Politique Internationale - La Revue n°153 - AUTOMNE - 2016

sommaire du n° 153
LA PRÉSIDENCE TRUMP COMMENCE
Article de Guy Millière
Économiste, géopolitologue, ancien président de l'Institut Turgot, Senior Advisor au Gatestone Insti
en français
in english
en español
en français


Nous inaugurons, avec cet article  une série de points de vue et de libres propos très contrastés, favorables et défavorables à la nouvelle administration américaine.  Voici une contribution de Guy Millière.



LA PRÉSIDENCE TRUMP COMMENCE



L’élection de Donald Trump à la présidence des États-Unis a été une désagréable surprise pour la plupart des commentateurs et a aussitôt suscité chez nombre d’entre eux la consternation. Tout au long de dix-huit mois de campagne électorale, Donald Trump a été décrit de tous côtés comme un « populiste » irresponsable et inexpérimenté. Ses propos ont été cités aux fins de démontrer qu’il était un démagogue et un provocateur. Son succès a été attribué au désarroi d’une population blanche en voie de paupérisation, confrontée à une évolution du monde qu’elle serait inapte à comprendre et qu’un bateleur d’estrade un peu vulgaire aurait réussi à séduire à coups de formules simplistes. Aucune analyse sérieuse et approfondie n’a été tentée de son programme, jugé incohérent, imprégné d’un protectionnisme à même de détraquer l’économie mondiale et d’un isolationnisme qui équivaudrait au repli sur elle-même d’une Amérique devenue indifférente au monde. Certains ont même présenté Trump comme un homme ayant des « liens troubles » avec Vladimir Poutine, et les rumeurs propagées pendant les semaines qui ont précédé la cérémonie d’investiture du 20 janvier n’ont rien arrangé.

Il est indispensable dans ce contexte d’écarter tout jugement hâtif, et de poser un regard froid et lucide tout à la fois sur ce qu’incarne Trump, sur ce que signifie son élection et sur ce que sera vraisemblablement l’action de Trump président.

 Candidat de rupture


Concernant le premier point, le mot « populisme » n’est pas inexact en ce sens que Donald Trump n’a cessé de s’adresser aux gens du peuple, en passant au-dessus des appareils politiques institués et des médias établis. Les connotations négatives qui conduisent à associer au « populisme » un côté sombre ne sont, pour autant, pas vraiment de mise : Trump a répondu à une situation de crise, une large part de l’électorat américain ne faisant confiance ni aux démocrates ni aux républicains. Il a tenu le langage que cet électorat attendait. En déduire qu’il a été et sera irresponsable est très hâtif. Le décrire comme inexpérimenté est erroné : diriger une entreprise multinationale comptant des milliers d’employés, et cela pendant quatre décennies, constitue une expérience du monde réel que la plupart des politiciens n’ont pas. Un démagogue est un homme qui flatte ceux qui l’écoutent aux fins d’en tirer avantage et qui ne tient pas ses promesses : pour l’heure, Trump semble être un homme qui a dit ce qu’il fera et qui fera ce qu’il a dit. Le décrire comme provocateur est pertinent. Trump a voulu être un candidat de rupture. Il l’a été en rompant avec toutes les règles du politiquement correct et la plupart de celles de la bienséance politique. Il a aussi montré, en de multiples circonstances, qu’il pouvait adopter un ton très différent selon qu’il participait à une réunion publique ou à une rencontre avec des dirigeants internationaux.

Espoir


Par ailleurs, Trump n’a pas été élu sur une base de désarroi, mais sur une base d’espoir de redressement, ce qui est très différent. Et réduire son électorat à des millions de blancs paupérisés incapables de comprendre le monde et séduits par le simplisme est très réducteur.

Trump a reçu le soutien d’une population d’ouvriers et d’employés paupérisés, c’est exact ; mais cette population n’est pas constituée seulement de blancs : elle inclut aussi des noirs et des hispaniques. Fait très notable : Trump a attiré vers lui une proportion nettement plus importante de noirs et d’hispaniques que Mitt Romney ou John McCain. Il a aussi rallié une frange importante de membres de la classe moyenne, de petits entrepreneurs, de policiers, de militaires. Son électorat a été plus divers qu’on ne l’imagine.

Ceux qui ont voté pour lui discernaient très bien l’évolution du monde et celle des États-Unis : ils la vivaient dans leur famille et souvent dans leur propre vie. Ils ne voulaient pas de cette évolution. Trump leur a promis un changement très profond, et leur a fait des propositions simples, mais précises. Ils ont adhéré à ces propositions.

