bureau politique semblent être à l'origine de quelques hésitations. Il faudra, en effet, attendre trois mois avant que le Parti ne prenne une décision. Selon certains, l'affaire du Falungong, comme tous les mouvements de protestation qui l'ont précédé depuis 1949, serait l'expression d'une rivalité entre factions du Parti : on a mentionné plus haut les certificats d'honneur délivrés par certains ministères ; on sait aussi que des bannières du Falungong auraient été accrochées dans des locaux de l'armée et de la police. Plus troublant encore : selon la secte, Qiao Shi, l'un des plus hauts dirigeants chinois de l'époque, aurait diligenté une enquête dont les conclusions auraient été favorables au mouvement.

Finalement, le couperet tombe le 22 juillet 1999 : la secte est interdite. La puissante machine de propagande du Parti lance alors une vaste campagne de dénigrement. Après l'interdiction, les Chinois découvrent à la télévision l'existence de la désormais célèbre manifestation de Zhongnanhai et, durant tout l'été, les journaux télévisés du soir se déchaînent contre le Falungong, dénonçant les turpitudes de Li Hongzhi, les méfaits de son enseignement, et glorifiant la nécessaire lutte engagée par les autorités. Ainsi, le journal de 19 heures de la très officielle première chaîne centrale (CCTV1), qui dure habituellement trente minutes, consacrera à cette question jusqu'à deux ou trois heures d'affilée quotidiennement.

La répression s'abat sur le mouvement dont des milliers de membres, et surtout de cadres, sont arrêtés et emprisonnés. Face à cette brutale mise au pas, la réplique de l'organisation va mettre du temps à s'organiser : les sites Internet animés à partir des Etats-Unis feront le lien entre les dirigeants et les adeptes désormais entrés dans la clandestinité. Quelques mois plus tard, le Falungong réapparaît sous une nouvelle forme : des manifestations sur la place Tien An Men, symbole de la République populaire de Chine.

Les diverses fêtes du calendrier, à commencer par le 1er octobre 1999, jour de la fête nationale, constitueront autant d'occasions de se mobiliser. Le scénario se répète chaque fois à l'identique : les membres de la secte arrivent «incognito» sur la place par grappes de dix à quinze et déplient des banderoles pour dénoncer la répression ou exalter les vertus bienfaisantes du Falungong (vérité, bonté, persévérance). D'autres s'assoient dans la position du lotus (en tailleur) et se mettent à prier. Les centaines de policiers, en civil ou en uniforme, qui stationnent en permanence dans des fourgons au beau milieu de la place, les interpellent aussitôt avant de les emmener au poste. Les observateurs sont frappés par la détermination et le calme des manifestants face à des forces de l'ordre qui n'hésitent pas à les attraper par les cheveux et à les traîner par terre. Des témoins ont assisté à l'arrestation d'une femme, la tête ensanglantée : ils ont vu dans les véhicules de police des membres de la secte assis, gardant les mains jointes autant que faire se peut, et arborant un large sourire. Après avoir été fichés, certains sont relâchés tandis que d'autres sont placés en garde à vue et subissent des interrogatoires musclés dans des centres de détention situés en banlieue. Les cadres ou les membres récidivistes sont emprisonnés sans procès pendant trois ans pour trouble à l'ordre public. D'autres sont jugés pour atteinte à la sûreté de l'Etat et condamnés à des peines d'emprisonnement qui peuvent aller jusqu'à 18 ans dans des camps de travail pudiquement baptisés « centres de rééducation par le travail» (laogai).

Les organisations de défense des droits de l'homme basées hors de Chine continentale donnent les chiffres suivants : environ 10 000 membres du Falungong seraient actuellement emprisonnés et plus de 100 d'entre eux, 324 selon la secte, seraient morts en détention. D'après les autorités, il s'agirait de suicides. Même si tel était le cas, une pareille hécatombe en dirait long sur la dureté des conditions d'incarcération !

