Politique Internationale - La Revue n°163 - PRINTEMPS - 2019

sommaire du n° 163
Mes solutions pour Israël
Entretien avec Ehoud OLMERT
Vice-premier ministre et ministre de l'Industrie et du Commerce de l'Etat d'Israël depuis février 20
conduit par
Myriam DANAN
Journaliste sur la chaîne d'information internationale i24 News.
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Myriam Danan - Au moment de votre démission, en 2009, vous étiez en pleine négociation de paix avec les Palestiniens. Avez-vous le sentiment d'un travail inachevé ?



Ehoud Olmert - Bien sûr. J'étais convaincu que nous nous trouvions à un tournant historique du processus de paix, que nous étions sur le point de conclure un accord pérenne. C'était indispensable, et nous y étions prêts. D'ailleurs, le jour où un accord de paix sera signé entre Israéliens et Palestiniens, que ce soit dans cinq ans ou dans cinquante ans, il ressemblera globalement à ce que j'avais programmé. Il n'y aura pas d'autre accord parce qu'il ne peut pas y avoir d'autre forme d'entente. J'avais approuvé les frontières du futur État palestinien sur la base des frontières de 1967 avec, bien sûr, quelques échanges de territoires. J'avais accepté, également, que la partie juive de Jérusalem soit la capitale de l'État d'Israël et que la partie arabe de Jérusalem soit la capitale des Palestiniens. J'avais, enfin, accepté que la gestion des Lieux saints ne soit placée ni sous souveraineté israélienne ni sous souveraineté palestinienne mais sous souveraineté internationale (par exemple celle de l'ONU), et que la question des réfugiés soit résolue dans le cadre de la proposition de paix de la Ligue arabe (1). Évidemment, cette proposition était surtout symbolique. Sur cette question, même Mahmoud Abbas ne voulait qu'un geste symbolique (2). Concrètement, il s'agissait d'autoriser quelques milliers d'Arabes à s'installer en territoire israélien, avec un droit de veto des autorités israéliennes sur les dossiers présentés.

Jamais il n'y aura de meilleure proposition. Israël peut-il envisager des frontières qui réduiraient son territoire à une superficie inférieure à ce qu'elle était avant la guerre de 1967 ? Évidemment pas.



M. D. - Vous avez sans doute été le premier ministre israélien le plus généreux dans les négociations menées avec les Palestiniens, plus encore qu'Ehoud Barak. Pourtant, les Palestiniens vous ont dit non...



E. O. - Ils n'ont pas dit non... mais ils n'ont pas dit oui. En fait, ils n'ont pas répondu ! Et je sais qu'ils le regrettent aujourd'hui. Mahmoud Abbas a reconnu à plusieurs reprises avoir commis une erreur à l'époque. Saëb Erekat (3) a tenu des propos similaires. Je pense qu'ils sont conscients que, comme je viens de vous le dire, la proposition que je leur ai faite était la plus généreuse possible, et qu'ils n'en recevront jamais une meilleure.



M. D. - Pensez-vous que, à l'avenir, un autre premier ministre israélien sera prêt à aller aussi loin que vous en 2009 ?



E. O. - Je ne sais pas. Ce que je sais, c'est que si Israël se refuse à réitérer une telle proposition, il n'y aura pas de paix. Les Palestiniens ne pourront jamais accepter un texte qui comprendrait moins que ce j'ai déjà proposé. Mais, encore une fois, ils ne recevront pas non plus davantage, jamais. Parce qu'il est impossible de leur donner plus.



M. D. - Peut-être n'y aura-t-il pas d'accord de paix du tout. La droite, qui pèse lourd aujourd'hui, semble estimer que le statu quo est une solution durable...



E. O. - Je vais le dire très clairement : cette droite est hallucinée, irréaliste et prête à déstabiliser l'État juif et démocratique qu'est Israël au nom de fantasmes messianiques et fondamentalistes. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la conséquence directe de ce que propose la droite israélienne, c'est justement la perte de cette identité juive nationale qu'elle prétend défendre. 



M. D. - Vous semblez sous-entendre que la droite propose un État binational. Or elle dit souhaiter mettre en place non pas un État binational en Israël mais une confédération palestino-jordanienne ou palestino-égyptienne, ce qui permettrait de déporter en partie le problème palestinien sur les épaules de la Jordanie et de l'Égypte. Selon vous, un tel scénario est-il envisageable ?



E. O. - Non. Pour la très simple raison que la Jordanie et l'Égypte ne seront jamais d'accord. J'ai moi-même vérifié cette option en mon temps. Et la conclusion à laquelle je suis parvenu est très nette : il n'y aura ni fédération ni confédération. Aucun pays arabe, aussi modéré soit-il, n'acceptera un accord qui ne comprend pas un État palestinien indépendant. En revanche, si après l'établissement d'un État palestinien les représentants de cet État expriment le souhait de former une confédération avec la Jordanie, alors ce sera une autre histoire - et je suis incapable de vous dire si une telle initiative a la moindre chance d'aboutir.



M. D. - Il y a quelques mois, vous avez eu à Paris un rendez-vous informel avec Mahmoud Abbas. On sait que vous entretenez à ce jour de bonnes relations avec lui. Quel est son état d'esprit ? Croit-il encore à l'établissement prochain d'un État palestinien ? 



E. O. - Je pense qu'il garde espoir, mais il est conscient que cet espoir repose dans une large mesure sur un changement de gouvernement en Israël. Il n'y a absolument aucune chance pour que le gouvernement actuel ou un prochain gouvernement composé des mêmes forces politiques approuve la création d'un État palestinien. J'ai effectivement de bonnes relations avec Mahmoud Abbas. À mon avis, ce n'est pas un ennemi d'Israël. Nous commettons une très grave erreur en cherchant à l'effacer du jeu diplomatique actuel. Il ne faut pas oublier que Mahmoud Abbas est aujourd'hui notre allié dans la lutte contre le terrorisme. C'est avant tout un ennemi du Hamas mais, au lieu de le soutenir, nous cherchons à dialoguer avec le Hamas ! Quelle immense bêtise...



M. D. - Que pensez-vous de l'argument de la droite selon lequel Mahmoud Abbas, qui n'a plus organisé d'élections en Palestine depuis plus de dix ans et n'a pas su se réconcilier avec le Hamas, n'est plus un représentant légitime du peuple palestinien ?



E. O. - Je réponds : quelle est l'option alternative ? Il n'y en a aucune. Incontestablement, le fait qu'il n'y ait pas d'élections en Palestine n'est pas juste d'un point de vue démocratique et occidental. Mais imaginez que des élections se tiennent et se soldent par une nouvelle victoire du Hamas ; serait-ce une bonne chose pour les Palestiniens et pour nous-mêmes ?



M. D. - Vous semblez reconnaître que, en cas d'élections, les Palestiniens voteraient en faveur du Hamas. À quels facteurs attribuez-vous l'impopularité du Fatah et de Mahmoud Abbas ?



E. O. - On en revient encore une fois à l'accord que j'avais proposé en 2009. Si cet accord avait été conclu, je pense que M. Abbas aurait bénéficié d'un soutien massif de sa population, aussi bien à Gaza qu'en Cisjordanie. 



