Politique Internationale - La Revue n°155 - PRINTEMPS - 2017

sommaire du n° 155
IRAN-RUSSIE : UNE ALLIANCE SANS LENDEMAIN ?
Article de Sophie BROS
Consultante à l'Observatoire franco-russe et Igor Delanoë
Directeur adjoint de l'Observatoire franco-russe (Moscou).
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L'intervention militaire de Moscou dans le conflit syrien en septembre 2015, aux côtés de Téhéran, a favorisé la naissance d'une alliance de circonstance entre la Russie et l'Iran. Mises à mal sous la mandature de Dmitri Medvedev (2008-2012), les relations des deux pays connaissent depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin en 2012 une dynamique positive à laquelle la signature de l'accord de Lausanne de juillet 2015 - qui prévoit la levée progressive des sanctions internationales pesant sur l'Iran en échange d'un gel provisoire de son programme nucléaire - a ouvert de nouvelles perspectives. Au demeurant, Moscou et Téhéran ont plus à gagner à entretenir une coopération approfondie - si imparfaite qu'elle puisse être - qu'à entrer dans une compétition qui servirait les intérêts de l'Occident. Mais les modalités du règlement de la crise syrienne, la diplomatie multivectorielle déployée par la Russie au Moyen-Orient et les enjeux énergétiques pourraient faire ressortir le manque de profondeur des rapports irano-russes. D'ailleurs, les limites du rapprochement pragmatique auquel a donné lieu l'affaire syrienne sont déjà perceptibles.

Des fondements de la relation russo-iranienne

Des liens tourmentés

En 2011, Evgueni Primakov - ministre russe des Affaires étrangères entre 1996 et 1998, premier ministre en 1998-1999 et éminent spécialiste du Moyen-Orient - soulignait que la politique de la Russie à l'égard de l'Iran, de la période impériale à nos jours, avait essentiellement reposé sur des considérations d'ordre géopolitique (1). De fait, jusqu'au début des années 2010, le Kremlin appréhende ses relations avec la République islamique à l'aune de celles qu'il entretient avec l'Occident - en particulier avec les États-Unis. D'autre part, il cherche à assurer la supériorité de son influence sur celle de Téhéran dans le Caucase et en Asie centrale, plus particulièrement au Tadjikistan, pays où la langue tadjike est proche du farsi et où vit une minorité persane (2). De leur côté, les Iraniens conservent une méfiance atavique vis-à-vis de la Russie, eu égard à l'histoire commune aux deux pays. Rappelons que les guerres russo-persanes qui ont jalonné les XVIIIe et XIXe siècle se sont soldées par un refoulement de l'influence iranienne dans l'espace caspien et le Caucase au bénéfice de l'Empire russe ; que Soviétiques et Iraniens se sont brièvement affrontés en août 1941 (3) avant que l'URSS, désireuse d'enraciner son influence dans le nord de l'Iran, n'encourage le soulèvement des Kurdes locaux, ce qui a abouti à la création de l'éphémère république de Mahabad en janvier 1946 (4) ; et que l'Union soviétique a apporté un important soutien militaire à Bagdad au cours de la guerre Iran-Irak (1980-1988). Plus récemment, l'accord conclu en 1995 entre le vice-président américain Al Gore et Viktor Tchernomyrdine, alors premier ministre de la Fédération de Russie, en vertu duquel Moscou a accepté de cesser ses exportations d'armes vers l'Iran et de renoncer à tout nouveau contrat avec la République islamique jusqu'en 1999 (5), a également laissé un mauvais souvenir à Téhéran. Enfin, les sanctions internationales votées par la Russie en 2006 puis en 2010 et le moratoire imposé en 2010 sur la vente à la République islamique des systèmes sol-air S-300 (6) par le président Dmitri Medvedev s'ajoutent à la liste des griefs iraniens.

Russie et Iran convergent cependant sur plusieurs grandes questions, au premier rang desquelles leurs relations tumultueuses avec l'Occident. L'une et l'autre lui reprochent d'instrumentaliser des valeurs présentées comme universelles - notamment en matière de droits de l'homme - afin de promouvoir ses propres intérêts au sein de ce que Russes et Iraniens considèrent comme leurs aires civilisationnelles et religieuses respectives (7). De même, ils voient la main des Occidentaux dans ces « révolutions de couleur » qui ont provoqué plusieurs changements de régime au coeur de l'espace post-soviétique (Ukraine, Géorgie, Kirghizistan), ainsi que dans le déclenchement des « printemps arabes ». Tous deux estiment, à cet égard, avoir fait l'objet d'une tentative similaire - à Téhéran où l'élection du président Ahmadinejad a été contestée par le « Mouvement vert » en 2009, et à Moscou où des rassemblements de l'opposition se sont tenus en 2012 pour dénoncer le résultat des élections législatives. Cette perception commune conduit les deux partenaires à souhaiter un « monde polycentrique s'articulant autour de zones d'intérêts privilégiés », pour reprendre la terminologie russe. Mais il y a plus encore. Deux exemples : Primo, Moscou a particulièrement apprécié que, contrairement à Ankara, Téhéran n'ait pas appuyé des mouvements religieux en Asie centrale et dans le Caucase (8). Secundo, lors de la guerre civile au Tadjikistan (1992-1997) - l'un des rares pays de l'espace post-soviétique à abriter une communauté perse -, Russes et Iraniens coopèrent afin de mettre un terme à la crise. En mer Caspienne comme dans le Caucase, tous deux voient d'un mauvais oeil l'apparition d'acteurs sécuritaires étrangers - au premier rang desquels l'Otan et les États-Unis -, et l'ont clairement exprimé lors du sommet des pays de la mer Caspienne qui s'est tenu à Astrakhan en 2014 (9).