Le comportement des manifestants désarçonne le gouvernement : comment les empêcher de se comporter en martyrs et d'investir le lieu le plus sensible de Chine, symbole du pouvoir mais aussi de toutes les luttes politiques du XXe siècle ? Et, surtout, comment justifier aux yeux de l'opinion un tel déchaînement de violence contre des personnes apparemment aussi inoffensives ? Un argument que l'organisation ne se prive pas d'utiliser. Des tracts distribués sous le manteau en plein coeur de la capitale ou dans les boîtes aux lettres des grandes villes attirent l'attention des citadins sur cette question troublante : pourquoi une association qui n'a, apparemment, aucune visée politique et dont le seul but est d'oeuvrer pour le bien-être des gens est-elle à ce point persécutée par le gouvernement et le Parti communiste chinois ?

Face à la répression en Chine, le Falungong tente d'étendre sa présence au niveau international en développant un système de communication moderne et en recrutant des membres étrangers. La secte s'est dotée de sites Internet en 27 langues, ainsi que d'un hebdomadaire diffusé gratuitement à Taiwan, en Australie, en Europe et en Amérique du Nord : The Epoch Times. En première page d'un numéro de décembre 2001, on apprenait qu'une délégation internationale du Falungong n'avait pas hésité à se rendre place Tian An Men le 20 novembre pour manifester son soutien aux adeptes chinois : 35 Occidentaux (dont deux Français) ont déployé une banderole pendant quelques minutes avant d'être appréhendés et expulsés.

La machine de propagande du PCC contre le Falungong

Officiellement, la répression répondait à une double motivation : premièrement, éviter que de nouveaux débordements de la gravité de ceux qui avaient eu lieu en 1999 ne se reproduisent ; deuxièmement, empêcher la secte de poursuivre ses activités néfastes dans la société. Selon le gouvernement, les pratiques méditatives du Falungong auraient conduit de nombreux adeptes à adopter des comportements dangereux, voire criminels. Certains d'entre eux auraient ainsi assassiné des membres de leur famille. D'autres, atteints de maladie grave, auraient refusé de se soigner, convaincus que les méthodes de la secte pouvaient les sauver et que la mort avait de toute façon peu d'importance. Des reportages réalisés aux quatre coins de la Chine ont montré pendant des semaines des familles dans la peine, pleurant leur proche décédé ou déroutées par le comportement anormal d'un parent. Isolement, solitude, incompréhension de l'entourage, incommunicabilité : tous les éléments du phénomène sectaire sont réunis. Selon les autorités, le Falungong aurait causé la mort d'au moins 1700 personnes. Face à ce drame, l'Etat explique qu'il se devait de réagir pour protéger les individus et les familles.

Mais compte tenu du très grand nombre de pratiquants, la répression risquait de ne pas suffire. Conformément à la tradition confucéenne, l'Etat devait aussi faire preuve de bienveillance. Nombreux étaient ceux qui, à la suite de l'arrestation d'un des leurs, avaient perdu leur emploi et étaient désormais montrés du doigt, notamment au sein des «Comités de quartier» . Il fallait leur laisser une chance. Le pouvoir adopta alors une stratégie qui avait déjà fait ses preuves lors de mouvements d'ouvriers ou de paysans : sévérité maximale pour les meneurs ; indulgence pour les militants de base, chaleureusement invités à retrouver la sérénité au sein de la mère-patrie compatissante. Cette politique de la carotte et du bâton a été abondamment relayée par les médias nationaux à partir de janvier 2001 : ton extrêmement dur contre Li Hongzhi et la minorité agissante ; mansuétude à l'égard des membres qui acceptent la rééducation et in fine la re-conversion.

Depuis, la télévision diffuse des images de «camps de rééducation par le travail» où d'ex-adeptes coulent des jours heureux, dans un état de béatitude et d'harmonie tout à fait extraordinaire lorsqu'on connaît le régime carcéral chinois ! A quelques jours de leur sortie de prison, ces hommes et ces femmes livrent leur sentiment sur leur «libération» . Au terme d'un «séminaire» , ils s'effondrent en larmes dans les bras de leurs geôliers. Tous affirment alors devant les caméras que Li Hongzhi est un imposteur cruel qui les a trompés, et remercient les autorités de les avoir sauvés in extremis. Ils remercient aussi leurs gardiens qu'ils embrassent avec effusion ...