Comprendre impliquerait de revenir huit années en arrière. L’élection de Barack Obama en novembre 2008 a reposé sur un malentendu : nombre d’Américains souhaitaient tourner la page des difficiles années de guerre qui ont suivi le 11 Septembre. Obama a promis de l’espoir et du changement. Il a été élu. Il n’a pas apporté l’espoir promis, car le changement qu’il a suscité n’a pas du tout été ce que le peuple américain attendait. L’économie américaine n’est sortie de la crise que pour renouer avec une croissance asthénique qui n’a jamais atteint 3 % en rythme annuel. Le nombre d’emplois n’a jamais retrouvé le niveau qui était le sien avant 2008. La décision de retirer les troupes américaines de divers théâtres d’opérations a coïncidé avec une montée en puissance du terrorisme islamique, et si, après le 11 septembre 2001, aucun attentat n’a frappé les États-Unis sous George W. Bush, les attentats se sont soudain multipliés. Les tensions entre communautés, loin de s’estomper, se sont accrues. Obama a été réélu en 2012, mais le fait qu’il était le premier président noir et que des milliers d’électeurs ne voulaient pas paraître racistes en le désavouant, le fait aussi que Mitt Romney n’est pas parvenu à susciter l’enthousiasme y ont été pour beaucoup.

Au fil des huit années de la présidence Obama, le pourcentage d’Américains qui pensaient que le pays allait dans la mauvaise direction et déclinait n’a cessé de s’accroître, jusqu’à dépasser 70 % ; le parti démocrate est allé de défaite en défaite et, plutôt que procéder à une introspection et qu’infléchir son discours, a accentué son virage vers la gauche extrême. Le parti républicain lui-même, lorsqu’il a remporté la majorité dans l’une des deux chambres du Congrès, puis dans l’autre, n’a pas su répondre aux attentes que nombre de ceux qui lui ont apporté leurs suffrages plaçaient en lui.  

En 2016, des millions d’Américains dans tout le pays voulaient renverser la table et rebattre les cartes. Donald Trump a compris ce qui était en train de se passer. Il a effectivement renversé la table et rebattu les cartes. Avant de battre Hillary Clinton, il a battu les quinze autres prétendants du parti républicain, malgré l’hostilité de l’établissement du parti à son égard. Son élection a traduit une volonté, de la part des États-Unis, de retrouver leur statut de première puissance du monde, et de sortir de ce que ses électeurs perçoivent comme un inquiétant déclin.

Donald Trump a choisi un slogan de campagne emprunté à Ronald Reagan, make America great again, rendre à l’Amérique sa grandeur. Il a dit que l’évolution du monde telle qu’elle s’opérait était nuisible aux États-Unis et à ce qu’ils incarnent sur terre, et qu’elle donnait un pouvoir indu à des puissances ennemies. Il a expliqué qu’il voulait que les États-Unis retrouvent une croissance forte, des emplois, le respect des autres puissances, une cohésion intérieure. Il a appelé le terrorisme islamique par son nom, sans user de circonlocutions. Il a expliqué aussi comment il comptait s’y prendre pour atteindre ses objectifs. Il a dit s’être entouré des meilleurs spécialistes, et a dit lesquels. Il a donné aux décisions qu’il prendrait d’emblée la forme d’un contrat passé avec les électeurs. Ceux qui ont voté pour lui s’attendent à ce qu’il respecte le contrat, et lui ont fait confiance. Il a su apparaître comme le candidat de l’espoir retrouvé après l’espoir déçu incarné par Obama et face à l’inaptitude des républicains à répondre à la déception.

 

Il a, outre son slogan de campagne, souvent utilisé une expression, the forgotten men, les hommes oubliés, et il a su s’adresser à des gens à qui les républicains ne s’adressaient plus depuis longtemps et que les démocrates ne prenaient plus en compte, tant leurs voix semblaient acquises au parti démocrate. Il s’est rendu dans des villes ouvrières dévastées par le chômage de masse, dans des quartiers hispaniques et dans des quartiers noirs rongés par la violence. Il n’a cessé de répéter qu’il savait qu’il ne pouvait pas décevoir et qu’il ne décevrait pas.

Il est maintenant au pied du mur, face aux défis de la réalité et de la concrétisation de ses promesses. Contrairement à ce qui se dit souvent, il ne recule pas, et n’entend aucunement renoncer, même s’il devra peut-être différer certaines décisions.

L’administration Trump telle qu’elle a pris forme a été conçue comme une administration de combat, et est porteuse en elle-même d’un message : Trump entend respecter le contrat. Apres avoir été un candidat de rupture, il veut être un président de rupture.

Les femmes et les hommes qu’il a choisis l’ont été pour des raisons bien précises. Au travers d’eux, on peut lire en filigrane les contours de la mission qui leur a été confiée.

Politique intérieure


 La première nomination à laquelle Trump a procédée est celle du secrétaire à la Justice — signe que le nouveau président veut un retour rapide à une justice efficace. Le choix de Jeff Sessions est très significatif. Jeff Sessions est un juriste expérimenté : il a été procureur général du district Sud d’Alabama, puis procureur d’Alabama. Devenu sénateur, il a fait de la lutte contre l’immigration clandestine l’un de ses principaux combats. Il a aussi demandé, en vain sous Obama, que les terroristes djihadistes arrêtés sur le sol américain soient traités non pas comme des criminels de droit commun, mais comme des « ennemis combattants » relevant de la justice militaire.