M. D. - À vous entendre, tous les aspects du conflit auraient été résolus si votre proposition de paix avait été acceptée. S'il s'agissait d'une solution si évidente à tous les problèmes de Mahmoud Abbas, comment expliquez-vous qu'il l'ait repoussée ?



E. O. - Je vais vous répondre par une question : comment explique-t-on que le gouvernement israélien actuel refuse de s'asseoir à la table des négociations avec un homme qui affirme vouloir faire la paix et être opposé au terrorisme ? Vous le voyez : il y a, dans la vie, des scénarios et des situations inattendus.

Il y a un autre élément qu'il ne faut pas oublier. Il apparaît de façon très explicite dans les Mémoires de Condoleezza Rice, la secrétaire d'État américaine de l'époque, qui a longuement accompagné ces négociations entre nous et les Palestiniens. Je vous cite un extrait de la page 723 de cet ouvrage intitulé No Higher Honour : « Tzipi Livni est venue me voir et, peu après, elle est allée voir Mahmoud Abbas ; elle nous a conseillé de ne pas soutenir cette proposition de paix, en affirmant qu'Ehoud Olmert était fini et qu'il ne bénéficiait plus d'aucun soutien en Israël » (4).

Je me mets à la place de Mme Rice : qu'aurais-je fait si le plus proche conseiller de Mahmoud Abbas était venu me voir en me disant : « Abbas te manipule, il n'a aucune chance de faire accepter sa proposition, c'est un jeu perdu d'avance... » ?



M. D. - Si je comprends bien ce que vous êtes en train d'affirmer, c'est votre propre équipe, Tzipi Livni en tête, qui aurait saboté ces négociations...



E. O. - Ce n'est pas moi qui l'affirme. C'est Condoleezza Rice. J'ajoute que Tzipi Livni n'a pas été la seule à se conduire de cette façon. Ehoud Barak a, lui aussi, tenu les mêmes propos à Mahmoud Abbas. Mais tout cela ne m'empêche pas de penser que ce dernier a eu tort de refuser mon offre. Et que, aujourd'hui, il continue de se tromper dans sa stratégie.



M. D. - Pouvez-vous préciser ?



E. O. - De mon point de vue, il devrait accepter toute proposition provenant de Donald Trump, même si celle-ci ne correspond pas à 100 % à ce qu'il souhaite. Pourquoi ? Parce que cette initiative américaine sera déjà nécessairement l'exact contraire de ce que veut Benyamin Netanyahou (5)... C'est pourquoi M. Abbas doit donner son aval à la solution américaine, quelles qu'en soient les modalités. De cette façon, il poussera dans ses retranchements l'actuel gouvernement israélien, et la pression sera sur Israël et non plus sur les Palestiniens. 



M. D. - Justement, que pensez-vous de l'action de Donald Trump vis-à-vis du dossier israélo-palestinien ?



E. O. - Je suis extrêmement favorable à un plan de paix qui serait proposé par Donald Trump. Je l'ai rencontré à plusieurs reprises, et l'on constate immédiatement, en échangeant avec lui, que c'est un homme à l'ego très dominant. S'il propose un plan de paix, il voudra absolument que son plan soit couronné de succès. Mais, pour qu'un tel scénario puisse voir le jour, il faudra que les deux parties l'approuvent. Si M. Trump prend résolument le parti des Israéliens, les Palestiniens lui tourneront le dos. Pour que son plan de paix soit accepté par tous, il doit être également inconfortable et dérangeant pour les deux parties...

D'après les premières fuites relatives au projet que préparent les Américains, ils envisageraient une cession aux Palestiniens de 90 % de la Cisjordanie. C'est évidemment très éloigné des souhaits de Benyamin Netanyahou, de Naftali Bennett, d'Avigdor Lieberman...

Si un tel plan est mis sur la table, alors les discussions pourront reprendre. Et celles-ci aboutiront sans doute à une version très proche de la proposition que j'avais faite aux Palestiniens en mon temps. Vous comprenez pourquoi je serai très satisfait d'un plan de paix signé Donald Trump... s'il arrive un jour. 



M. D. - À l'époque où vous étiez au pouvoir, la médiation américaine était-elle efficace ? George W. Bush voulait-il obtenir un « deal » autant que Donald Trump le souhaite aujourd'hui ?



E. O. - Bush voulait un accord, il n'y a aucun doute. Mais la configuration était différente. Car le premier ministre israélien - en l'occurrence, moi - voulait un accord avec encore plus de détermination que le locataire de la Maison-Blanche ! Celui-ci n'avait donc pas besoin d'exercer la moindre pression sur nous. J'étais même prêt à aller au-delà de ce que Washington croyait possible...



M. D. - Parlons de votre parcours personnel. Vous venez de l'aile conservatrice du Likoud, et vous défendez aujourd'hui des positions à l'opposé de celles de la droite israélienne. Comment en êtes-vous arrivé là ?



E. O. - C'est vrai, je suis issu de la droite conservatrice. Mais la droite conservatrice telle qu'elle s'est formée il y a soixante-dix ans avait l'idéologie sioniste chevillée au corps et promouvait ces deux éléments fondamentaux qui définissent notre pays : Israël doit être un État juif, certes, mais aussi un État démocratique. Nous avons grandi avec cette idée. Le parti Herout, de Menahem Begin, avait par exemple voté en 1965 contre toute dérive vers un régime militaire. Ben Gourion, à la tête de l'historique parti travailliste Mapaï, avait un temps fixé des lois martiales ; nous nous y étions opposés au nom du caractère libre, égalitaire et démocratique du pays. 

Devenu maire de Jérusalem, j'ai constaté que les gouvernements, qu'ils soient de droite ou de gauche, n'étaient pas capables de créer à Jérusalem une parfaite égalité entre Juifs et Arabes. Dès lors que c'était impossible à l'échelle d'une ville, comment imaginer qu'un tel projet soit réalisable à l'échelle du pays entier ? C'est évidemment illusoire. Cette prise de conscience m'a fait évoluer. Je suis arrivé à la conclusion que conserver les territoires revenait à nous condamner à vivre sans fin avec le terrorisme et avec la gestion d'un régime d'occupation militaire qui n'est ni démocratique ni égalitaire. C'est donc au nom des idéaux sionistes originels que je me bats pour la mise en place d'un État palestinien indépendant.



M. D. - Conformément à cette idée, vous avez proposé aux Palestiniens de leur céder la moitié de Jérusalem ; mais, dans vos Mémoires, vous écrivez que cette offre a représenté, pour Mahmoud Abbas, un cadeau empoisonné. Pour quelle raison ? 



E. O. - À ce moment-là, une grande partie des habitants de la zone Est de Jérusalem ne voulaient pas passer sous souveraineté et administration palestiniennes. Les Arabes de Jérusalem s'opposaient à la division de la ville parce qu'ils redoutaient qu'une telle séparation ait un impact sur leur situation économique. Il est vrai qu'ils ont bien plus de privilèges, de liberté de circulation et de ressources financières que les Palestiniens résidant en territoire palestinien. Ne serait-ce que parce qu'ils ont, eux, accès à l'emploi et aux systèmes éducatif et de santé israéliens. D'où leur opposition à mon offre. Il n'empêche : en fin de compte, même si cela ne plaît pas à tout le monde, il faut savoir faire ce qui est juste et nécessaire. Et j'estime que remettre Jésusalem-Est aux Palestiniens dans le cadre d'un accord de paix est, précisément, juste et nécessaire.