Une coopération pragmatique sur fond de rivalités structurelles : l'exemple du secteur énergétique

La coopération énergétique russo-iranienne est complexe. Le secteur nucléaire en est le point de départ. Toutefois, le rapprochement des deux pays dans ce domaine est un pis-aller : il s'est bâti sur la rupture du dialogue entre l'Occident et la République islamique. Dans les années 1990, l'entreprise russe Atomstroyexport a repris le chantier de la centrale nucléaire de Bushehr, lancé en mi-1976 par l'allemand Siemens KWU et abandonné en 1979 suite à la révolution islamique. Ce chantier aura été difficile : Bushehr-1 (premier réacteur) n'a été connecté au réseau qu'en septembre 2011. Malgré les difficultés rencontrées - et la conviction, côté iranien, que la Russie s'est servie de Bushehr comme d'une carte dans ses rapports avec l'Occident -, c'est Rosatom (qui a absorbé Atomstroyexport) qui construira Bushehr-2, dont le chantier a débuté en septembre 2016, et Bushehr-3, qui sera achevé à l'horizon 2018 (10). Sur ce dossier comme sur bien d'autres, c'est un pragmatisme non dissimulé qui rapproche les deux pays. Téhéran ne veut pas courir le risque de nouer un partenariat avec l'Occident de peur de revivre le scénario de Bushehr-1, d'où la préférence accordée à la Russie qui apparaît, elle, comme un partenaire fiable.

La coopération énergétique russo-iranienne pourrait s'élargir au secteur pétrolier. Lukoil a annoncé en août 2016 sa volonté de participer au développement de deux gisements situés dans la province de Khuzestan (11). Cette décision semble avoir fait des émules puisque GazpromNeft a signé, le 13 décembre 2016, un mémorandum d'entente avec la National Iranian Oil Company dans le but de mener une étude sur le possible développement de deux champs pétroliers iraniens. Une autre entreprise russe, TMK, leader mondial dans la production et la fourniture de tuyaux en acier pour l'industrie pétro-gazière, déjà présente en Iran du temps du Shah, pourrait quant à elle se tailler la part du lion dans ce domaine en République islamique (12).

Fin mars 2017, Hassan Rohani s'est rendu à Moscou. Plusieurs accords ont été signés, notamment sur la coopération en matière géologique, ce qui confirme les intentions iraniennes de faire participer des entreprises russes aux projets pétro-gaziers.

Il reste que, en dépit de ces accords, une concurrence émerge progressivement dans le secteur pétro-gazier entre l'Iran et la Russie. Elle porte à la fois sur la prise de parts de marché à l'étranger et sur l'obligation d'attirer les investissements extérieurs nécessaires à la construction des infrastructures. L'Iran a un besoin crucial d'accéder à la technologie, au capital et aux marchés. Sa production pétrolière n'a cessé d'augmenter au cours des derniers mois si bien que, début 2017, la République islamique a retrouvé le niveau de production d'avant l'introduction, fin 2011, des sanctions internationales, soit un peu moins de 4 millions de barils/jour. C'est pourquoi l'Iran a refusé de participer aux négociations pétrolières entre l'OPEP et la Russie qui ont jalonné l'année 2016, avant de finir par se rallier à un accord - fragile sur le fond - sur la limitation de la production pétrolière à compter du premier semestre 2017. Cette décision s'explique en partie par le fait que le quota iranien a été placé au niveau de production d'avant les sanctions, ce qui laisse en pratique au pays la possibilité d'augmenter légèrement sa production (entre 0,2 et 0,3 million de barils par jour). Fin septembre 2016, les compagnies pétrogazières détenues par l'État, National Iranian Oil Company et Persian Oil & Gas Industry Development Co., ont signé l'une avec l'autre un accord d'une valeur de 2,2 milliards de dollars afin d'accroître la production de trois champs le long de la frontière irakienne (13).

Parallèlement, la National Iranian Gas Export Company cherche à acquérir les capitaux étrangers et la technologie nécessaires à l'exportation du gaz naturel sous forme gazeuse et/ou liquide, principalement en direction de l'Europe (14) - marché historique de la Russie et de loin le plus lucratif. Mais dans le secteur gazier, l'Iran fait face à des défis internes qui entravent sa capacité à exporter : sa consommation gazière domestique est appelée à augmenter du fait de la forte croissance démographique ; son industrie rencontre des difficultés chroniques en matière de réduction du torchage ; et la gestion des interruptions hivernales qui pousse le pays à consommer sa propre production de gaz au lieu de l'exporter.