Le choix de John Kelly comme secrétaire à la Sécurité intérieure est tout aussi significatif. John Kelly est lui-même un militaire d’expérience : ancien général du corps des Marines, il a été à la tête du Commandement Sud des États-Unis, qui traite de la sécurité en Amérique latine, en Amérique centrale et dans les Caraïbes. Il a eu, à ce titre, à s’occuper de problèmes majeurs, tels que le trafic de drogue et l’infiltration terroriste par la frontière Sud entre les États-Unis et le Mexique, et par voie de mer en Floride.

Donald Trump a promis de combattre l’immigration clandestine, et a établi un lien entre les trafiquants de drogue et les filières qui font entrer des terroristes aux États-Unis. On peut s’attendre à une coopération étroite sur ces différents points entre Jeff Sessions et John Kelly.

La construction d’un mur entre le Mexique et les États-Unis, si souvent évoquée au cours de la campagne, aura bien lieu. Il ne courra pas le long des 3 200 kilomètres de frontière (par endroits, il sera remplacé par des dispositifs électroniques de contrôle renforcé), mais il existera. La surveillance de la frontière sera également renforcée. La justice et la sécurité intérieure coordonneront leur action à cette fin.

Parce qu’il considère que le gouvernement mexicain ne fait pas son travail en matière de lutte contre le crime, Donald Trump a dit que le Mexique paierait la construction du mur. Et il entend bien tenir parole, quoi qu’en disent  les autorités mexicaines : des juristes travaillent d’ores et déjà sur les modalités de paiement. Les sommes envoyées à leur famille par les Mexicains vivant aux États-Unis représentent, pour les années 2014 et 2015, environ 20 milliards de dollars en rythme annuel. Taxer ces envois est l’une des solutions retenues. Une autre solution consisterait à prélever une taxe sur les biens en provenance du Mexique et à augmenter le prix des visas permettant d’entrer aux États-Unis depuis le Mexique. D’autres formules, non divulguées à ce jour, sont à l’étude.   

Le Département de la sécurité intérieure, que va diriger John Kelly, supervise les activités de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE), l’organisme qui traque les immigrants clandestins sur le sol américain : John Kelly sera chargé d’arrêter, par le biais de l’ICE, les immigrants clandestins coupables de crimes aux États-Unis, et Jeff Sessions ne fera preuve d’aucune réticence pour qu’ils soient expulsés du pays. Une coopération entre l’ICE et le FBI aux fins de démanteler les réseaux de la drogue aux États-Unis sera mise en place. Cette coopération portera aussi sur les filières terroristes et impliquera un troisième homme nommé par Donald Trump, Mike Pompeo, qui va prendre la tête de la CIA. Mike Pompeo est représentant du Kansas au Congrès. Il a mené une carrière militaire avant de fonder une entreprise de sécurité privée, Thayer Aerospace. Il n’a cessé, depuis son entrée au Congrès, d’alerter sur le danger que représentnent le terrorisme islamique, les filières d’infiltration terroriste et le laxisme de la CIA sous Barack Obama en ces matières. Laxisme auquel il a l’intention de remédier. Ce qui se dessine est une coopération ICE, FBI, CIA.

L’objectif de Donald Trump est de rétablir au plus vite la sécurité intérieure. Selon lui, l’immigration illégale est au cœur du problème : le nombre de crimes commis par des immigrants clandestins est très élevé et a contribué à l’accroissement très net de la criminalité aux États-Unis ces dernières années. La plupart des immigrants clandestins coupables de crimes aux États-Unis, une fois relâchés, sont restés dans le pays. Nombre d’immigrants clandestins font partie de gangs de revendeurs de drogue. Les filières de l’immigration clandestine sont la plupart du temps les mêmes que celles qui servent à faire entrer la drogue et les terroristes aux États-Unis .

Ces filières vont être traquées sans répit. L’immigration illégale sera considérablement freinée. La criminalité due aux immigrants illégaux et le trafic de drogue seront combattus sans relâche, et les clandestins coupables de crimes seront expulsés. La lutte contre le terrorisme sera nettement renforcée.

L’entrée légale sur le territoire américain de gens venant de pays affectés par le terrorisme sera beaucoup plus strictement contrôlée. Donald Trump a parlé d’examen très minutieux de tous les dossiers de visa et de demande d’asile : ce sera l’une des priorités de son administration.

Donald Trump a rappelé plusieurs fois deux mots : law and order. Il entend être le président du retour à la loi et à l’ordre.

Économie

Les choix effectués par Trump dans le domaine économique et financier sont, eux aussi, révélateurs. Plutôt que de nommer un politicien professionnel au poste de secrétaire aux Finances, Trump a choisi un financier, Steve Mnuchin. Au cours de sa carrière, Mnuchin a eu de hautes fonctions au sein de la banque Goldman Sachs (il en a été le CIO (Chief Information Officer) en 2001-2002) avant de se diriger vers le secteur des hedge funds et de racheter une entreprise de prêts immobiliers en difficulté, IndyMac, et de la redresser en lui donnant un nouveau nom, OneWest. Dans toutes ses déclarations publiques, il s’est présenté comme un défenseur de la déréglementation économique et financière et des baisses d’impôts comme moyen de faire redémarrer l’économie et les investissements. Ces positions sont aussi celles de Donald Trump.