M. D. - Vous avez planifié et appliqué, aux côtés d'Ariel Sharon, le projet de désengagement de Gaza sans y associer à aucun moment les Palestiniens. Était-ce, pour M. Sharon, la première étape d'une séparation unilatérale d'avec ce peuple ?



E. O. - Nous avons beaucoup hésité sur la meilleure façon de mener à bien ce projet. En 2004, le leader de l'Autorité palestinienne était encore Yasser Arafat. Nous avons voulu sortir de Gaza parce qu'il n'y avait tout simplement pas d'autre choix. Mais si nous étions passés par Arafat, il aurait tenté de nous imposer toutes sortes de conditions qui auraient probablement rendu le désengagement impossible. C'était un défi logistique et militaire énorme. Et notre projet consistant à sortir de Gaza pour revenir aux frontières reconnues par la communauté internationale bénéficiait déjà du soutien de tous (6).

Si nous avions conduit des négociations, elles auraient sûrement échoué ; nous serions restés là-bas avec des conséquences et des critiques catastrophiques. Alors nous avons décidé de ne pas prendre de risques. De sortir et d'imposer cette nouvelle réalité à tous.

À ce propos, j'estime que si le gouvernement israélien actuel venait à proposer, demain, de reprendre des discussions et si les Palestiniens décidaient, une fois de plus, de rejeter la main tendue, alors un retrait unilatéral de Cisjordanie devrait être une option à envisager. Il faudrait leur dire : « Si dans six mois vous ne reprenez pas les négociations, nous nous retirerons de 99 % des territoires de Cisjordanie. » Dès qu'Israël se sera retiré de ces territoires et aura effacé toute présence civile ou militaire, plus personne ne pourra nous considérer comme une force d'occupation !



M. D. - La droite estime qu'un tel retrait unilatéral représenterait un risque sécuritaire majeur... 



E. O. - De quel risque sécuritaire parle-t-on ? Il n'y a aucun risque sécuritaire à se retirer de Cisjordanie ! Où la plupart des attentats terroristes se produisent-ils aujourd'hui ? À Jérusalem, à Ofra, dans le Gush Etsion - c'est-à-dire là où sont déployées des forces de sécurité israéliennes. Il y a des attentats là où nous nous entêtons à rester ! Le discours que tient Netanyahou revient à affirmer que les frontières de 1967 sont indéfendables. Comment peut-il dire une telle chose ? De toute façon, il n'y aura jamais d'armée palestinienne, nous pouvons faire tout ce qu'il faut pour l'empêcher. De mon temps, déjà, les Palestiniens avaient accepté l'idée d'une démilitarisation totale de la Cisjordanie. Alors, de quoi a-t-on peur ? Qu'ils fabriquent des missiles ? Mais les roquettes du Hamas ont déjà une portée de 80 km. Si aujourd'hui on veut tracer, à l'est, des frontières qui nous mettraient à l'abri de telles roquettes, il faudrait que ces frontières se situent quelque part entre la Jordanie et l'Irak ! Ce n'est évidemment pas réaliste.



M. D. - Imaginons qu'un tel retrait unilatéral de Cisjordanie ait lieu. Ne redoutez-vous pas que, comme après le retrait israélien de Gaza, le Hamas s'empare du pouvoir en Cisjordanie ?



E. O. - Et quand bien même ? Aujourd'hui, le Hamas ne représente pas une menace existentielle pour Israël, qu'il soit à Gaza ou en Cisjordanie. C'est une menace, c'est inconfortable, c'est une présence terroriste... mais ce n'est pas un danger existentiel. Israël est une véritable puissance militaire capable de résoudre tout problème sécuritaire qui se poserait en Cisjordanie. En réalité, le gouvernement actuel se cache derrière l'argument de la lutte antiterroriste parce qu'il n'est pas prêt à faire les concessions nécessaires pour obtenir la paix.



M. D. - À Gaza, l'argent provenant du Qatar représente une bouffée d'oxygène pour le Hamas et pour la population locale ; mais c'est encore une solution à court terme. Quel est l'avenir de la bande de Gaza ? 



E. O. - Israël doit prendre ses responsabilités et régler la crise humanitaire de Gaza. Les quelques millions de dollars que verse le Qatar sont une goutte d'eau dans l'océan, et certainement pas une solution au problème. Nous devons permettre aux habitants de Gaza de recevoir 24 heures sur 24 de l'électricité produite chez nous, leur redonner une liberté de mouvement et même leur permettre de travailler en Israël, comme ce fut le cas dans le passé (7). Il faut leur donner les moyens de lancer un véritable programme de développement économique, les aider à édifier un port et, s'il y a un problème d'approvisionnement en eau, les aider à construire une centrale de dessalement. Tout cela, bien sûr, doit être réalisé avec la coopération et la participation financière de la communauté internationale : le poids économique d'un tel programme ne doit pas reposer sur nos seules épaules. 



M. D. - Vous semblez faire abstraction du fait qu'un mouvement terroriste et profondément hostile à Israël, le Hamas, dirige Gaza depuis plus de dix ans... 



E. O. - Je pense précisément qu'un tel scénario donnerait à la population de Gaza une raison de lutter et de s'opposer au régime islamiste du Hamas. Tout simplement parce que nous lui apporterions l'amélioration de ses conditions de vie, d'éducation, de circulation, d'emploi... Agir de cette façon va dans le sens de notre intérêt. Je ne dis pas que nous sommes responsables des Gazaouis. Mais c'est nous qui avons ordonné le blocus de Gaza, et c'est à nous qu'il incombe d'y mettre un terme d'une façon ou d'une autre.



M. D. - Le Hamas est impliqué dans plusieurs autres dossiers très sensibles. Je pense, par exemple, aux négociations qui portent sur la restitution des corps des soldats israéliens morts à Gaza et sur la libération des deux civils israéliens détenus par l'organisation terroriste (8). Comment ces dossiers doivent-ils être gérés ?



E. O. - Avec beaucoup de patience. Il ne faut pas libérer un seul terroriste palestinien dans le cadre de ces négociations. Je me souviens de ce que disait la mère de Ron Arad (9) : « Si je sais que mon fils est mort, alors je ne veux rien. Je n'ai pas besoin de son cadavre. » Face au Hezbollah, dans le cadre de l'échange des soldats Goldwasser et Reguev (10), nous n'avons libéré qu'un seul prisonnier, Samir Kuntar (11), et nous leur avons rendu quelques corps qu'ils nous avaient demandé de déterrer. Et ce Samir Kuntar était quand même resté en détention de 1976 à 2008, soit 32 ans passés dans les prisons israéliennes. Je n'ai pas autorisé davantage de concessions. Dans l'affaire Shalit, j'ai refusé d'accorder ce que M. Netanyahou a accepté par la suite (12). Et je pense qu'il a eu tort. L'accord pour la libération de Shalit était une erreur.