Dans un environnement où les cours du pétrole sont bas (les prix ont pratiquement été divisés par deux entre 2011 et aujourd'hui) et où la décroissance énergétique (fruit de l'efficience énergétique) conduit à un ralentissement de la consommation d'hydrocarbures, l'Iran se retrouve en concurrence directe avec les autres pays producteurs, dont la Russie, pour attirer les investissements internationaux. Mais l'industrie pétro-gazière internationale hésite à financer les infrastructures indispensables à l'Iran à cause de la forte politisation du secteur énergétique du pays (génératrice de tensions entre ministères, entreprises et pasdarans) et des incertitudes réglementaires. Par exemple, la Constitution islamique a été rédigée de façon à empêcher toute forme d'appropriation des ressources d'hydrocarbures par des entreprises étrangères et à laisser à Téhéran le contrôle absolu sur les accords passés avec des entreprises de pays tiers. D'où une situation quasi « schizophrénique » où la méfiance se mêle à la quête d'investissements étrangers. Les étrangers désireux d'investir en Iran se voient donc offrir des buyback-contracts (l'entreprise ne possède pas les réserves et son rôle est limité à celui de pourvoyeur de fonds et de technologies). A contrario, la Russie est un acteur majeur du secteur pétro-gazier qui dispose du savoir-faire et des infrastructures nécessaires, mais aussi de partenariats avec les entreprises énergétiques internationales. À l'heure où Téhéran cherche à gagner des parts de marché, Moscou vise à défendre les siennes, surtout en Europe où 39 % des importations gazières par gazoduc et 32 % des importations pétrolières proviennent de Russie (15). On le voit : en matière d'énergie, les deux pays sont à la fois partenaires et concurrents...

La crise syrienne : la matrice de l'entente russo-iranienne

Les « printemps arabes » ont constitué un tournant pour la relation Moscou-Téhéran dans la mesure où ils ont souvent abouti à la montée en puissance d'une nouvelle menace commune : l'islamisme radical d'obédience wahhabite. En septembre 2014, Sergueï Lavrov qualifie l'Iran d'« allié naturel » de la Russie dans la lutte contre l'État islamique (EI) (16). Dans le discours des officiels russes comme iraniens, l'expansion de l'EI a été rendue possible par l'interventionnisme occidental au Moyen-Orient (Irak, Libye) au nom du droit - si ce n'est du devoir - d'ingérence et de la « théorie des dominos » que les néo-conservateurs de l'administration Bush ont formulée au début des années 2000. Par opposition aux Occidentaux - selon lesquels la dichotomie s'exprime au Moyen-Orient entre régimes dictatoriaux et forces démocratiques qu'il convient de soutenir -, Moscou et Téhéran, eux, opèrent avant tout une distinction entre ordre et chaos. À leurs yeux, la priorité est de préserver l'intégrité territoriale des États de la région - une intégrité territoriale que compromet la prolifération des groupes islamistes radicaux en Syrie, en Irak et au Yémen.

À la croisée des intérêts russes et iraniens au Moyen-Orient, la crise syrienne offre un socle politique nouveau aux relations entre les deux pays. Alors qu'au cours des années 2000 la Russie travaillait avec Téhéran au cas par cas, son intervention armée a favorisé l'émergence d'une collaboration militaire et d'une coordination politique approfondies avec l'Iran sur le dossier syrien. De fait, Russes et Iraniens ont forgé une entente en vertu de laquelle Téhéran accroît sa contribution à la stabilisation de la Syrie selon le cadre défini par Moscou en échange d'une coopération bilatérale rehaussée en matière militaire et nucléaire civile.

La chute du régime syrien compromettrait le statut de leader régional que revendique la République islamique dans la mesure où elle annihilerait sa profondeur stratégique qui s'étend du Yémen au Liban, à travers l'Irak et la Syrie, et constitue ce que les conservateurs iraniens appellent la « ligne de défense » (17). La Russie, de son côté, voit l'Iran comme un pôle de stabilité sur son flanc méridional et la Syrie comme un poste avancé pour son influence au Moyen-Orient. Conséquence : tandis que Moscou continuait de fournir un bouclier diplomatique à Damas au Conseil de sécurité de l'ONU (18) et apportait la puissance de feu de son aviation et de son artillerie sur le champ de bataille, les Iraniens intensifiaient leur engagement au sol en Syrie (19).

Mais ce « mariage de convenance » est-il solide ? Ce n'est pas certain. Ne serait-ce que parce que la question religieuse place le Kremlin dans une situation inconfortable vis-à-vis de « ses musulmans ». Comptant une population musulmane de 20 millions d'habitants à plus de 90 % sunnites, la Russie n'a rien à gagner à s'engager sur le terrain d'un affrontement religieux au Moyen-Orient. D'ailleurs, Moscou prend bien soin de cultiver ses relations déjà fécondes avec des États sunnites comme l'Égypte ou la Jordanie et à poursuivre le dialogue avec les pétromonarchies du Golfe...

En outre, le rapprochement tactique avec Moscou n'est pas du goût de tous en Iran. L'épisode de l'utilisation de la base aérienne de Hamadan par l'aviation stratégique russe à l'automne 2016 a mis en lumière la polarisation de la scène politique iranienne au sujet de la Russie (20). Ce quiproquo - Téhéran avait donné à l'aviation russe l'autorisation d'utiliser une base aérienne en Iran alors que la Constitution de la République islamique interdit la présence de troupes étrangères sur le sol national - fait écho au débat qui anime l'élite politico-religieuse et sécuritaire iranienne quant au niveau de partenariat militaire qu'il convient d'entretenir avec le Kremlin. Néanmoins, l'approche développée par le Guide suprême Ali Khamenei, son conseiller pour les affaires étrangères Ali Akbar Velayati et les conservateurs modérés, tous favorables à une poursuite de la coopération militaire avec la Russie, a jusqu'à présent prévalu contre celle des réformistes (21).