L'épisode le plus révélateur de cette manipulation de l'information s'est produit lors de la libération d'un Canadien d'origine chinoise. Au moment même où celui-ci racontait les tortures qu'il avait subies pendant son internement dans un camp, les médias chinois le présentaient comme un exemple de réhabilitation réussie. Les commentaires sortis de la bouche du prisonnier, après retranscription par l'agence Chine nouvelle, sont assez éloquents : Zhang - tel est son nom - aurait déclaré que les policiers du centre de rééducation l'ont traité avec bonté et qu'ils se sont toujours montrés «chaleureux, patients et sincères» envers ceux dont ils avaient la garde, agissant comme des enseignants envers leurs élèves difficiles, comme des parents envers leurs enfants malades, et comme des médecins envers leurs patients. «Je voudrais exprimer ma gratitude aux dirigeants et aux policiers du centre. Ils respectent notre dignité et prennent bien soin de nos vies. Je me suis senti comme chez moi» , a-t-il dit, ajoutant qu'il en était reconnaissant au Parti et au gouvernement ...

Toutes les forces de la nation sont désormais jetées dans la bataille contre le Falungong. Ministres, partis non communistes (dits «démocratiques» mais, en réalité, inféodés au régime), scientifiques, fonctionnaires de l'éducation, professeurs en sciences sociales, étudiants, organisations de base du Parti, syndicats, ouvriers, associations religieuses patriotiques (dépendantes du régime) d'obédience bouddhiste, taoïste, musulmane, protestante ou catholique : tous participent à cette gigantesque offensive. Sur un site Internet gouvernemental en langue anglaise, créé pour les besoins de la cause, on peut lire : «Pagbalha Geleg Namgyai, Bouddha vivant tibétain et vice-président du Comité permanent de la neuvième assemblée nationale populaire, a déclaré ici, aujourd'hui, qu'il soutenait fermement la décision du Comité central du Parti communiste de bannir le Falungong» !

Le Parti portera la lutte anti-Falungong au paroxysme en faisant circuler, en plein hiver, dans les universités et les rues des grandes villes, d'immenses pétitions : on a ainsi pu voir des cortèges «spontanés» se former, sous la neige, devant de grandes banderoles en papier, et chacun signer à tour de rôle le texte officiel à l'aide de gros feutres multicolores. La pétition aurait recueilli en un temps record plus d'un million de signatures.

Mais face à la lassitude, parfois à l'incompréhension - voire à l'exaspération - de la population, la machine de propagande se doit de redoubler de vigueur. Aux journalistes étrangers qui l'interpellent sur les conditions de détention déplorables réservées aux adeptes du Falungong, la Chine répond qu'elle est un Etat de droit et qu'en l'occurrence elle agit en conformité totale avec le code pénal en vigueur. Elle explique que le gouvernement a le devoir de sévir pour répondre à la colère du peuple. A l'appui de cette thèse, la télévision s'est lancée pendant plusieurs soirs de suite dans la diffusion de «micro-trottoirs» savamment orchestrés où des Chinois de toutes catégories sociales expriment leur point de vue de manière souvent véhémente.

Un événement dramatique va fournir aux autorités de Pékin un prétexte pour intensifier leur politique de harcèlement. Alors qu'à l'occasion du Nouvel An chinois (24 janvier 2001) tout le monde s'attend à de nouveaux heurts avec les forces de police pour le 24, le 23 une dépêche de l'agence gouvernementale Chine nouvelle sème la panique : «Sept personnes, toutes membres du Falungong, ont tenté de s'immoler par le feu sur la place Tien An Men. » La dépêche, rédigée uniquement en anglais, est visiblement destinée aux Occidentaux. Parmi les sept victimes, seulement cinq auraient réussi à s'enflammer avec de l'essence, les deux autres étant empêchées de le faire par l'intervention de la police. Sur ces cinq personnes, l'une est décédée et les quatre autres ont été transférées dans un hôpital du nord-ouest de la ville.

