Politique Internationale - La Revue n°152 - ÉTÉ -

sommaire du n° 152
Canada : une nouvelle génération aux manettes
Article de Anna PELOUAS
Journaliste
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On October 19 2015, the centrist Liberal Party of Canada confounded the pollsters by winning the general election, thanks largely to its 44-year-old leader, Justin Trudeau, who was promptly appointed Prime Minister. A brilliant public speaker, Trudeau had not previously held high office but was no newcomer to Canadian politics. He is the son of Pierre Elliott Trudeau, who led the federal government as Prime Minister from 1968 to 1979 and again from 1980 to 1984. After a decade of Conservative rule, Justin promises to bring in a program that will remind his fellow citizens of his father's glory days: on his watch, the government will give more help to the poor and middle-class, protect the rights of the First Nations (indigenous peoples), and invest massively in education. But the hardest part starts here. The economy has buckled under the pressure of falling commodities prices. How many of Trudeau Jr.'s idealistic projects will it be able to fund?

 


Notes :


(1) « Je serai toujours un fils », admet Justin Trudeau dans son autobiographie, Terrain d'entente, Éditions La Presse, Montréal, 2014.

(2) Interview réalisée par l'auteur avec Raymond Chrétien, janvier 2016 : l'ancien ambassadeur du Canada aux États-Unis et en France, qui a connu Pierre Elliott Trudeau député, puis premier ministre, estime qu'« on a négligé l'immense bagage familial de Justin Trudeau ».

(3) Interview réalisée par l'auteur en janvier 2016 avec Jonathan Kay, qui a aidé Justin Trudeau, en 2013, à rédiger Terrain d'entente, op cit.

(4) Margaret Trudeau, sa mère, déclarait à la chaîne de télévision CBC le 20 octobre 2015 être fière de ce fils qui a passé une grande partie de sa vie à s'améliorer et à parfaire ses connaissances pour atteindre finalement son but. « C'est le rêve de toutes les mères de voir leur fils se réaliser pleinement et exploiter le meilleur de lui-même. »

(5) « Après le décès de mon père, la dernière chose à laquelle je pensais, c'était la politique » : Justin Trudeau, Terrain d'entente, op cit.

(6) « Il faut passer du temps, réellement, avec les gens qu'on souhaite représenter... écouter et assimiler les opinions et valeurs de sa communauté » : Justin Trudeau, Terrain d'entente, op cit.

(7) Interview réalisée par l'auteur avec Jonathan Kay, janvier 2016 : « Ce qui est remarquable chez lui, c'est qu'il est complètement lui-même, sans fard, à l'inverse de beaucoup de politiciens. »

(8) Interview réalisée par l'auteur avec John Saul, janvier 2016.

(9) Sophie Grégoire, La Presse, 22 avril 2013 : « Personne ne va enlever à Justin le travail, l'apprentissage, l'acharnement ni la pureté de son intention. Justin croit sincèrement qu'il y a moyen de faire de la politique autrement, de renverser la machine et de gouverner en étant à l'écoute des gens. »

(10) Justin Trudeau à des étudiants de Saskatoon, le 27 avril 2016 : « J'adore répondre aux questions des étudiants pour voir ce que vous avez en tête... Pour moi, écouter est aussi sinon plus important que de parler. »

(11) Interview réalisée par l'auteur avec Raymond Chrétien : « Il s'est graduellement révélé au pays. Durant cette très longue campagne, on a vu un homme se métamorphoser, un homme qui ne s'est pas vu offrir la victoire sur un plateau d'argent. »

(12) Déclaration publique de Justin Trudeau le 4 novembre 2016 : « Le Canada est peut-être le seul pays au monde à être fort en raison de sa diversité et non en dépit de celle-ci. » Encore une phrase aux accents très paternels !

(13) Interview réalisée par l'auteur avec Raymond Chrétien. Il loue « l'énergie de cette équipe de jeunes qui en veulent, avec un chef qui imprime déjà un élan irréversible, dont les valeurs de gouvernance sont en harmonie avec la nouvelle société canadienne ».

(14) Interview réalisée par l'auteur avec Raymond Chrétien : « C'est un excellent politicien, dans le style comme sur le fond, et qui est bien préparé à gouverner. »

(15) Interview réalisée par l'auteur avec John Saul : « Pierre Elliott Trudeau avait une approche abstraite, intellectuellement classique », tandis que la sienne le serait beaucoup moins. « Il sait bien s'entourer et s'organiser ; il a les idées claires et excelle à transmettre son message. » Après les années Harper, il incarne « le retour à une manière de vivre à la canadienne, avec des débats ouverts, transparents et un gouvernement plus humaniste ».

(16) Interview réalisée par l'auteur avec le sénateur Serge Joyal, ancien ministre sous Pierre Elliott Trudeau, janvier 2016 : pour le fils Trudeau, la famille est « sacro-sainte ».

(17) Justin Trudeau dans Terrain d'entente, op cit. : « Elle me rappelait sans cesse que si je m'étais lancé en politique, c'était pour servir tous les Canadiens et non pour lancer des pointes à mes adversaires. »

(18) Interview réalisée par l'auteur avec Serge Joyal : le jeune Trudeau « a été à la meilleure école de la diplomatie, élevé notamment dans l'antichambre de la Maison-Blanche et du Kremlin ».