Les détracteurs iraniens de l'action russe reprochent également à Moscou son mutisme concernant les événements survenus au Bahreïn en mars 2011 (22) ainsi que sa prudence sur le dossier yéménite. Les bonnes relations qu'entretiennent Russes et Israéliens constituent un autre frein au développement de l'entente irano-russe (23). Sans oublier que le processus de Genève (24) a mis à l'épreuve la solidité du partenariat russo-iranien en révélant son asymétrie : la Russie y fait office avec les États-Unis de « parrain » du processus tandis que l'Iran y tient une place de second rang. Les conservateurs radicaux et une frange du corps des Gardiens de la Révolution redoutent que Moscou capitalise sur cette crise afin de reconstruire ses liens avec Washington et que les fruits diplomatiques du processus de Genève soient injustement répartis. C'est toutefois au Guide suprême qu'il revient de donner les grandes impulsions en matière de politique étrangère et de trancher les questions les plus sensibles. Notons, en outre, que ces appréhensions paraissent avoir été partiellement atténuées par la participation de l'Iran à la nouvelle troïka, formée avec les Russes et les Turcs depuis la fin de l'année 2016, qui s'est emparée du dossier syrien dans le cadre de la conférence d'Astana (25).

Le devenir de la relation à l'heure de l'avènement de Donald Trump

Quid des sanctions ?

L'Iran et la Russie sont tous deux frappés par des sanctions occidentales et internationales - le premier pour son programme nucléaire et de missiles balistiques, la seconde pour son rôle dans la crise ukrainienne. La signature du Joint Comprehensive Plan of Action (JCPOA) en juillet 2015 (26) a cependant permis la levée graduelle des sanctions qui pesaient sur la République islamique (27), ouvrant la voie à une relance du dialogue politico-économique entre Iraniens et Occidentaux. La situation est, en revanche, à ce jour bloquée pour ce qui concerne les mesures visant la Russie.

Rappelons que les États-Unis et les États membres de l'Union européenne ont imposé en 2014 des sanctions à l'encontre de la Fédération russe visant, entre autres, à limiter son accès au marché des capitaux (gel des avoirs et restriction des investissements) ; à interdire l'exportation de certaines technologies dans le domaine de l'exploration et de la production pétrolière et à réduire l'assistance technique (28) ; et à restreindre le commerce des biens et de la technologie duale (29). Dans le secteur énergétique, par exemple, ces mesures ont grevé la coopération entre entreprises énergétiques occidentales et russes, suite au ralentissement de la mise en développement de quelques projets phares tels que Yamal LNG (30). Par surcroît, la réduction drastique de l'accès aux marchés des capitaux et de la dette en Occident - condition sine qua non au développement de tout projet hautement capitalistique - aura poussé les entreprises russes (y compris celles qui développent des projets communs avec les entreprises occidentales) à se tourner vers des banques russes ou chinoises...

Les sanctions ont montré à Téhéran et à Moscou qu'il était très risqué de recourir au dollar américain dans leurs transactions bancaires. En outre, l'application du principe d'extraterritorialité du droit américain (31) est devenue suffisamment dissuasive depuis l'affaire BNP (32) pour décourager les institutions financières d'accorder des lignes de crédit aux entités russes sanctionnées comme par exemple les banques (Sberbank, VTB et Gazprombank) et certaines des compagnies énergétiques à l'instar de Rosneft et Lukoil. Ces pays producteurs rencontrent dès lors des difficultés dans le renouvellement de leurs réserves pétro-gazières sur le long terme et la pénétration de nouveaux marchés, du fait de la difficulté de développer les infrastructures nécessaires aux exportations, comme celles de GNL. Conséquence : la Russie opère une progressive « dé-dollarisation » de ses lignes de crédit pour financer ses projets énergétiques. Bien que ce phénomène n'en soit qu'à un stade embryonnaire, il ne doit pas être sous-estimé dans la mesure où il pousse les Russes à un rapprochement avec la Chine, laquelle se mue progressivement en pourvoyeur de capitaux en renminbis et en euros. La question est désormais de savoir si Téhéran va emboîter le pas à Moscou. Bien que plusieurs banques iraniennes aient été graduellement libérées du poids des sanctions et reconnectées au système SWIFT depuis février 2016 (33), elles souffrent du manque de confiance des institutions financières internationales, sans compter que les sanctions américaines relatives au blanchiment d'argent demeurent. S'y ajoutent les incertitudes liées à la politique conduite par l'administration Trump à l'égard de l'Iran. Si le JCPOA a incité à une plus grande coopération entre les compagnies énergétiques iraniennes (à l'exception de celles affiliées aux corps des Gardiens de la Révolution, toujours sous sanctions) et leurs homologues internationales, une éventuelle réintroduction des sanctions est une possibilité qui doit être prise en compte. En ce qui concerne la Russie, il n'est pas certain que le pouvoir exécutif américain puisse lever les sanctions à l'encontre de Moscou sachant que, pour nombre d'entre elles, une telle levée nécessiterait l'accord du Congrès, qui ne semble pas pour l'instant enclin à l'accorder. En ce qui concerne les sanctions européennes, leur levée dépend de la mise en oeuvre pleine et entière des accords de Minsk II dans certains cas et de la situation en Crimée dans d'autres cas (certaines sanctions sont de nature diplomatique). À ce jour, on en est loin. En outre, 2017 étant une année électorale en France et en Allemagne, il ne faut raisonnablement pas s'attendre à des mouvements majeurs de ce côté-là jusqu'à fin 2017. En ce qui concerne les sanctions américaines, il semblerait que le Congrès cherche à mettre en place un mécanisme légal qui empêcherait le président Trump de les lever unilatéralement par Executive Order, si tant est qu'il le souhaite. Les incertitudes sont donc grandes. Dans un tel contexte, le triangle énergétique Téhéran-Moscou-Pékin risque de gagner en importance puisque la Chine est perçue comme un partenaire économique qui ne fera pas faux bond, contrairement à l'Occident. Qui plus est, la méfiance de l'Iran à l'égard de l'Occident dans le secteur énergétique est profondément enracinée et remonte à l'époque de la signature de la Concession D'Arcy de 1901 qui avait permis à l'Anglo-Iranian Oil Company de dominer le secteur pétrolier national (34)...