Les gens oublient que même si Shalit est resté pendant cinq ans dans les geôles du Hamas - et, évidemment, ce n'était pas une expérience agréable -, les deux soldats qui étaient avec lui dans le tank sont morts. Tout ce temps-là, ils étaient sous terre. Il faut savoir remettre les choses en perspective. Je ne souhaite aucun mal à Guilad Shalit, mais l'intérêt de l'État ne peut pas dépendre du bien-être ou du malheur d'un seul homme ou d'une seule famille...



M. D. - Vous avez eu l'occasion d'éliminer en une fois plusieurs chefs du Hamas et vous ne l'avez pas fait. Pour quelle raison ?



E. O. - Je vais vous donner ma version de l'épisode auquel vous faites référence. Au mois de juin 2007, seulement dix jours après le coup d'État mené par le groupe terroriste du Hamas dans la bande de Gaza, on m'a fait savoir que tous les leaders du Hamas, notamment Ahmed Jabari et Mohammed Deif (13), se trouvaient dans un certain bâtiment de Gaza-ville. Les services de sécurité ont demandé mon approbation en vue de leur élimination.

J'aurais été très content de pouvoir valider cet ordre de mission si j'avais pu le faire. Mais il se trouve que, à cet instant, j'étais assis à une table aux côtés du président égyptien Moubarak, du roi de Jordanie Abdallah II et de Mahmoud Abbas. Si à ce moment précis les principaux leaders du Hamas avaient été tués par une frappe israélienne, l'ensemble du monde arabe aurait crié à la conspiration israélo-égypto-jordano-palestinienne ! Les conséquences auraient été désastreuses. Je ne pouvais pas prendre ce risque. Sur le principe, je le dis très clairement, je ne suis pas opposé aux éliminations ciblées. Elles ne représentent évidemment pas toujours la meilleure solution mais, lorsqu'on pèse le pour et le contre d'une telle opération, il y a parfois un avantage certain à affaiblir l'ennemi en le privant d'un ou de plusieurs de ses chefs.



M. D. - Un mot sur les tensions récurrentes avec le Hezbollah. Vous étiez premier ministre pendant la seconde guerre du Liban (14). Une troisième guerre du Liban vous semble-t-elle inévitable à court ou à moyen terme ? 



E. O. - Rien n'est inévitable au Moyen-Orient. Et le Hezbollah n'a aucun intérêt à se laisser entraîner dans un nouveau conflit. D'ailleurs, les douze dernières années lui ont fourni à plusieurs reprises les prétextes nécessaires pour nous attaquer. Mais il s'y est refusé. Pourquoi? Parce que ses leaders se souviennent de la raclée qu'ils ont encaissée en 2006 pendant la seconde guerre du Liban et ne veulent pas prendre le risque de subir une nouvelle déconvenue ! Il y a douze ans, la gestion de cette guerre par mon gouvernement a été très critiquée en Israël (15) mais, aujourd'hui, plus personne ne peut dire que nous n'avons pas frappé assez fort. Aucune autre guerre conduite par Israël n'a abouti à un calme absolu à nos frontières pendant - au moins - douze ans. 



M. D. - Diriez-vous aujourd'hui que, malgré leurs menaces récurrentes à l'égard de l'État hébreu, le Hezbollah et le Hamas tiennent davantage à préserver leur pouvoir qu'à déclencher une nouvelle guerre contre Israël ?



E. O. - C'est sans aucun doute le calcul du Hezbollah - du moins depuis la seconde guerre du Liban que nous venons d'évoquer. Auparavant, en revanche, c'est-à-dire jusqu'en 2006, cette organisation nous percevait comme un pays faible, incapable de contre-attaquer, qu'elle pouvait harceler en permanence sans craindre la moindre réaction sérieuse. Cette vision a été théorisée par le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, dans son discours victorieux du 25 mai 2000 après le retrait israélien du Sud-Liban. En 2006, nous avons complètement renversé l'équation. Depuis, comme je viens de le dire, le Hezbollah évite tout conflit frontal avec Israël car il a conscience qu'une telle confrontation pourrait provoquer sa disparition définitive.

Le Hamas, lui, ne cesse de s'en prendre à nous. Par conséquent, je ne peux pas affirmer qu'il préfère le calme aux frictions récurrentes avec Israël...



M. D. - De nombreux observateurs considèrent que le Hezbollah, mais aussi la Syrie de Bachar el-Assad sont des marionnettes aux mains de l'Iran. Partagez-vous ce point de vue ?



E. O. - Je n'irai pas jusque-là. Ils se trouvent sous l'influence de Téhéran, indéniablement, mais ils ne sont pas ses marionnettes pour autant. En particulier parce que Israël ne laisse pas l'Iran faire de la Syrie son nouveau terrain de jeu. De même que nous limitons la marge de manoeuvre de la République islamique au Liban. Bien sûr, l'Iran conserve un potentiel de nuisance et entretient une atmosphère tendue à nos frontières. Mais nous y réagissons régulièrement avec vigueur. Franchement, je pense que les Iraniens ne disposent ni d'une maîtrise absolue du terrain ni d'une emprise absolue sur les acteurs régionaux.



M. D. - Le retrait des forces américaines de Syrie ordonné par Donald Trump a-t-il eu un impact sur l'équilibre des forces dans la région ?



E. O. - Selon moi, les Américains ont commis une erreur grave en annonçant le retrait de leurs forces du théâtre syrien. J'espère que, en fin de compte, ils y renonceront ; d'ailleurs, ils semblent déjà faire un peu machine arrière - je fais référence à certains propos tenus par Mike Pompeo et par John Bolton.

Ce qui importe, ce n'est pas le nombre exact de soldats américains présents au Moyen-Orient. Actuellement, seuls quelque 4 000 hommes seraient déployés en Syrie ; ce n'est évidemment pas une force massive capable d'aller au combat et de changer en profondeur la réalité sur le terrain. Mais leur retrait est une décision symbolique, susceptible d'avoir un très fort impact sur les autres acteurs en présence. Un retrait américain laisserait la région dans les seules mains de la Russie. Or les Russes ont intérêt à maintenir un certain niveau d'instabilité régionale car l'instabilité régionale rend nécessaire le recours à un médiateur externe... et Poutine veut être le seul médiateur.

Prenons l'exemple du dossier qui nous oppose aux Iraniens en Syrie (16). Si les Russes voulaient vraiment que les Iraniens évacuent la Syrie, ils auraient obtenu gain de cause. Ils auraient très bien pu imposer à Assad d'émettre un décret déclarant les Iraniens personae non gratae. Dès lors, leur présence aurait perdu toute légitimité et serait devenue impossible à justifier aux yeux de la communauté internationale ou encore de l'ONU. En effet, aujourd'hui, les Iraniens ont beau jeu de dire : « Nous avons reçu une invitation officielle du président syrien, et nous nous trouvons sur place à sa demande et avec l'accord de son régime. » L'ONU ne peut guère intervenir dans une telle configuration. 

Mais, à l'heure actuelle, Vladimir Poutine n'a aucun intérêt à provoquer le départ des forces iraniennes dans la mesure où les Israéliens et les Iraniens sont, les uns comme les autres, dépendants de sa médiation. Et cette situation découle en grande partie du fait que les Américains souhaitent se désengager. 