(19) En 2000, Fidel Castro assiste à Montréal aux funérailles de Pierre Elliott Trudeau. Justin a 28 ans. Après avoir lu l'éloge funèbre, « il semble presque, raconte sa mère, s'être écroulé sur le cercueil. J'ai voulu me lever pour aller le réconforter. Une main m'a retenue à ma place, celle de Fidel Castro », qui lui souffla : « C'est un homme, Margaret. Un homme. » Margaret Trudeau en libre équilibre, Flammarion, 2010.

(20) Interview réalisée par l'auteur avec Serge Joyal : Justin Trudeau « saura engager le Canada sur la voie d'un rapprochement des antagonismes plutôt que dans l'emploi de la force ».

(21) Interview réalisée par l'auteur avec Raymond Chrétien : « Il n'aimait pas le multilatéralisme et a fortement négligé l'ONU. M. Trudeau voudra au contraire marquer sa différence dans les instances onusiennes comme dans d'autres. »

(22) Interview réalisée par l'auteur avec Raymond Chrétien : le Canada redeviendrait ainsi « une machine à idées, initiant de nouveaux projets multilatéraux, et un médiateur respecté », dans la droite ligne de la politique étrangère de Pierre Elliott Trudeau qui fut un « acteur de premier plan sur les grands enjeux internationaux » de son époque, du dialogue Nord-Sud à la lutte contre la prolifération nucléaire.

(23) Déclaration de Justin Trudeau le 8 février 2016 : « Les populations terrorisées quotidiennement par l'EI n'ont pas besoin de notre vengeance ; elles ont besoin de notre aide. »

(24) Déclaration de Justin Trudeau, le 16 mars 2016 : « Le Canada est de nouveau prêt à s'asseoir au Conseil de sécurité de l'ONU... Il est temps pour le Canada de fournir sa part d'efforts », notamment en retrouvant son « rôle historique comme contributeur clé aux missions de paix des Nations unies, de même qu'en aidant à faire progresser les efforts de réforme ».

(25) Interview réalisée par l'auteur avec Serge Joyal : « Il n'est pas anodin de voir un premier ministre se déplacer, non seulement pour rencontrer des chefs d'État mais aussi pour accueillir à l'aéroport ceux qui frappent à la porte du Canada. »

(26) Interview réalisée par l'auteur avec Philippe Couton, professeur de sociologie à l'Université d'Ottawa, janvier 2016 : « Ce projet humanitaire renoue avec l'empathie qui manquait chez Stephen Harper et qui est une valeur traditionnelle des Canadiens et de Pierre Elliott Trudeau. Ce dernier était généreux avec les immigrés. Opposé à un nationalisme fermé, il fut le père du multiculturalisme. »

(27) Interview réalisée par l'auteur avec Philippe Couton : « Ce sont des valeurs libérales au sens philosophique du terme, non associées au Parti libéral. Après des années de conservatisme, le Canada a pris dans les années 1960 un virage radical, pluraliste et multiculturel, qui est devenu une dimension sociale fondamentale du pays. »

(28) Interview réalisée par l'auteur avec Serge Joyal : « Le grand oeuvre de Pierre Elliott Trudeau aura été cette Charte des droits et libertés dont l'application a refondé le Canada. »

(29) Interview réalisée par l'auteur avec Serge Joyal : il y voit l'illustration du fait que « le rêve du père parvient ainsi à une étape de maturation ».

(30) Déclaration de Justin Trudeau (extraits diffusés le 27 septembre 2015 par CTV News) : « Les terroristes devraient conserver leur citoyenneté canadienne afin d'être jugés et condamnés au Canada, pour qu'ils finissent enfermés en prison pour le reste de leur vie... Un billet d'avion pour la Syrie n'est pas le même genre de punition. Sans compter que si vous rendez la citoyenneté conditionnelle à un bon comportement pour certains, vous diminuez la valeur de la citoyenneté pour tous. »

(31) Déclaration de John McCallum, ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, le 25 février 2016 : « On ne peut faire son choix entre les bons et les mauvais Canadiens. »

(32) Elles comptent 64 % d'Indiens et le reste de métis. La plus importante en nombre d'individus est la Nation Crie (317 000 représentants). Près d'un quart des autochtones vivent en Ontario et plus de 57 % dans l'ouest et le centre du pays.

(33) Déclaration de Perry Bellegarde, le 10 mai 2016 : « Le Canada envoie un message important aux peuples indigènes, à tous les Canadiens et à la communauté internationale pour dire que nos droits sont des droits humains. »

(34) Interview réalisée par l'auteur avec Perry Bellegarde, janvier 2016 : « Les autochtones aspirent à un nouveau partenariat avec le gouvernement fédéral, basé sur une approche de Nation à Nation qui soit respectueuse et permette d'aller de l'avant pour la reconnaissance de nos droits et une vraie coopération. »

(35) Interview réalisée par l'auteur avec Perry Bellegarde : « Nous avions identifié 51 circonscriptions où nous pourrions, par nos votes, faire la différence entre un gouvernement majoritaire ou minoritaire ».