La population chinoise devra patienter exactement une semaine avant de découvrir la tragédie : le 31 janvier 2001, à 19 heures, le journal télévisé de la chaîne centrale fait son ouverture sur les «torches humaines» de la place Tien An Men. Deux types d'images se succèdent : d'abord, les tentatives d'immolation proprement dites ; puis les quatre rescapés sur leur lit de douleur. Les témoignages arrachés aux victimes sont à la limite de la décence. Quant aux commentaires, ils ont le mérite de la simplicité : primo, avec ces immolations, le Falungong a montré son vrai visage. Secundo, la secte qui a voulu envoyer à la mort ces quatre personnes, dont deux jeunes filles de 12 et 19 ans, ne peut être que de nature diabolique. Tertio, confrontée à une offensive sans précédent des forces du mal, la République populaire de Chine sait néanmoins rester magnanime envers ses enfants égarés : les secours modernes (des ambulances flambant neuves) ainsi que les moyens médicaux (des chambres étonnamment luxueuses) déployés peu après le drame en sont la preuve. Face aux pratiques du Falungong qui bafouent «la nature humaine, la société et la science» , le Parti se présente comme le garant de la stabilité, de la croissance économique et même, par un retournement de situation qu'il a su habilement exploiter, comme le protecteur des droits de l'homme ! Et pour couronner le tout et parer à toute attaque venant de l'extérieur, il n'hésite pas à brandir, fidèle à son habitude, la thèse du «complot des forces étrangères anti-chinoises» qui se tapissent derrière le Falungong !

De son côté, la secte dément tout lien avec ces désespérés et rappelle que sa doctrine condamne fermement les atteintes à la vie humaine, y compris le suicide. Elle dénonce la malhonnêteté du traitement médiatique et demande l'ouverture d'une enquête internationale indépendante. Il est vrai que la mainmise du pouvoir sur les médias laisse planer des doutes sur l'authenticité, ou tout au moins sur l'interprétation, des faits.

La grande peur du Parti communiste chinois

En affectant, depuis deux ans et demi, l'ensemble de son appareil de propagande à la lutte quotidienne contre le Falungong, que cherche le régime ? Les observateurs étrangers aboutissent généralement à la conclusion suivante : le puissant PCC, au pouvoir depuis plus de cinquante ans, tremblerait sur ses bases.

Ce n'est pas la première fois - loin de là - que le Parti se livre à une répression de masse, et il en est chaque fois sorti indemne. Ainsi, en juin 1989, l'écrasement dans le sang du mouvement étudiant de la place Tien An Men n'a pas durablement entamé le prestige international de la Chine. Dès 1993, Pékin s'étonnait de ne pas avoir été retenu pour l'organisation des Jeux Olympiques de l'an 2000 alors que les missions diplomatiques, le commerce international et le tourisme avaient déjà retrouvé leur dynamisme des années précédentes.

Les divisions des dissidents chinois en exil ont jusqu'à présent empêché la constitution d'une force politique alternative suffisamment crédible. A l'intérieur, la moindre tentative de regroupement d'intellectuels démocrates ou de syndicalistes ouvriers provoque une réaction immédiate des autorités centrales. La propagande fait très rarement écho à ce genre d'affaires. Au contraire, le pouvoir s'efforce d'en taire l'existence au maximum. Tout au plus le ministère des Affaires étrangères est-il parfois conduit à y faire allusion lorsque la situation internationale l'y contraint.