M. D. - La Russie peut-elle être considérée comme une alliée d'Israël ?



E. O. - Non, elle n'est pas notre alliée. Mais elle n'est pas, non plus, notre ennemie. Il y a trente ou quarante ans, à l'époque de l'URSS, nos relations avec Moscou étaient beaucoup moins développées qu'elles le sont de nos jours. Aujourd'hui, il existe entre nous une véritable coopération militaire, un haut niveau de communication et d'échange d'informations, les dirigeants de nos deux pays peuvent se téléphoner directement, les dirigeants israéliens se rendent régulièrement à Moscou et vice versa...

Naturellement, les intérêts des Russes dans la région ne sont pas les mêmes que ceux des Américains. Mais ce n'est pas parce que nous considérons les États-Unis comme notre allié numéro un que nous devons voir la Russie comme une ennemie.



M. D. - L'Iran représente-t-il une menace existentielle pour Israël ?



E. O. - Une menace, oui. Une menace existentielle, non. Le régime des mollahs instrumentalise son animosité envers Israël pour justifier son ambition expansionniste et étendre sa zone d'influence dans le monde musulman. Mais la République islamique sait très bien qu'elle n'a aucun intérêt à se lancer dans un affrontement direct et global avec Israël.



M. D. - La sortie des États-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien a été applaudie par le gouvernement israélien. À vos yeux, cette décision était-elle justifiée ?



E. O. - L'accord que Barack Obama avait signé avec l'Iran avait effectivement permis de lever plusieurs sanctions votées contre la République islamique ; surtout, il lui avait donné l'occasion de renoncer à son programme nucléaire. Les Iraniens avaient suffisamment de motifs d'encouragement pour respecter les conditions de l'accord. Je m'y étais intéressé au moment de la signature ; à l'époque, j'avais rencontré tous les spécialistes israéliens de l'Iran pour en décortiquer les termes. Pas un seul d'entre eux n'avait estimé que ce texte était négatif pour Israël. Bien au contraire : tous mes interlocuteurs estimaient que cet accord valait mieux que pas d'accord du tout. Je ne vois donc pas pourquoi le gouvernement israélien se félicite de cette décision. À mon sens, nous n'avons aucune raison de nous en réjouir.



M. D. - La nouvelle alliance entre Israël et l'Arabie saoudite est-elle solide ?



E. O. - Toutes les forces modérées du monde arabe ont intérêt à entretenir de bonnes relations avec Israël. C'est le cas de l'Arabie saoudite, des Émirats arabes unis, d'autres pays encore... Mais on aurait tort de croire pour autant que cet intérêt est suffisamment fort pour que ces pays, l'Arabie saoudite en tête, établissent des relations officielles avec nous. Il n'y a aucune chance qu'ils aillent jusque-là aussi longtemps que nous n'aurons pas résolu le conflit israélo-palestinien. Aucun pays arabe, pas même l'Égypte ou la Jordanie, ne manifestera plus de chaleur à notre égard tant qu'un tel accord de paix n'aura pas été élaboré.



M. D. - En êtes-vous certain ? Le conflit israélo-palestinien semble avoir reculé dans la liste des priorités des pays arabes...



E. O. - C'est vrai. Il n'en demeure pas moins que quand des sportifs israéliens se rendent en Arabie saoudite, on ne les autorise pas à afficher leur drapeau pendant la compétition. Hors caméra, les relations sont très bonnes ; mais dès qu'on entre dans la sphère publique les Saoudiens se montrent très prudents et prennent grand soin d'éviter la moindre proximité - et cela, afin que personne n'oublie que, à leurs yeux, Israël occupe de façon illégitime des territoires palestiniens et musulmans.



M. D. - Les relations d'Israël se sont dernièrement réchauffées avec plusieurs pays d'Afrique - le Soudan, le Tchad, le Mali... Benyamin Netanyahou espère normaliser bientôt les relations diplomatiques avec ces États. Partagez-vous son optimisme ?



E. O. - Certains pays africains espèrent que, en développant leurs relations avec Israël, ils pourront améliorer leur situation socio-économique et obtiendront un accès au marché américain... C'est le cas du Tchad, par exemple. Mais je crois que la plupart des pays africains musulmans vont, à l'avenir, suivre la ligne de conduite tracée par les monarchies pétrolières du Golfe. Des relations avec Israël, oui ; mais sous le radar, sans publicité ni officialisation.



M. D. - Jugez-vous que, ces dernières années, la population juive d'Israël s'est droitisée ? Et comment expliquez-vous le déclin continu de la gauche, porte-drapeau de la paix avec les Palestiniens ?



E. O. - Je suis très sceptique sur les sondages et sur la catégorisation politique de la population que révèlent la plupart des enquêtes d'opinion. Il faut se demander ce qu'est la droite et ce qu'est la gauche. Si la définition de la droite se résume au refus de toute concession territoriale, et celle de la gauche à un soutien au retrait de Cisjordanie, alors je pense que la majorité des Israéliens sont de gauche et pas de droite ! La plupart des gens savent bien que nous devrons renoncer un jour à la Cisjordanie. Le problème vient de ceux qui ont créé une rhétorique enflammée et réductrice : « Nous sommes contre le terrorisme, contre l'Iran. » Évidemment, si l'on demande à un citoyen lambda s'il est favorable à une présence militaire iranienne à nos frontières, sa réponse sera négative. Mais la façon dont les questions sont posées influe sur les réponses et les sondages ne traduisent pas la véritable répartition des opinions, en particulier sur le dossier palestinien. 

Quant à la gauche, je ne pense pas que le problème vienne de ses positions idéologiques mais, plutôt, de son leadership. La gauche israélienne n'a pas l'exclusivité de ce type de problème. Aux États-Unis, le parti démocrate ne trouve pas de candidat pour affronter Donald Trump. Pourtant, ce parti domine régulièrement le parti républicain dans les scrutins nationaux. Hillary Clinton a même obtenu 3 millions de voix de plus que Donald Trump lors des dernières élections. Mais qui sera le représentant démocrate à la prochaine élection présidentielle ? Aucun nom ne s'impose. Ce sont des situations qui surviennent de temps à autre dans l'histoire de nos démocraties. Aussi justes que soient les idées défendues par une formation politique, il est parfois difficile d'identifier la personne la mieux indiquée pour promouvoir ces positions auprès de l'électorat.



M. D. - Avez-vous néanmoins vu un leader émerger pendant la dernière campagne électorale israélienne ?



E. O. - Je ne sais pas... Benny Gantz ou Yair Lapid vont peut-être réussir à s'imposer à l'avenir. Pour le moment, ce n'est pas clair. En tout état de cause, je suis certain que Netanyahou peut être battu dans les urnes - y compris par une personnalité favorable à la « solution à deux États » et prête à d'importantes concessions territoriales en échange de la paix. Une telle personnalité devra persuader les Israéliens qu'elle possède la conviction et la combativité nécessaires pour vraiment changer les choses, ce qu'aucun des chefs actuels des principaux partis politiques n'a su faire. Ces politiciens croient tous que les électeurs veulent voter à droite ; dès lors, ils en sont réduits à imiter Netanyahou. Mais il ne faut pas prendre les Israéliens pour des imbéciles. Si les opposants se contentent d'imiter le premier ministre en exercice, alors les électeurs préféreront voter pour l'original plutôt que pour ses copies !