La coopération militaro-technique, fer de lance des échanges économiques russo-iraniens

La mise en oeuvre du JCPOA, la levée progressive des sanctions internationales et leur intervention conjointe en Syrie ont réactivé la coopération militaro-technique entre l'Iran et la Russie. Au mois d'avril 2015 - alors que l'accord de Lausanne n'avait pas encore été signé -, Vladimir Poutine a aboli le moratoire sur l'exportation des systèmes S-300, signifiant par là son intention de développer le partenariat russo-iranien en matière de vente d'armements. Rosoboronexport a complété dès octobre 2016 la livraison à l'Iran de cinq batteries S-300 PMU2 - une version améliorée des S-300. Lors de sa visite à Moscou au mois de février 2016, le ministre iranien de la Défense Hossein Dehghan aurait remis aux autorités russes une liste de matériels militaires dont l'Iran souhaiterait faire l'acquisition et dont le montant total avoisinerait les 8 milliards de dollars. Parmi ces équipements se trouveraient des systèmes S-400 - une version supérieure aux S-300 PMU2 -, des batteries côtières Bastion avec leurs missiles supersoniques Yakhont, des chasseurs multirôles Su-30SM et des hélicoptères Mi-8 et Mi-17 (35). La livraison de ces équipements, s'ils étaient commandés, augmenterait considérablement les capacités iraniennes de déni d'accès et d'interdiction de zone et ferait en outre peser, avec les batteries Bastion, une menace sur les bâtiments de guerre occidentaux qui croisent dans le golfe Persique. Les partisans iraniens d'une coopération durable avec la Russie insistent sur le fait qu'elle s'est globalement montrée capable de tenir ses engagements en matière sécuritaire et de défense vis-à-vis de l'Iran, en dépit de nombreux obstacles et d'une certaine inconstance (S-300) (36).

Ce qui est sûr, en tout cas, c'est que l'entente Moscou/Téhéran en Syrie est susceptible de rejaillir sur la coopération économique qu'entretiennent les deux pays. L'établissement d'une zone de libre-échange entre l'Iran et l'Union économique eurasiatique serait à l'étude. Lors du sommet trilatéral de Bakou d'août 2016, Russes, Iraniens et Azerbaïdjanais se sont entendus sur la création d'un corridor commercial Nord-Sud de 7 200 kilomètres qui fera franchir un nouveau seuil à leurs échanges commerciaux. Moscou aurait, à ce titre, ouvert à l'Iran une ligne de crédit de 5 milliards de dollars afin d'y soutenir le développement d'infrastructures ferroviaires et énergétiques (37). Ces dernières années, le commerce bilatéral russo-iranien tend néanmoins à s'essouffler : si les flux commerciaux entre les deux pays s'élevaient à près de 3,3 milliards de dollars en 2008, ils n'étaient plus que de 1,3 milliard de dollars en 2015 (38). En juin 2016, le ministre russe de l'Énergie Alexandre Novak appelait de ses voeux un volume d'échanges de 10 milliards de dollars tandis que Téhéran formulait de son côté le souhait que les deux pays investissent jusqu'à 40 milliards de dollars dans des projets communs d'infrastructures de transports ainsi que dans l'énergie (39). Par comparaison, le montant du commerce sino-iranien s'élevait en 2014 à 52 milliards de dollars, Pékin et Téhéran s'étant accordés sur un objectif de 600 milliards à l'horizon 2026 (40). Ces chiffres permettent de mesurer le décalage entre le discours et la réalité dans les relations économiques russo-iraniennes. S'y ajoute la forte asymétrie de leur commerce bilatéral : si en 2015 l'Iran représentait 0,5 % du volume des échanges russes avec l'étranger, la part de la Russie dans le commerce extérieur de la République islamique était de plus de 3 %, soit près de six fois plus (41). Pour autant, il convient de se garder d'appliquer un raisonnement à somme nulle : l'Iran n'entend pas « troquer » Moscou pour Pékin ou des partenaires occidentaux (42). À cet égard, l'issue de l'élection présidentielle iranienne de mai 2017 ne devrait pas avoir d'impact sur la nature de l'entente russo-iranienne qui demeure assez largement façonnée par des paramètres extérieurs.