Mais il en va autrement pour le Falungong. Cette fois-ci, il ne s'agit pas d'une poignée d'intellectuels courageux et étroitement surveillés qui cherchent à mener la Chine vers la démocratie, ni de quelques centaines ou de quelques milliers d'ouvriers qui manifestent localement leur mécontentement face à des plans de licenciement ou à des salaires impayés. Le Falungong compte des millions, voire des dizaines de millions d'adeptes, dont la plupart viennent de milieux populaires durement frappés par le chômage et la pauvreté. Ils ont trouvé dans la secte une organisation dont les objectifs sont probablement plus lucratifs qu'humanitaires mais qui, au moins, les accueille et les écoute. Aujourd'hui, la plupart d'entre eux ne comprennent pas pourquoi ils sont mis si « injustement» au ban de la société. Le Parti met en garde contre les effets délétères de la secte sur les esprits faibles. En revanche, la question, pourtant évidente et fondamentale, du «pourquoi» de l'égarement des individus et de l'émergence de sectes dans la société chinoise de l'an 2002 n'est jamais posée, ni par les autorités ni par les médias.

Dans la conception chinoise traditionnelle, l'histoire est envisagée de manière cyclique. Le «mandat céleste» accordé à une dynastie n'est jamais éternel. Il n'est pas rare que celui-ci lui soit retiré par des révoltes populaires menées par des chefs charismatiques qui légitiment leur pouvoir en recourant à des pratiques magiques et religieuses d'inspiration taoïste. Li Hongzhi prétend posséder une autorité spirituelle supérieure à celle de Jésus ou de Bouddha et avoir été envoyé sur Terre pour sauver les vertueux. Le principal dirigeant de l'immense révolte des Taiping au milieu du XIXe siècle, Hong Xiuquan, n'affirmait-il pas être le frère du Christ ? Les Boxers, qui se sont soulevés en 1900, ne prétendaient-ils pas que leurs pratiques taoïstes pouvaient permettre à leur corps de résister aux balles des fusils occidentaux ? Les membres du Falungong, eux, «peuvent même se défaire de la vie et de la mort, car comment pourraient-ils craindre la menace de la mort ?». Rien ne permet d'affirmer que le Falungong cherche à déstabiliser le régime : «Le discours du Falungong, même s'il dénonce le caractère répressif du régime, ne s'organise pas en une critique de fond du Parti communiste chinois. Des indices montrent que l'espoir d'un renversement du jugement porté par le Parti sur le Falungong n'est pas abandonné». Reste que, compte tenu de l'instabilité sociale actuelle, le Falungong représente aux yeux du Parti une force potentiellement destructrice.

On dénombre aujourd'hui en Chine des dizaines de millions de chômeurs et de laissés-pour-compte et de 100 à 200 millions de paysans ayant migré vers les villes et vivant dans des conditions précaires. Le désengagement progressif mais massif de l'Etat tant dans le domaine de l'accès aux soins (pour la plupart des Chinois, les dépenses de santé sont désormais entièrement à leur charge) que de l'éducation, ainsi que le fossé énorme qui s'est creusé en dix ans entre une minorité de riches et la très grande majorité de pauvres constituent autant de facteurs d'instabilité sociale. Dans ce contexte, une organisation comme le Falungong, qui recrute autant parmi les élites que dans les milieux populaires, n'aurait aucun mal à capter les mécontentements à son profit. C'est précisément ce qui inquiète le gouvernement.

Cette inquiétude transparaît en particulier dans les rapports entre Pékin et Hong Kong. Depuis juillet 1997, le territoire vit selon le sacro-saint précepte de Deng Xiaoping «un pays, deux systèmes» , autrement dit la non-ingérence de la Chine dans les affaires hongkongaises. Jusqu'à présent, les syndicalistes indépendants ou les militants des droits de l'homme ont pu poursuivre librement leurs activités. Mais les déclarations insistantes de Pékin, selon lesquelles il ne saurait être toléré que Hong Kong devienne une base arrière du Falungong, sont révélatrices des craintes qu'éprouvent les dirigeants chinois quant à une possible extension du mouvement. Ainsi, lors de la venue à Hong Kong du ministre des Affaires étrangères des Pays-Bas en février 2001, alors que les représentants locaux du mouvement annoncent leur intention de le rencontrer, le ministère des Affaires étrangères chinois proclame sa ferme opposition «aux gouvernements étrangers ou à ceux de leurs représentants qui interféreraient dans les affaires intérieures de la Chine en utilisant la question du Falungong». Et d'ajouter : «Aucune organisation ou individu n'est autorisé à transformer Hong Kong en un centre pour les activités du Falungong, d'utiliser Hong Kong comme base anti-chinoise, de ternir le principe d'“un pays, deux systèmes” et de nuire à la stabilité sociale et à la prospérité de Hong Kong.» A la même période, deux militants de l'organisation qui distribuaient des tracts ont été violemment pris à partie et blessés.