Je pense qu'il y a là une grave erreur de stratégie. Où que j'aille, dans la rue, dans des sommets internationaux, dans les conférences où je suis encore régulièrement invité et où l'on connaît mon action politique, je bénéficie toujours d'un incroyable soutien. C'est bien le signe que les idées de la droite ne sont pas irrémédiablement majoritaires.



M. D. - Benny Gantz propose un parti qui ne serait ni de droite ni de gauche. Cette idée représente-t-elle l'avenir de la politique israélienne ?



E. O. - Ce ne sont que des slogans. Ce qu'il faut savoir, c'est ce que sera sa ligne directrice. Est-il favorable à la solution « deux États pour deux peuples » ou à un État unique ? Sa position doit être éclaircie.



M. D. - La gauche demeure fragile et fragmentée. Quel avenir lui voyez-vous ?



E. O. - Je ne crois pas que la fragmentation de la gauche soit plus importante aujourd'hui qu'elle l'a été à de nombreuses reprises par le passé. Il y a toujours eu beaucoup de divisions mais, au bout du compte, une majorité émerge toujours pour former une coalition. Le défi d'une bonne partie de la classe politique aujourd'hui est de réussir à former une coalition sans le Likoud. Et je pense que c'est possible.



M. D. - Ces dernières semaines, Benyamin Netanyahou a mené de front deux campagnes : l'une pour sa réélection, l'autre pour sa défense dans les dossiers où il est soupçonné de corruption (17)...



E. O. - Sa stratégie de défense consiste à attaquer les médias, la justice et la police. Cette stratégie n'est pas juste et ne le protégera pas. De toute façon, un procès est inévitable. Le premier ministre n'a plus d'avenir politique, il est fini. Il savait bien que même s'il gagnait les législatives, il devrait démissionner quelques mois plus tard. Parce que sa place est en prison !



M. D. - Pourquoi votre parti, Kadima, n'a-t-il pas survécu ?



E. O. - J'ai dû partir pour les raisons que chacun connaît et les personnes qui m'ont succédé n'avaient ni la force, ni l'inspiration, ni la vision politique nécessaires pour faire vivre le mouvement. Peut-être Tzipi Livni en avait-elle le potentiel, mais elle n'y est pas arrivée. Lorsqu'elle était à la tête de Kadima, elle n'a pas réussi à former un gouvernement alors que le président lui en avait offert la possibilité et qu'elle avait obtenu suffisamment de voix. Plus tard, quand elle a perdu les élections internes de Kadima, elle a choisi de quitter le parti et a créé son propre mouvement politique, Hatnua. Mais, là non plus, elle n'a pas réussi à le faire survivre, du moins de façon indépendante, et s'est associée aux travaillistes... jusqu'à ce que le chef du parti, Avi Gabbay, l'accuse de conspiration contre lui et rompe brutalement toute alliance en janvier dernier ! Tzipi Livni a perdu le soutien de l'opinion publique et l'estime de ses alliés politiques potentiels à cause de toutes sortes de calculs qui n'avaient aucun rapport avec ses idées politiques.



M. D. - Si l'on vous proposait demain de revenir en politique, que décideriez-vous ?



E. O. - Ce que je peux vous dire, c'est que j'y réfléchirais sérieusement !



(1) Cette initiative de paix destinée à permettre la résolution du conflit israélo-palestinien est présentée par le prince héritier Abdallah lors du sommet de Beyrouth de la Ligue arabe les 27 et 28 mars 2002. Les 22 pays membres adoptent à l'unanimité ce plan qui propose la normalisation des relations diplomatiques du monde arabe avec l'État d'Israël en échange du retrait israélien des territoires occupés depuis 1967 et de la formation d'un État palestinien indépendant avec pour capitale Jérusalem-Est. Le texte appelle également à ce que la question des réfugiés palestiniens soit résolue en conformité avec la résolution 194 de l'Assemblée générale de l'ONU, soit une assise juridique minimale, conditionnée par la signature d'un accord de paix et contrebalancée par l'option d'une compensation.

(2) Mahmoud Abbas comme Yasser Arafat ont rapidement compris que le retour de la diaspora palestinienne était logistiquement ingérable pour eux et politiquement inacceptable pour Israël qui était assuré d'y perdre sa majorité juive démographique et, de fait, son identité. Le thème du retour des réfugiés est avant tout, pour les leaders des pays arabes voisins, un facteur de cohésion d'une opinion publique qui refusait de digérer la défaite de 1967. Aucun plan concret n'a jamais été préparé ou présenté.

(3) Diplomate palestinien et chef de l'équipe des négociateurs palestiniens pendant les présidences de Yasser Arafat puis de Mahmoud Abbas, poste dont il démissionne en 2011. Il est également secrétaire général de l'OLP.

(4) Tzipi Livni est ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre dans le gouvernement d'Ehoud Olmert de 2006 à 2008. Mais elle est aussi son adversaire le plus féroce au sein de leur parti Kadima. Elle appelle Ehoud Olmert à démissionner dès 2007 après la publication partielle du rapport Winograd sur la gestion par le gouvernement de la seconde guerre du Liban, et réitère cet appel après la publication dans la presse des soupçons de corruption pesant sur lui. Elle brigue officiellement le poste de premier ministre tout en restant dans son gouvernement jusqu'à la démission de celui-ci le 31 juillet 2008.

(5) Selon Ehoud Olmert, Benyamin Netanyahou est totalement opposé à la création d'un État palestinien souverain et à toute concession territoriale ; or le prochain plan américain n'a, toujours selon lui, aucune chance d'aboutir s'il n'exige pas au moins ces deux éléments.

(6) Les Palestiniens n'ont pas du tout été consultés sur le retrait israélien de Gaza. S'ils ont vivement critiqué la méthode, ils ne se sont pas opposés à ce projet avec tous les moyens diplomatiques et militaires dont ils pouvaient disposer à l'époque.

(7) Depuis le retrait israélien de Gaza en 2004, mais surtout depuis la prise de pouvoir du Hamas à Gaza, le nombre de permis de travail délivrés a chuté, la zone industrielle d'Erez a été fermée et les points de passage sont bouclés quasi hermétiquement. Avant 2004, malgré de fréquents attentats, des échanges commerciaux réguliers permettaient notamment l'exportation de fruits et légumes depuis les zones agricoles palestiniennes de Gaza vers Israël, et 30 000 Gazaouis travaillaient quotidiennement en territoire israélien.

(8) Les dépouilles de deux soldats israéliens, Oren Shaul et Hadar Goldin, tués durant la guerre de 2014 à Gaza, se trouvent toujours aux mains du Hamas. Par ailleurs, en 2015, deux civils israéliens - atteints selon leurs familles de pathologies mentales -, Avraham Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, sont entrés séparément dans la bande de Gaza de leur plein gré et ont été faits prisonniers par le Hamas.

(9) Ron Arad, pilote officier de l'armée de l'air israélienne, disparaît le 16 octobre 1986 au cours d'une mission au-dessus du Liban, capturé par la milice libanaise Amal. Des lettres écrites de sa main reçues en 1987 relancent les négociations entamées plus tôt par les autorités israéliennes mais elles échouent en 1988. Les informations fiables se font de plus en plus rares, de nombreuses sources sécuritaires évoquent son transfert en Iran. En 2006, le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah déclare que Ron Arad est mort et que son corps est introuvable.