Steve Mnuchin a dit, conformément à ce que Trump a déclaré lors de la campagne, que le taux supérieur d’imposition sur les entreprises, qui était de 36 % sous Obama, serait abaissé à 15 % dès que possible. Il a aussi annoncé que toutes les autres baisses d’impôts promises par Donald Trump seront très rapidement mise en œuvre. Donald Trump a dit que pour toute règle nouvelle édictée, deux anciennes règles au moins seraient supprimées. Mnuchin a confirmé.

Dans sa tâche, Steve Mnuchin sera secondé par Mick Mulvaney, représentant de Caroline du Sud, membre du House Committee on Financial Services (comité de la chambre sur les services financiers), qui sera directeur de l’Office of Management and Budget (OMB) et donc en charge de la présentation du budget chaque année, mais aussi de la supervision de la gestion de l’ensemble des agences gouvernementales. Mick Mulvaney n’a cessé, pendant ses années passées au Congrès, de se battre pour que les déficits budgétaires diminuent et pour que les gaspillages de l’argent public disparaissent. On peut s’attendre à ce qu’il poursuive son combat : Trump l’a choisi à cette fin, et a promis que le budget fédéral serait en équilibre dès 2018.  

Steve Mnuchin sera également épaulé par Carl Icahn, entrepreneur et investisseur, nommé conseiller à la réforme des réglementations auprès du Président, donc, en fait, chargé spécifiquement de la déréglementation, et par le nouveau secrétaire au Travail, Andrew Puzder, gestionnaire de plusieurs chaînes de restauration rapide, adversaire résolu du salaire minimum qu’il considère comme un obstacle à l’embauche, et qui aura la tâche de faciliter le retour à l’emploi de millions d’Américains et de veiller à ce que rien n’entrave ce retour.

S’ajoute à cette liste un Conseil économique composé de treize membres. On y trouve John Paulson, Steven Roth, Harold Ham, Harold Lorber, Andrew Beal, Thomas Barrack Jr, Steven Calk, David Malpass, Dan DiMicco, Steve Feinberg, Peter Navarro, et Steven Moore. Chacun des membres de ce Conseil vient du monde des affaires, à l’exception d’un seul, Stephen Moore, ancien président du Club for Growth, partisan de la flat tax, impôt strictement proportionnel, quel que soit le montant du revenu.  

En matière économique et financière, Donald Trump a choisi pour l’essentiel des décideurs, des gens venus du secteur privé, des gens qui ont eu à se confronter au monde réel et qui ont réussi, des gens qui partagent pleinement sa vision de l’économie et de la finance.

Jamais un président avant lui n’avait fait des choix aussi tranchés, mais jamais un président n’était, comme Donald Trump, passé directement du monde des affaires à la présidence des États Unis.

Les impôts vont baisser très nettement aux États-Unis. Nombre de réglementations vont disparaître. Le budget sera strictement tenu. Les dépenses inutiles seront rayées d’un trait de plume. Les investissements vont reprendre (ils ont d’ores et déjà commencé à reprendre).

Des mesures visant à encourager le retour aux États-Unis de capitaux appartenant à des entreprises américaines, mais laissés sur des comptes à l’étranger, sont à l’étude et seront mises en place au plus tôt : ce retour sera vraisemblablement soumis à un prélèvement libératoire de 10 %, sans la moindre pénalité supplémentaire.  

Le grand projet de construction d’infrastructures que Donald Trump a énoncé et entend réaliser au plus vite est destiné à accélérer le redémarrage de l’économie et à permettre la création immédiate de dizaines de milliers d’emplois. Il est conçu comme ne devant pas susciter la moindre dépense gouvernementale supplémentaire et comme un projet ne rompant pas avec une stratégie d’ensemble relevant de l’économie de l’offre. Le financement reposera essentiellement sur des crédits d’impôts alloués aux entreprises de construction répondant aux appels d’offres et sur des bons du trésor. Les projets précis qui seront inclus dans le projet général seront sélectionnés par le Conseil économique, en fonction de leur capacité à susciter des retours sur investissements : agrandissement de ports permettant d’accroître le trafic ; aménagement d’aéroports permettant d’augmenter le trafic aérien ; élargissement d’axes routiers et de ponts permettant d’abaisser les couts de transaction et de désenclaver certains lieux.

La nomination de Betsy DeVos, ancienne présidente de l’Alliance for School Choice, au poste de secrétaire à l’Éducation, montre que Donald Trump entendra renforcer la possibilité pour les parents de choisir librement l’école de leurs enfants : une politique de chèque éducation sera mise en place dès les premiers mois de la présidence Trump. Les programmes scolaires seront définis au niveau local, ce qui annulera les tentatives d’uniformisation programmes au niveau fédéral, qui commençaient à se concrétiser ces dernières années dans le cadre de la Common Core State Standards Initiative (Initiative de normes communes).