Lorsqu'on évoque avec des observateurs chinois ce qui apparaît pour les Occidentaux comme un signe évident de faiblesse, leur analyse est plus nuancée. Selon eux, le malaise social pousse les dirigeants à chercher un bouc émissaire. Une fois de plus, la population de la République populaire de Chine est invitée à démasquer les auteurs d'un complot mystérieux, un ennemi «invisible » qui tisse sa toile dans l'ombre. Cette stratégie a le mérite de remplir le vide idéologique et politique, de camoufler les maux de la société, de mobiliser les énergies et de renforcer l'emprise du Parti. Mais une célèbre maxime de Mao ne dit-elle pas qu'«une étincelle peut mettre le feu à la plaine» ? Dans ce contexte explosif, l'émergence du Falungong rend, en tout cas, plus problématique, le maintien au pouvoir d'un Parti communiste qui ne propose comme seul horizon au peuple chinois que la croissance économique et les Jeux Olympiques de 2008. Quant aux citoyens chinois, pris entre le marteau de la dictature du parti unique et l'enclume du libéralisme économique le plus débridé, sans doute devront-ils attendre encore longtemps l'émergence de la société civile et de la démocratie.

Notes :

(1) « La doctrine de Li Hongzhi », David Palmer, in Perspectives Chinoises, n° 64, mars-avril 2001, p. 20. L'auteur analyse en profondeur la doctrine du Falungong en s'appuyant essentiellement sur les écrits du maître.
(2) Id., p. 19.
(3) Id.
(4) Id.
(5) Id., p. 17.
(6) Id.
(7) Id.
(8) Id., p. 20.
(9) Id.
(10) Id., p. 14.
(11) Interview au New York Times, traduite in Courrier International, n° 536, 8-14 février 2001, p. 35.
(12) « La Chine au miroir du Falungong », Benoît Vermander, in Perspectives Chinoises, n° 64, mars-avril 2001, p. 8.
(13) Id., p. 7.
(14) Id.
(15) « La doctrine de Li Hongzhi », David Palmer, in Perspectives Chinoises, n° 64, mars-avril 2001, p. 22.
(16) Fondation Jianyi Yongwei (littéralement Agir courageusement pour la Justice). Voir : site Internet du Falungong www.falundafa.org.
(17) « La Chine au miroir du Falungong », Benoît Vermander, in Perspectives Chinoises, n° 64, mars-avril 2001, p. 9.
(18) Id., p. 12.
(19) Chiffre établi par le mouvement à la mi-décembre 2001 in www.minghui.org.
(20) En chinois, japonais, coréen, vietnamien, de nombreuses langues européennes et même en arabe. Cf. www.falundafa.org.
(21) Reuters, Ottawa, dépêche du 18 janvier 2001.
(22) Xinhua, dépêche du 19 janvier 2001.
(23) Xinhua, dépêche du 2 août 1999.
(24) Extrait d'un site web du Falungong in Courrier International, n° 536, 8-14 février 2001, p. 36.
(25) « La Chine au miroir du Falungong », Benoît Vermander, in Perspectives Chinoises, n° 64, mars-avril 2001, p. 13.
(26) Avant l'époque de Deng Xiaoping, l'Unité de travail dans les villes et la Commune populaire dans les campagnes assuraient la protection sociale des individus, notamment en matière de santé et d'éducation, mais aussi de retraite et de logement. Le libéralisme économique a rendu les Unités de travail responsables de leurs pertes et profits. Beaucoup ne veulent plus, ou ne peuvent plus, assurer cet encadrement social de leurs employés. Parallèlement, l'État se désengage dans tous les domaines.
(27) In South China Morning Post, 5 février 2001.