(10) Ehoud Goldwasser et Eldad Reguev sont deux soldats israéliens enlevés par le Hezbollah le 12 juillet 2006 en territoire israélien près de la frontière libanaise. Leurs corps sont restitués le 16 juillet 2008 à la suite d'un échange de prisonniers. Pendant toute la durée des négociations, le Hezbollah a refusé de fournir un signe de vie des deux otages. Un rapport de l'armée israélienne publié peu après la restitution de leurs dépouilles affirme qu'ils auraient été tués au moment de leur capture.

(11) Terroriste libanais membre du FLP, il débarque la nuit du 22 avril 1979 avec un commando sur une plage de Naharya. Ils enlèvent un père, Danny Haran, et sa petite fille, Einat Haran, âgée de quatre ans. Lors d'un échange de tirs avec la police israélienne, Samir Kuntar exécute le père sur la plage d'une balle dans la tête. Il fracasse ensuite la tête de la petite fille sur les rochers de la plage à l'aide de la crosse de son fusil. Capturé, il est condamné par la justice israélienne à cinq peines de prison à perpétuité. Après sa libération dans le cadre d'un échange de prisonniers avec Israël en 2008, il est promu cadre au sein du Hezbollah. Début 2015, il est éliminé en Syrie par une frappe aérienne attribuée à Tsahal.

(12) Guilad Shalit est un soldat israélien capturé le 25 juin 2006 par un commando palestinien à Kerem Shalom, lors d'une patrouille près de la frontière avec la bande de Gaza. Ehoud Olmert, alors premier ministre, refuse toute négociation et lance, le 28 juin 2006, l'opération militaire dite Pluie d'été, qui ne permettra toutefois pas de libérer Shalit. Le 11 octobre 2011, le Hamas et le gouvernement israélien dirigé par Benyamin Netanyahou signent finalement, notamment grâce à une médiation allemande et égyptienne, un accord qui obtient sa libération en échange de celle de 1 000 prisonniers palestiniens.

(13) Ahmed Jabari, chef des brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du Hamas, a été personnellement impliqué dans l'enlèvement et la séquestration de Guilad Shalit. Il sera tué dans une frappe israélienne le 14 novembre 2012. Mohammed Deif, prédécesseur de Jabari à la tête de la branche armée du Hamas, est la cible terroriste numéro un des Israéliens depuis 1995, à cause de son implication directe dans des dizaines d'attentats meurtriers contre des civils et des soldats israéliens. Il est surnommé « le chat à neuf vies » pour avoir échappé de justesse à de nombreuses tentatives d'élimination israéliennes, la dernière datant de 2014. À la suite de la mort de Jabari, il redevient le chef militaire du Hamas.

(14) Conflit armé qui a opposé Israël au Liban pendant 33 jours, du 12 juillet au 14 août 2006, déclenché à la suite de l'enlèvement à la frontière de deux soldats israéliens et de la mort de 8 autres au cours de cette même attaque. Côté libanais, 1 000 morts et la destruction de la plupart des infrastructures du pays sont recensés en un mois ; côté israélien, le conflit fait 150 morts et 500 000 personnes déplacées à cause des 6 000 missiles et roquettes tirés par le Hezbollah.

(15) Au lendemain de la seconde guerre du Liban, la colère gronde en Israël sur le manque de clarté des objectifs de cette guerre et l'impréparation de l'armée israélienne et de ses réservistes. Sous la pression de l'opinion publique, une commission d'enquête est nommée par le gouvernement d'Ehoud Olmert. Ses conclusions rendues en janvier 2008 dans un rapport de 600 pages dénoncent « un grand et grave ratage pour Israël, avec des manquements graves au plus haut niveau de l'échelon politique et militaire », même si dans ses conclusions définitives le rapport Winograd affirme que le premier ministre a agi pour le bien du pays.

(16) Premier pays à porter secours à Bachar el-Assad en 2011, l'Iran a profité de la guerre en Syrie pour y déployer des milliers de combattants chiites et pour tenter de s'implanter militairement et durablement aux frontières d'Israël. Une présence ennemie intolérable pour Israël qui a poussé Tsahal à viser dans des frappes aériennes des milliers de cibles iraniennes et du Hezbollah en Syrie depuis janvier 2013.

(17) Le conseiller juridique du gouvernement israélien s'est prononcé après examen des dossiers constitués par la police en faveur d'une inculpation de Benyamin Netanyahou pour fraude, abus de confiance et corruption dans trois affaires distinctes : 1) le « dossier 1 000 », dit l'« affaire des cigares » où, selon la police, Netanyahou, sa femme et son fils Yaïr auraient reçu des cadeaux somptueux de la part de deux milliardaires, Arnon Milchan et James Packer en échange de divers services ; 2) le « dossier 2 000 », qui porte sur des soupçons d'entente illicite entre Netanyahou et le propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes ; 3) et le « dossier 4 000 », où le premier ministre israélien est soupçonné d'avoir tenté de s'assurer une couverture favorable de la part du site d'informations Walla ! en contrepartie de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, principal groupe de télécommunications israélien.


Notes :


(1) Cette initiative de paix destinée à permettre la résolution du conflit israélo-palestinien est présentée par le prince héritier Abdallah lors du sommet de Beyrouth de la Ligue arabe les 27 et 28 mars 2002. Les 22 pays membres adoptent à l'unanimité ce plan qui propose la normalisation des relations diplomatiques du monde arabe avec l'État d'Israël en échange du retrait israélien des territoires occupés depuis 1967 et de la formation d'un État palestinien indépendant avec pour capitale Jérusalem-Est. Le texte appelle également à ce que la question des réfugiés palestiniens soit résolue en conformité avec la résolution 194 de l'Assemblée générale de l'ONU, soit une assise juridique minimale, conditionnée par la signature d'un accord de paix et contrebalancée par l'option d'une compensation.



(2) Mahmoud Abbas comme Yasser Arafat ont rapidement compris que le retour de la diaspora palestinienne était logistiquement ingérable pour eux et politiquement inacceptable pour Israël qui était assuré d'y perdre sa majorité juive démographique et, de fait, son identité. Le thème du retour des réfugiés est avant tout, pour les leaders des pays arabes voisins, un facteur de cohésion d'une opinion publique qui refusait de digérer la défaite de 1967. Aucun plan concret n'a jamais été préparé ou présenté.



(3) Diplomate palestinien et chef de l'équipe des négociateurs palestiniens pendant les présidences de Yasser Arafat puis de Mahmoud Abbas, poste dont il démissionne en 2011. Il est également secrétaire général de l'OLP.



(4) Tzipi Livni est ministre des Affaires étrangères et vice-premier ministre dans le gouvernement d'Ehoud Olmert de 2006 à 2008. Mais elle est aussi son adversaire le plus féroce au sein de leur parti Kadima. Elle appelle Ehoud Olmert à démissionner dès 2007 après la publication partielle du rapport Winograd sur la gestion par le gouvernement de la seconde guerre du Liban, et réitère cet appel après la publication dans la presse des soupçons de corruption pesant sur lui. Elle brigue officiellement le poste de premier ministre tout en restant dans son gouvernement jusqu'à la démission de celui-ci le 31 juillet 2008.



