Politique Internationale - La Revue n°159 - PRINTEMPS - 2018

sommaire du n° 159
Corée du nord : au-delà de la crise nucléaire
Article de Antoine Bondaz
Chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et enseignant à Sciences Po. Docteur en
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It would be an understatement to say that the Pyongyang regime has mastered the art of blowing hot and cold. Only a few months ago the entire planet shuddered following each successive nuclear test by North Korea; today, the climate is suddenly all about détente. Coming in quick succession, North Korea's participation in the Pyeongchang Winter Olympics, high-level bilateral visits between the two Koreas, the announcement of an impending summit between Donald Trump and Kim Jong-un and a surprise visit by the North Korean leader to China are all spectacular signs of calming tensions. But what if yesterday's intransigence and today's willingness to engage in dialog are only two facets of the same reality? We will have to wait to be sure...

 


Notes :


(1) Léonie Allard, Mathieu Duchâtel et François Godement, « Pre-empting defeat : in search of North Korea's nuclear doctrine », ECFR, novembre 2017.

(2) Thae Yong-ho, « Hearing before the Committee on Foreign affairs House of Representatives », Washington, 1er novembre 2017.

(3) Stephan Haggard et Marcus Noland, Hard Target : Sanctions, Inducements, and the Case of North Korea, Stanford University Press, 2017.

(4) « Report of the Panel of Experts established pursuant to resolution 1874 (2009) », United Nations Security Council, février 2017.

(5) Bertrand Badie, « La sanction internationale est plus associée à la puissance qu'au consensus », Le Monde, 16 décembre 2011.

(6) Antoine Bondaz, « Kaesong, Caught between Two Koreas », Books and Ideas, Collège de France, juin 2017.

(7) Le complexe industriel de Kaesong, ancienne capitale du royaume de Corée située à quelques kilomètres de la zone démilitarisée, associait les capitaux de PME sud-coréennes à la main-d'oeuvre nord-coréenne bon marché et assurait une source de devises importante pour le régime de Pyongyang qui prélevait une large part des salaires versés. Le complexe touristique du mont Kumgang permettait aux Sud-Coréens, jusqu'à 350 000 en 2007, de se rendre en Corée du Nord. Il a été fermé en 2008 suite au décès d'une touriste sud-coréenne tuée par un soldat nord-coréen et du fait de la volonté du président Lee Myung-bak de limiter la coopération intercoréenne.

(8) Le jeune étudiant américain, en séjour touristique en Corée du Nord, a été arrêté en décembre 2015 pour avoir essayé de voler une affiche de propagande, puis condamné à 15 ans de travaux forcés. Libéré en juin 2017 alors qu'il est tombé dans un coma profond pour des raisons inconnues, il est rapatrié aux États-Unis et y décède quelques jours plus tard.

(9) Le 21 octobre 1994, la Corée du Nord s'engage dans le cadre de l'« Agreed Framework » à geler son programme d'enrichissement d'uranium en échange d'une assistance énergétique (réacteurs nucléaires civils et pétrole en attendant la construction de ces derniers) fournie par un consortium international appelé Organisation pour le développement énergétique de la péninsule coréenne (KEDO). Le 29 février 2012, la Corée du Nord, qui a déjà réalisé deux essais nucléaires, s'engage à travers ce « Leap Day Deal Agreeement » à instaurer un moratoire sur ses essais balistiques et nucléaires, et ses activités de production de plutonium et d'uranium enrichi en échange notamment d'une aide alimentaire américaine de 240 000 tonnes.

(10) La nomination au poste de conseiller à la sécurité nationale de l'ambassadeur John Bolton, qui milita en faveur de l'intervention américaine en Irak en 2003 et qui défend depuis plusieurs mois l'argument selon lequel des frappes préventives américaines seraient légales, peut accroître cette inquiétude.