La nomination de Tom Price au poste de secrétaire à la Santé traduit la volonté de Trump de supprimer l’Affordable Care Act ou Obamacare : Tom Price, chirurgien devenu représentant de Géorgie en 1997, n’a cessé depuis bientôt vingt ans de combattre la « médecine socialiste » et a été au Congrès l’opposant le plus déterminé à l’Obamacare. Donald Trump veut que la loi dite Obamacare, qui a conduit à une augmentation vertigineuse des cotisations d’assurances sans faire diminuer nettement le nombre de non assurés (les chiffres montrent que l’essentiel des non assurés désormais assurés le sont grâce à une expansion du système Medicaid, qui couvre les besoins des personnes à bas revenus), soit abolie dès les premiers jours de sa présidence et remplacée par un système de comptes d’épargne santé. Les citoyens américains auront toute liberté pour choisir leur assurance santé.

C’est Scott Pruitt, procureur général d’Oklahoma et l’un des principaux opposants américains à l’écologisme militant, qui a été désigné à la tête de l’EPA (Environmental Protection Agency). Par ce choix, Donald Trump signifie qu’il n’est pas près d’adhérer aux thèses du réchauffement global dû aux activités humaines, et que la déréglementation concernera aussi le secteur de l’environnement. Il se trouve complété par la nomination de Rick Perry, ancien gouverneur du Texas, dont les positions sur l’environnement sont identiques à celles de Scott Pruitt, au poste de secrétaire à l’Énergie. On le sait, Donald Trump veut libérer la production d’énergie aux États-Unis, quelle que soit son origine : charbon, pétrole, gaz naturel, mais aussi gaz et pétrole de schiste. Cette libération fera baisser les prix, ce qui contribuera au retour d’une croissance vigoureuse et placera les États-Unis en position de force pour négocier avec les autres pays producteurs.

La clé de voûte des institutions américaines est la Cour suprême, composée de 9 juges appelés justices. Elle est la gardienne de la Constitution et du Bill of Rights (déclaration des droits). Elle peut casser tout jugement, rejeter ou entériner toute loi et toute décision du pouvoir exécutif et du pouvoir législatif. Elle compte dans ses rangs des conservateurs, fidèles aux textes et à leur signification, et des « progressistes » qui tendent à en donner une interprétation située à gauche, voire ces dernières années, très à gauche. Début 2016, quatre justices étaient « progressistes », cinq étaient conservateurs. L’un conservateurs, Antonin Scalia, est décédé en février. Son remplacement est devenu l’un des enjeux cruciaux de la campagne électorale : les justices sont en effet nommés à vie, et la nomination d’un nouveau justice sera à même de dessiner l’orientation de la Cour pour plusieurs décennies. Obama a tenté d’imposer un « progressiste » Merrick Garland, aux fins d’obtenir que la Cour soit à majorité « progressiste ». Donald Trump va nommer rapidement un justice conservateur, ce qui maintiendra une majorité conservatrice.  

Donald Trump a menacé de taxer l’importation aux États-Unis de produits fabriqués à l’étranger par des entreprises américaines et de taxer aussi les entreprises américaines qui envisageraient de délocaliser à l’étranger leurs unités de production. Pour l’heure, ces menaces sont restées des éléments posés sur la table dans le cadre de négociations. Donald Trump a énoncé de semblables avertissements en direction de la Chine. Sa méthode — qu’il a exposée dans son ouvrage The Art of the Deal — est connue : il commence par prendre des positions très dures et par établir un rapport de force afin d’amener ses interlocuteurs à dévoiler les concessions qu’ils sont prêts à faire.

Les gens dont il s’est entouré en matière économique et financière comprennent fort bien la façon de faire de Trump : ils pratiquent eux aussi l’art de la négociation. Le nouveau président n’est pas protectionniste. Il n’entend pas ériger des barrières douanières aux frontières des États-Unis : il veut utiliser la menace de barrières douanières dans le cadre de l’art de la négociation.

C’est aussi dans cet esprit que Trump aborde l’autre volet de ce que sera sa présidence: la politique étrangère.  

  Politique étrangère

Dans  ce domaine, Donald Trump a commencé par sélectionner des gens chargés de la défense du pays et des grandes orientations stratégiques. Ce n’est qu’ensuite qu’il a procédé à la nomination d’un secrétaire d’État. Ce n’est pas anodin, et c’est porteur d’un message. Les gens en charge de la défense et des grandes orientations stratégiques auront pour mission de fixer un cap, et ce cap sera celui voulu par Donald Trump. Le secrétaire d’État conduira la politique étrangère en respectant ce cap.