L'entrée en vigueur du JCPOA ne s'est pas traduite par un rapprochement entre Washington et Téhéran, et l'arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche ne semble a priori pas de nature à inverser cette tendance. En toute hypothèse, Moscou ne devrait prendre part à aucune forme de néo-containment de l'Iran que pourrait mettre en place la nouvelle administration américaine avec Israël et les monarchies sunnites du Golfe (43). Ne serait-ce que parce qu'elle s'y retrouverait en position de junior partner de Washington - un statut dont elle a affirmé vouloir s'émanciper à l'occasion de la crise ukrainienne.

En guise de conclusion...

En avril 2016, le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov déclarait - à l'occasion de la levée du gel des ventes des systèmes S-300 - que l'Iran et la Russie continuaient de « développer des relations amicales », mais qu'il était, en la matière, « impossible de parler d'un nouveau paradigme » (44). De son côté, Abdullah Ramezanzadeh, ancien porte-parole du président Khatami, rappelait au printemps 2016 que les Russes ont toujours utilisé l'Iran comme « un instrument de leur politique étrangère » et qu'ils n'ont jamais été « réellement attachés à une alliance avec un pays » (45). La Russie a, en effet, été « poussée » vers l'Iran par une série de facteurs extérieurs à la relation bilatérale. De fait, ni les Iraniens ni les Russes ne sont intéressés par la conclusion d'une véritable alliance stratégique : la Russie tient à ses relations avec les autres États moyen-orientaux ; quant à l'Iran, il entend tirer parti du développement à venir de ses relations avec l'Occident. Enfin, la mise en oeuvre pleine et entière du JCPOA soulève encore un certain nombre de questions tant en Iran qu'aux États-Unis où l'arrivée de Donald Trump pourrait bien rebattre les cartes. De ces inflexions dépendra aussi l'évolution de la relation russo-iranienne. Une preuve supplémentaire, s'il en était, de sa plasticité.

(1) Alexander Dynkin, Natalia Primakova (dir.), Russia in a Policentric World, Ves Mir Publishers, Moscou, 2012.

(2) Piotr Dutkiewicz, Nikolay Kozhanov, « Civil War in Syria and the Evolution of Russian-Iranian Relations », Research Paper, Emirates Policy Center, mai 2016, p. 4.

(3) Sous le prétexte de la nécessité de prévenir la formation d'un État fantoche à la solde de l'Allemagne nazie, l'URSS et la Grande-Bretagne envahissent l'Iran au mois d'août 1941.

(4) Cette République s'effondre en décembre 1946, après le départ de l'Armée rouge du nord de l'Iran.

(5) Nikolay Kozhanov, « Understanding the Revitalization of Russian-Iranian Relations », Carnegie Moscow Center, 5 mai 2015, p. 5. Cet accord a été dénoncé par Moscou dès novembre 2000.

(6) L'Iran et la Russie ont signé en 2007 un contrat de 800 millions de dollars portant sur l'acquisition par Téhéran de systèmes S-300. La livraison en a été suspendue en 2010 par Dmitri Medvedev, alors président de la Fédération de Russie.

(7) Clément Therme, « Le dialogue interreligieux à l'époque contemporaine. L'exemple irano-russe », Islamochristiana, n° 40, 2014, p. 93.

(8) Piotr Dutkiewicz, Nikolay Kozhanov, « Civil War in Syria and the Evolution of Russian-Iranian Relations », art. cit., p. 6.

(9) Joshua Kucera, « After Summit Caspian Sea Questions Linger », The Diplomat, 2 octobre 2014.

(10) « Iran and Russia celebrate start of Bushehr II », World Nuclear News, 12 septembre 2016.

(11) « Loukoïl zaïnteressovalsia dvoumia mestorojdeniami v Irane » [Lukoil est intéressé par deux champs en Iran], Vedomosti, 14 avril 2016.

(12) « TMK natchala peregovory o postavkakh troub v Iran » [TMK a entamé des négociations pour la fourniture de tubes à l'Iran], Rbc, 9 mars 2016.

(13) « Iran, OPEC's Big Winner, Agrees on Landmark Oil Contract », Bloomberg, 3 octobre 2016.

(14) « Iran gotovitsia konkourirovat' s Gazpromom » [L'Iran se prépare à faire de l'ombre à Gazprom], Dielovaia gazeta, 28 octobre 2016.

(15) UE, Balkans, membres de l'Espace économique européen, Turquie.

(16) « Lavrov : Siria i Iran - nachi estestvennye soïuzniki v borbe protiv IG » [Lavrov : la Syrie et l'Iran sont nos deux alliés naturels dans la lutte contre l'EI], Vzgliad, 15 septembre 2014.

(17) Nikolay Kozhanov, « Russian-Iranian Dialogue after 2012 : Turning a New Page ? », Russian Analytical Digest, n°192, 10 novembre 2016.