(5) Selon Ehoud Olmert, Benyamin Netanyahou est totalement opposé à la création d'un État palestinien souverain et à toute concession territoriale ; or le prochain plan américain n'a, toujours selon lui, aucune chance d'aboutir s'il n'exige pas au moins ces deux éléments.



(6) Les Palestiniens n'ont pas du tout été consultés sur le retrait israélien de Gaza. S'ils ont vivement critiqué la méthode, ils ne se sont pas opposés à ce projet avec tous les moyens diplomatiques et militaires dont ils pouvaient disposer à l'époque.



(7) Depuis le retrait israélien de Gaza en 2004, mais surtout depuis la prise de pouvoir du Hamas à Gaza, le nombre de permis de travail délivrés a chuté, la zone industrielle d'Erez a été fermée et les points de passage sont bouclés quasi hermétiquement. Avant 2004, malgré de fréquents attentats, des échanges commerciaux réguliers permettaient notamment l'exportation de fruits et légumes depuis les zones agricoles palestiniennes de Gaza vers Israël, et 30 000 Gazaouis travaillaient quotidiennement en territoire israélien.



(8) Les dépouilles de deux soldats israéliens, Oren Shaul et Hadar Goldin, tués durant la guerre de 2014 à Gaza, se trouvent toujours aux mains du Hamas. Par ailleurs, en 2015, deux civils israéliens - atteints selon leurs familles de pathologies mentales -, Avraham Avera Mengistu et Hisham al-Sayed, sont entrés séparément dans la bande de Gaza de leur plein gré et ont été faits prisonniers par le Hamas.



(9) Ron Arad, pilote officier de l'armée de l'air israélienne, disparaît le 16 octobre 1986 au cours d'une mission au-dessus du Liban, capturé par la milice libanaise Amal. Des lettres écrites de sa main reçues en 1987 relancent les négociations entamées plus tôt par les autorités israéliennes mais elles échouent en 1988. Les informations fiables se font de plus en plus rares, de nombreuses sources sécuritaires évoquent son transfert en Iran. En 2006, le leader du Hezbollah Hassan Nasrallah déclare que Ron Arad est mort et que son corps est introuvable.



(10) Ehoud Goldwasser et Eldad Reguev sont deux soldats israéliens enlevés par le Hezbollah le 12 juillet 2006 en territoire israélien près de la frontière libanaise. Leurs corps sont restitués le 16 juillet 2008 à la suite d'un échange de prisonniers. Pendant toute la durée des négociations, le Hezbollah a refusé de fournir un signe de vie des deux otages. Un rapport de l'armée israélienne publié peu après la restitution de leurs dépouilles affirme qu'ils auraient été tués au moment de leur capture.



(11) Terroriste libanais membre du FLP, il débarque la nuit du 22 avril 1979 avec un commando sur une plage de Naharya. Ils enlèvent un père, Danny Haran, et sa petite fille, Einat Haran, âgée de quatre ans. Lors d'un échange de tirs avec la police israélienne, Samir Kuntar exécute le père sur la plage d'une balle dans la tête. Il fracasse ensuite la tête de la petite fille sur les rochers de la plage à l'aide de la crosse de son fusil. Capturé, il est condamné par la justice israélienne à cinq peines de prison à perpétuité. Après sa libération dans le cadre d'un échange de prisonniers avec Israël en 2008, il est promu cadre au sein du Hezbollah. Début 2015, il est éliminé en Syrie par une frappe aérienne attribuée à Tsahal.



(12) Guilad Shalit est un soldat israélien capturé le 25 juin 2006 par un commando palestinien à Kerem Shalom, lors d'une patrouille près de la frontière avec la bande de Gaza. Ehoud Olmert, alors premier ministre, refuse toute négociation et lance, le 28 juin 2006, l'opération militaire dite Pluie d'été, qui ne permettra toutefois pas de libérer Shalit. Le 11 octobre 2011, le Hamas et le gouvernement israélien dirigé par Benyamin Netanyahou signent finalement, notamment grâce à une médiation allemande et égyptienne, un accord qui obtient sa libération en échange de celle de 1 000 prisonniers palestiniens.



(13) Ahmed Jabari, chef des brigades Ezzedine al-Qassam, branche armée du  Hamas, a été personnellement impliqué dans l'enlèvement et la séquestration de Guilad Shalit. Il sera tué dans une frappe israélienne le 14 novembre 2012. Mohammed Deif, prédécesseur de Jabari à la tête de la branche armée du Hamas, est la cible terroriste numéro un des Israéliens depuis 1995, à cause de son implication directe dans des dizaines d'attentats meurtriers contre des civils et des soldats israéliens. Il est surnommé « le chat à neuf vies » pour avoir échappé de justesse à de nombreuses tentatives d'élimination israéliennes, la dernière datant de 2014. À la suite de la mort de Jabari, il redevient le chef militaire du Hamas.



(14) Conflit armé qui a opposé Israël au Liban pendant 33 jours, du 12 juillet au 14 août 2006, déclenché à la suite de l'enlèvement à la frontière de deux soldats israéliens et de la mort de 8 autres au cours de cette même attaque. Côté libanais, 1 000 morts et la destruction de la plupart des infrastructures du pays sont recensés en un mois ; côté israélien, le conflit fait 150 morts et 500 000 personnes déplacées à cause des 6 000 missiles et roquettes tirés par le Hezbollah.



(15) Au lendemain de la seconde guerre du Liban, la colère gronde en Israël sur le manque de clarté des objectifs de cette guerre et l'impréparation de l'armée israélienne et de ses réservistes. Sous la pression de l'opinion publique, une commission d'enquête est nommée par le gouvernement d'Ehoud Olmert. Ses conclusions rendues en janvier 2008 dans un rapport de 600 pages dénoncent « un grand et grave ratage pour Israël, avec des manquements graves au plus haut niveau de l'échelon politique et militaire », même si dans ses conclusions définitives le rapport Winograd affirme que le premier ministre a agi pour le bien du pays.



(16) Premier pays à porter secours à Bachar el-Assad en 2011, l'Iran a profité de la guerre en Syrie pour y déployer des milliers de combattants chiites et pour tenter de s'implanter militairement et durablement aux frontières d'Israël. Une présence ennemie intolérable pour Israël qui a poussé Tsahal à viser dans des frappes aériennes des milliers de cibles iraniennes et du Hezbollah en Syrie depuis janvier 2013.



(17) Le conseiller juridique du gouvernement israélien s'est prononcé après examen des dossiers constitués par la police en faveur d'une inculpation de Benyamin Netanyahou pour fraude, abus de confiance et corruption dans trois affaires distinctes : 1) le « dossier 1 000 », dit l'« affaire des cigares » où, selon la police, Netanyahou, sa femme et son fils Yaïr auraient reçu des cadeaux somptueux de la part de deux milliardaires, Arnon Milchan et James Packer en échange de divers services ; 2) le « dossier 2 000 », qui porte sur des soupçons d'entente illicite entre Netanyahou et le propriétaire du quotidien Yedioth Ahronoth, Arnon Mozes ; 3) et le « dossier 4 000 », où le premier ministre israélien est soupçonné d'avoir tenté de s'assurer une couverture favorable de la part du site d'informations Walla ! en contrepartie de faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des centaines de millions de dollars à Bezeq, principal groupe de télécommunications israélien.