La défense du pays sera confiée au général James Mattis, nommé par Trump secrétaire à la Défense. James Mattis, ancien membre du corps des Marines, ancien  dirigeant du Commandement allié Transformation — un service chargé d’adapter l’Otan aux  nouvelles menaces — est un militaire aguerri, comme le général Kelly. C’est un homme hautement respecté par ses pairs, aux positions nettes et tranchées, qui aura pour tâche de mener à bien le réarmement matériel et moral de l’armée. Donald Trump a dit qu’il voulait un accroissement du budget militaire, et une armée américaine tout à la fois forte et suffisamment redoutée pour qu’il ne soit pas nécessaire de faire appel à elle. Le général Mattis va superviser l’augmentation du budget militaire et définir ce dont l’armée a besoin pour répondre à ce que Donald Trump attendra d’elle. Les besoins qu’il définira seront satisfaits.

Il va travailler en synergie avec un autre général qui, lui, a été nommé par Trump Conseiller à la sécurité nationale : Michael Flynn, ancien directeur de la Defense Intelligence Agency (agence de renseignement de la défense). Le général Flynn est lui aussi très respecté par ses pairs. Il a été conseiller militaire de Donald Trump pendant la campagne. Il a désigné à plusieurs reprises ce qui constitue à ses yeux aujourd’hui le danger majeur pour les États Unis et le monde occidental : l’islam radical. Il a fait de l’élimination de l’État islamique et, plus largement, du terrorisme islamique une priorité. Il n’a jamais usé de circonlocutions en la matière. Il a pointé du doigt la tête du serpent, la République islamique d’Iran, et a publié avec Michael Ledeen un livre très remarqué, The Field of Fight: How We Can Win the Global War Against Radical Islam and Its Allies (Le champ de bataille: comment nous pouvons gagner la guerre globale contre l’islam radical et ses alliés). Ce livre indique ce que sera sans doute l’épine dorsale de ce qu’on pourrait appeler la doctrine Trump : la guerre contre l’islam radical doit être une guerre des idées, écrit Michael Flynn, et l’islam radical doit être éradiqué ; la République islamique d’Iran doit être dénoncée et combattue en tant que principal soutien du terrorisme islamique international ; le totalitarisme islamique ne pourra être vaincu que si le combat porte non seulement contre l’État islamique et les autres organisations djihadistes, mais aussi contre le régime de Téhéran ; les alliés du régime de Téhéran doivent être incités à prendre leurs distances avec ce dernier s’ils ne veulent pas être considérés comme des ennemis des États-Unis ; le régime de Téhéran doit être mis hors d’état de nuire, d’une manière ou d’une autre.

Donald Trump fait pleinement confiance à Michael Flynn et partage ses analyses. L’un de ses premiers objectifs en politique étrangère sera d’en finir avec l’État islamique et de combattre ses ramifications sur toute la planète. Un autre de ses objectifs, tout aussi important, sera d’endiguer la République islamique d’Iran et de la pousser vers l’asphyxie. La « renégociation » de l’accord passé par l’administration Obama en juillet 2015 est à prévoir, tout comme le retour à des sanctions américaines strictes. Les pays d’Europe, la Russie et la Chine seront priées de se dissocier de l’Iran, sous peine d’en subir les conséquences. L’objectif à moyen terme de Donald Trump sera de placer l’islam radical en position de défaite, ce qui impliquera un certain nombre d’exigences vis-à-vis des alliés des États-Unis : la première d’entre elles étant que ceux-ci fassent du combat contre l’islam radical la priorité de leur politique étrangère et de défense. Donald Trump a déjà fait comprendre aux membres européens de l’Otan que la dimension militaire de l’Alliance atlantique devait s’orienter dans cette direction, et que si cette orientation ne prenait pas forme rapidement, les États-Unis jugeraient l’alliance obsolète et pourraient revoir leur implication au sein de celle-ci.

Conformément aux analyses de Michael Flynn, Donald Trump ne traitera pas nécessairement la Russie comme un ennemi et sera prêt à coopérer avec elle, pour autant qu’elle combattra l’islam radical et prendra ses distances vis-à-vis de l’Iran. Il tracera une démarcation entre ce que les États-Unis accepteront — le maintien de la Russie en Syrie et la survie du régime Assad — et ce qu’ils n’accepteront pas — la fourniture de matériel militaire sophistiqué et d’installations nucléaires à l’Iran. Il manifestera du respect envers Vladimir Poutine, mais lui dira clairement que les États-Unis vont être de retour sur la scène mondiale, vont à nouveau poser des règles du jeu, et qu’ils seront prêts à reconnaître les intérêts de la Russie à la condition stricte que celle-ci reconnaisse les intérêts des États-Unis et n’entrave pas ses visées.

Ce qui vaudra pour la Russie vaudra aussi pour la Chine. Donald Trump, en faisant comprendre à Pékin que les États-Unis ne se considéreraient plus tenus par la politique de la Chine unique et qu’ils auraient des relations avec Taiwan, a commencé à définir ce que seront les rapports de force sous une administration Trump dans la région Pacifique. Il a, d’ores et déjà, incité le Japon et la Corée du Sud à renforcer leur défense.  Il entend exiger de la Chine qu’elle se dissocie de l’Iran, qu’elle limite ses activités expansionnistes en mer de Chine du Sud et qu’elle endigue strictement le régime nord-coréen, lequel participe aux programmes de Téhéran en matière de nucléaire militaire.