(18) Depuis 2011, la Russie a par sept fois utilisé son veto au Conseil de sécurité pour bloquer des projets de résolution liés à la Syrie.

(19) Aron Lund, « Not just Russia : the Iranian Surge in Syria », Carnegie Moscow Center, 23 mai 2016.

(20) « Iran Revokes Russia's Use of Air Base, Saying Moscow "Betrayed Trust" », The New York Times, 22 août 2016.

(21) « No Downturn in Iran-Russia Strategic Ties, Velayati Says », Tasnim News, 2 février 2016.

(22) En mars 2011, le soulèvement de la population chiite au Bahreïn provoque l'intervention des troupes saoudiennes qui répriment violemment les contestations.

(23) Igor Delanoë, « À la recherche d'un modus vivendi : le partenariat israélo-russe face à la crise syrienne », Note de la FRS, Note n° 25/2015, décembre 2015.

(24) Le processus de Genève est parrainé par Washington et Moscou et vise à trouver une solution politique au conflit syrien.

(25) La conférence d'Astana, parrainée par la Russie, l'Iran et la Turquie, s'est tenue pour la première fois en janvier 2017 dans la capitale du Kazakhstan et a vocation à soutenir le régime - précaire - de cessez-le-feu en Syrie instauré fin décembre 2016, tout en servant d'antichambre aux discussions de Genève.

(26) Accords de Lausanne du 14 juillet 2015.

(27) Les sanctions américaines relatives au terrorisme, au blanchiment d'argent sale et aux violations des droits de l'homme sont maintenues. La frontière entre les sanctions relevant de la sphère nucléaire et celles liées au terrorisme est ténue et nécessite clarification.

(28) Cela touche le pétrole de schiste, l'exploration offshore en eaux profondes et l'exploration du plateau continental arctique.

(29) Technologie à la fois militaire et civile.

(30) Projet d'usine de liquéfaction de gaz naturel lancé initialement par Total et Novatek. L'introduction des sanctions a obligé les entreprises à vendre des parts et à se tourner vers les banques chinoises afin d'obtenir des lignes de crédit.

(31) Iran Sanctions Act pour l'Iran (1996) et Executive Order 13622 pour la Russie (2014).

(32) « BNP Paribas formellement condamnée à une amende record aux États-Unis », Le Monde, 1er mai 2015.

(33) « Iranian banks reconnected to SWIFT network after four year hiatus », Reuters, 17 février 2016. Le SWIFT est le système de traitement des opérations bancaires internationales.

(34) Elham Hassanzadeh, « Iran's Natural Gas Industry in the Post-Revolutionary Period- Optimism, Skepticism and Potential », The Oxford Institute for Energy Studies, 27 janvier 2015.

(35) « Iran Looks to Spend $8bn on Russian Arms », Farsnews, 16 février 2016.

(36) Ellie Geranmayeh, Kadri Liik, « The New Power Couple : Russian and Iran in the Middle East », ECFR Policy Brief, septembre 2016, p. 9.

(37) « Russia and Iran Edge Closer », The Duran, 10 juin 2016.

(38) Service fédéral des douanes russes.

(39) « Minister : Iran, Russia Trade Exchanges Up 69 % », Farsnews, 18 juin 2016.

(40) « China, Iran Agree to Expand Trade to $600 Billion in a Decade », Bloomberg, 23 juin 2016.

(41) « Russia's Trade with Iran », Russian Analytical Digest, art. cit.

(42) Entretien avec un expert de l'Iran, Moscou, novembre 2016.

(43) « Trump Administration Looks at Driving Wedge between Russia and Iran », The Wall Street Journal, 5 février 2017.

(44) « Insight - Iran and Russia move closer but their alliance has limits », Reuters, 26 avril 2016.

(45) « Is the Russia-Iran alliance for real? », Iran Times, 13 mai 2016.

 


Notes :




(1) Alexander Dynkin, Natalia Primakova (dir.), Russia in a Policentric World, Ves Mir Publishers, Moscou, 2012.

(2) Piotr Dutkiewicz, Nikolay Kozhanov, « Civil War in Syria and the Evolution of Russian-Iranian Relations », Research Paper, Emirates Policy Center, mai 2016, p. 4.

(3) Sous le prétexte de la nécessité de prévenir la formation d'un État fantoche à la solde de l'Allemagne nazie, l'URSS et la Grande-Bretagne envahissent l'Iran au mois d'août 1941.

(4) Cette République s'effondre en décembre 1946, après le départ de l'Armée rouge du nord de l'Iran.

(5) Nikolay Kozhanov, « Understanding the Revitalization of Russian-Iranian Relations », Carnegie Moscow Center, 5 mai 2015, p. 5. Cet accord a été dénoncé par Moscou dès novembre 2000.

(6) L'Iran et la Russie ont signé en 2007 un contrat de 800 millions de dollars portant sur l'acquisition par Téhéran de systèmes S-300. La livraison en a été suspendue en 2010 par Dmitri Medvedev, alors président de la Fédération de Russie.

(7) Clément Therme, « Le dialogue interreligieux à l'époque contemporaine. L'exemple irano-russe », Islamochristiana, n° 40, 2014, p. 93.

(8) Piotr Dutkiewicz, Nikolay Kozhanov, « Civil War in Syria and the Evolution of Russian-Iranian Relations », art. cit., p. 6.