 

La présence au sein de l’administration Trump de K.T. McFarland aux côtés de Michael Flynn, au poste de conseiller à la Sécurité nationale adjoint, permet de comprendre pleinement le rapport que Trump souhaite établir avec la Russie et avec la Chine : K.T. McFarland a travaillé avec Ronald Reagan dans les années 1980, et a contribué à ce que la guerre froide s’achève par une victoire américaine sans qu’un seul coup de feu ne soit tiré par les États-Unis. Vladimir Poutine sait que K.T. McFarland sera spécifiquement en charge des négociations avec la Russie et avec la Chine. Les dirigeants chinois savent ce que sait Vladimir Poutine. La Russie a pu tirer avantage des faiblesses d’Obama, ainsi que la Chine. Les années Obama sont achevées.

Le secrétaire d’État nommé par Donald Trump s’occupera des négociations globales. Il s’appuiera sur une armée forte et redoutée, sur des objectifs stratégiques clairs et précis, et sera chargé de faire passer le message d’ensemble. Trump attend de lui qu’il pratique lui aussi l’art de la négociation. Il a choisi Rex Tillerson, ancien PDG d’ExxonMobil, pour cette raison. Rex Tillerson a conclu des contrats de plusieurs centaines de millions voire plusieurs milliards de dollars sur les cinq continents, il connaît les zones de danger du monde. Il les connaît souvent même mieux que les diplomates, car son entreprise aurait eu beaucoup plus à perdre que de simples diplomates en cas de mauvaise évaluation des dangers. Il sait établir des rapports de force, comme Donald Trump. Il sait mieux que personne quelle puissance de négociation lui donnera l’arme de l’indépendance énergétique. Il connaît Poutine et les dirigeants chinois : il sait négocier avec eux, comme avec des dizaines d’autres dirigeants du monde.

Outre ses activités au service de la défense et de la stratégie des États-Unis, Rex Tillerson devra superviser la renégociation des accords qui sont pleinement de son domaine : les accords commerciaux entre les États Unis et différents pays du monde. Donald Trump pense que les échanges commerciaux internationaux doivent obéir à des règles, qu’ils ne peuvent être dissociés de la sécurité et des objectifs stratégiques, et que le libre échange pratiqué aveuglément dissimule parfois des pratiques commerciales qui relèvent de la guerre économique, autre façon de mener la guerre tout court.

La Russie sera peu concernée, dans la mesure où elle n’a que fort peu de relations commerciales avec les États-Unis. Mais, dès lors qu’elle vit largement de ses ressources énergétiques, les demandes qui lui seront présentées en matière de défense et de stratégie seront accompagnées de diverses formes de pression : une offre abondante de pétrole et de gaz est à même de faire baisser les prix, et donc les revenus d’un pays producteur. Les États-Unis sous Trump auront les moyens de vendre pétrole et gaz à l’extérieur de leur territoire en quantité plus ou moins importante.  

La Chine, elle, sera directement visée. Les demandes qui lui seront présentées en matière de défense et de stratégie iront de pair avec des menaces de taxation à l’importation vers les États-Unis. La sous-évaluation du renminbi et le pillage de propriété intellectuelle que tolère le gouvernement chinois seront aussi des éléments de négociation. Les États-Unis n’ont rien à gagner à des taxes à l’importation de produits chinois, mais la Chine a davantage à perdre, car tout fléchissement net de la croissance chinoise conduirait à des troubles intérieurs : la Chine détient une bonne part de la dette américaine, mais elle ne pourrait revendre ses titres qu’en provoquant son propre effondrement. Trump le sait, Rex Tillerson le sait aussi.

Bien que le nom de Jared Kushner, son gendre, juif religieux, soit évoqué, Donald Trump n’a pas encore nommé d’émissaire chargé de gérer le dossier délicat que constitue le conflit israélo-arabe. Il a néanmoins clairement énoncé ses positions sur ce point : c’est à Israël de décider souverainement de ses actions et de ses décisions. Et Israël, sous une administration Trump, sera considéré comme un allié majeur que les États-Unis défendront sans retenue ni ambiguïté en cas d’attaque. En nommant ambassadeur des États-Unis en Israël David Friedman, qui considère l’Autorité palestinienne comme une entité terroriste, qui est favorable à l’annexion de la Rive occidentale (Judée-Samarie), et qui entend prendre ses fonctions dès que possible dans une ambassade américaine située à Jérusalem, capitale d’Israël, Donald Trump a pris très nettement position. Le message s’adresse à l’Iran, qui n’a cessé de menacer Israël au cours des trois dernières décennies. Il s’adresse aussi aux pays du monde arabe sunnite, dont les relations avec les États-Unis seront jugées par Donald Trump à l’aune de leur amitié ou de leur inimitié envers Israël. Les relations entre Washington et le régime Assad seront appréciées sur le même critère. Vladimir Poutine a compris que les États-Unis de Donald Trump n’entérineront le maintien du régime Assad et l’alliance entre celui-ci et Moscou que si ces derniers ne se conduisent pas en ennemis d’Israël et reconnaissent les objectifs stratégiques américains.

Donald Trump a critiqué l’interventionnisme prôné et pratiqué par les néo-conservateurs tout autant que les désastres provoqués par la volonté d’Obama de placer les États-Unis en retrait par rapport aux affaires du monde. Il ne sera pas interventionniste sur un mode néo-conservateur. Il ne sera pas, non plus, dans une posture de retrait qui prolongerait les années Obama et laisserait en l’état, ou aggraverait, les divers désastres qui en résultent : dissémination de l’islam radical, montée en puissance régionale de l’Iran, avancée de la Chine en mer de Chine du Sud. Il ne fait preuve d’aucune mansuétude envers Vladimir Poutine : il lui montre qu’il le respecte, mais il lui dit fermement que les États-Unis sont de retour. Il n’est pas isolationniste et n’entend pas retirer les États-Unis à l’abri d’une « forteresse Amérique ». Il cite souvent une formule qu’utilisait Ronald Reagan : peace through strength, la paix par la puissance. Il entend replacer les États-Unis en position hégémonique sur la planète, se conduire en allié des pays qui se conduiront en alliés et satisferont les demandes américaines, fixer des lignes rouges aux puissances hostiles en soulignant quelles seront les conséquences si ces lignes rouges sont franchies, mettre hors d’état de nuire quiconque entend concrètement nuire aux intérêts américains. Il pense qu’un retour des États-Unis à la puissance et à la fermeté feront que les demandes américaines seront satisfaites et que les lignes rouges ne seront pas franchies.

Changer Washington


Au sein du contrat passé par Donald Trump avec les électeurs, il y a, outre tout ce qui vient d’être décrit ici, une volonté de ne pas laisser Washington fonctionner comme cela a été le cas ces dernières années. C’est aussi sur ce point que Donald Trump sera un président de rupture.

Il travaillera avec les deux chambres du Congrès. Nombre des nominations qu’il a effectuées, nombre des décisions qu’il entend prendre impliquent et impliqueront l’aval du Congrès. Le fait que le Parti républicain dispose d’une majorité dans les deux chambres lui facilitera grandement la tâche. Il n’oublie pas, néanmoins, que les républicains ont déçu leurs électeurs et qu’il a été élu contre l’establishment du parti qui ne voulait de lui à aucun prix. Il veut  bousculer l’ordre politique établi et prendre des mesures à cette fin. Ces mesures-là seront difficiles à faire adopter. Il veut pourtant qu’elles le soient.

Il entend proposer un amendement à la Constitution visant à empêcher les membres du Congrès à rester indéfiniment en poste, et il veut qu’une limite de durée soit fixée : un amendement à la Constitution doit être proposé par une majorité des deux tiers dans chacune des deux chambres et ratifié par les deux tiers des États par l’intermédiaire de leur corps législatif.

Afin de mettre un terme aux connivences qui ont pu s’établir entre le Congrès, l’administration présidentielle et des puissances étrangères, ou entre le Congrès, l’administration présidentielle et des entreprises se donnant les moyens de bénéficier de faveurs politiques (pratiquant ainsi ce qu’on appelle aux États-Unis le crony capitalism ou capitalisme de connivences), Donald Trump entend, en outre, faire voter une loi interdisant toute activité de lobbying à un ancien membre du Congrès ou à un ancien membre d’une administration présidentielle ; et cela, pour une durée de cinq ans à compter du moment où la personne concernée a quitté ses fonctions si le lobbying est censé s’exercer au bénéfice d’entreprises ou de secteurs économiques, à vie si le lobbying est au service de puissances étrangères.  

Au Congrès, seule une partie des Républicains est prête à voter en faveur de l’amendement à la Constitution et des lois sur le lobbying que Trump a l’intention de leur soumettre. Une majorité est réticente, voire hostile. Les Démocrates, dans leur quasi-totalité, y sont fermement opposés et feront tout pour arrêter Trump.

Des batailles s’annoncent. Elles pourraient être rudes.

La présidence Trump commence. Elle a des allures de mutation radicale. Elle promet d’être passionnante à observer.

Elle devra être scrutée de près, sans jugement hâtif, scrupuleusement. Si elle échoue, les conséquences seront très lourdes, mais il est encore bien trop tôt pour envisager un tel scénario. Si, à l’inverse, la présidence Trump est couronnée de succès, elle pourrait changer les États-Unis et le monde pour plusieurs décennies, et marquer l’Histoire, pour le meilleur. Un homme très respecté aux États-Unis pour sa longue expérience politique et la qualité de ses analyses l’a déclaré récemment. Il s’appelle Henry Kissinger.  



 


Notes :