(9) Joshua Kucera, « After Summit Caspian Sea Questions Linger », The Diplomat, 2 octobre 2014.

(10) « Iran and Russia celebrate start of Bushehr II », World Nuclear News, 12 septembre 2016.

(11) « Loukoïl zaïnteressovalsia dvoumia mestorojdeniami v Irane » [Lukoil est intéressé par deux champs en Iran], Vedomosti, 14 avril 2016.

(12) « TMK natchala peregovory o postavkakh troub v Iran » [TMK a entamé des négociations pour la fourniture de tubes à l'Iran], Rbc, 9 mars 2016.

(13) « Iran, OPEC's Big Winner, Agrees on Landmark Oil Contract », Bloomberg, 3 octobre 2016.

(14) « Iran gotovitsia konkourirovat' s Gazpromom » [L'Iran se prépare à faire de l'ombre à Gazprom], Dielovaia gazeta, 28 octobre 2016.

(15) UE, Balkans, membres de l'Espace économique européen, Turquie.

(16) « Lavrov : Siria i Iran - nachi estestvennye soïuzniki v borbe protiv IG » [Lavrov : la Syrie et l'Iran sont nos deux alliés naturels dans la lutte contre l'EI], Vzgliad, 15 septembre 2014.

(17) Nikolay Kozhanov, « Russian-Iranian Dialogue after 2012 : Turning a New Page ? », Russian Analytical Digest, n°192, 10 novembre 2016.

(18) Depuis 2011, la Russie a par sept fois utilisé son veto au Conseil de sécurité pour bloquer des projets de résolution liés à la Syrie.

(19) Aron Lund, « Not just Russia : the Iranian Surge in Syria », Carnegie Moscow Center, 23 mai 2016.

(20) « Iran Revokes Russia's Use of Air Base, Saying Moscow "Betrayed Trust" », The New York Times, 22 août 2016.

(21) « No Downturn in Iran-Russia Strategic Ties, Velayati Says », Tasnim News, 2 février 2016.

(22) En mars 2011, le soulèvement de la population chiite au Bahreïn provoque l'intervention des troupes saoudiennes qui répriment violemment les contestations.

(23) Igor Delanoë, « À la recherche d'un modus vivendi : le partenariat israélo-russe face à la crise syrienne », Note de la FRS, Note n° 25/2015, décembre 2015.

(24) Le processus de Genève est parrainé par Washington et Moscou et vise à trouver une solution politique au conflit syrien.

(25) La conférence d'Astana, parrainée par la Russie, l'Iran et la Turquie, s'est tenue pour la première fois en janvier 2017 dans la capitale du Kazakhstan et a vocation à soutenir le régime - précaire - de cessez-le-feu en Syrie instauré fin décembre 2016, tout en servant d'antichambre aux discussions de Genève.

(26) Accords de Lausanne du 14 juillet 2015.

(27) Les sanctions américaines relatives au terrorisme, au blanchiment d'argent sale et aux violations des droits de l'homme sont maintenues. La frontière entre les sanctions relevant de la sphère nucléaire et celles liées au terrorisme est ténue et nécessite clarification.

(28) Cela touche le pétrole de schiste, l'exploration offshore en eaux profondes et l'exploration du plateau continental arctique.

(29) Technologie à la fois militaire et civile.

(30) Projet d'usine de liquéfaction de gaz naturel lancé initialement par Total et Novatek. L'introduction des sanctions a obligé les entreprises à vendre des parts et à se tourner vers les banques chinoises afin d'obtenir des lignes de crédit.

(31) Iran Sanctions Act pour l'Iran (1996) et Executive Order 13622 pour la Russie (2014).

(32) « BNP Paribas formellement condamnée à une amende record aux États-Unis », Le Monde, 1er mai 2015.

(33) « Iranian banks reconnected to SWIFT network after four year hiatus », Reuters, 17 février 2016. Le SWIFT est le système de traitement des opérations bancaires internationales.

(34) Elham Hassanzadeh, « Iran's Natural Gas Industry in the Post-Revolutionary Period- Optimism, Skepticism and Potential », The Oxford Institute for Energy Studies, 27 janvier 2015.

(35) « Iran Looks to Spend $8bn on Russian Arms », Farsnews, 16 février 2016.

(36) Ellie Geranmayeh, Kadri Liik, « The New Power Couple : Russian and Iran in the Middle East », ECFR Policy Brief, septembre 2016, p. 9.

(37) « Russia and Iran Edge Closer », The Duran, 10 juin 2016.

(38) Service fédéral des douanes russes.

(39) « Minister : Iran, Russia Trade Exchanges Up 69 % », Farsnews, 18 juin 2016.

(40) « China, Iran Agree to Expand Trade to $600 Billion in a Decade », Bloomberg, 23 juin 2016.

(41) « Russia's Trade with Iran », Russian Analytical Digest, art. cit.

(42) Entretien avec un expert de l'Iran, Moscou, novembre 2016.

(43) « Trump Administration Looks at Driving Wedge between Russia and Iran », The Wall Street Journal, 5 février 2017.

(44) « Insight - Iran and Russia move closer but their alliance has limits », Reuters, 26 avril 2016.

(45) « Is the Russia-Iran alliance for real? », Iran Times, 13 mai 2016.