Politique Internationale - La Revue n°131 - PRINTEMPS - 2011

sommaire du n° 131
HONGRIE : UN PASSE QUI NE PASSE PAS...
Entretien avec Marton GYONGYOSI
conduit par
LUC ROSENZWEIG
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Parliamentary member from the Hungarian Jobbik Party ("Movement for a Better Hungary") since 2010, Marton Gyöngyösi represents the far-right faction on the Parliament's foreign affairs committee, of which he is also vice chairman. In this interview with Luc Rosenzweig, Gyöngyösi expounds on his party's controversial views. After winning 16.67% of the vote in Hungary's recent national elections, Jobbik took 47 of the 386 parliamentary seats. Though not part of the ruling coalition led by Viktor Orban, Jobbik nevertheless acts as a stimulus, urging the government parties to adopt an increasingly prickly form of nationalism. Unlike its far-right counterparts in Europe, the party has not made immigration the central focus of its propaganda. However, its anti-Semitic rhetoric and open hostility toward the country's 600,000-strong Roma population make it a spiritual descendant of the Hungarian fascist movements that were active before and during the Second World War.
Notes :

(1) En février 2010, des maisons habitées par des Roms avaient été attaquées à coups de fusil et de cocktail Molotov dans le village de Nagycses en Hongrie orientale. Mis en cause pour ces faits dans la presse, la Garde magyare et le Jobbik ont toujours rejeté toute responsabilité, et affirmé qu'ils avaient, au contraire, contribué à faire baisser la tension.
(2) Arpad est le nom de la première dynastie qui a régné en Hongrie de 896 à 1301, d'après le nom de son fondateur Arpad de Hongrie, duc de 896 à 907. En l'an 1000, Étienne Ie se convertit au christianisme et se fait couronner roi.
(3) Au cours de la campagne européenne de juin 2009, la tête de liste du Jobbik, Krisztina Morvai, avait déclaré : « Je serais heureuse que ceux qui se présentent comme des "juifs hongrois fiers" s'amusent avec leurs petits zizis circoncis au lieu de me diffamer. Les personnes comme vous sont habituées à voir des gens comme nous se mettre au garde-à-vous  chaque fois que vous pétez. Seriez-vous prêts, s'il vous plaît, à comprendre que cela est terminé ? Nous avons relevé la tête et nous n'avons plus besoin de tolérer votre terrorisme. Nous reprendrons notre pays en main. »
(4) Le traité de paix de Trianon est signé le 4 juin 1920 au Grand Trianon de Versailles par les puissances belligérantes de la Première Guerre mondiale : d'un côté le Royaume-Uni, la France, les États-Unis, l'Italie, la Roumanie, le Royaume des Serbes, Croates et Slovènes (qui devient le Royaume de Yougoslavie en 1929) et la Tchécoslovaquie ; de l'autre l'Autriche-Hongrie qui a perdu la guerre et qui y est représentée par la Hongrie (séparée de l'Autriche le 31 octobre 1918). Il fait suite aux traités de Versailles (qui traite le cas de l'Allemagne) et de Saint-Germain-en-Laye (qui définit celui de l'Autriche). La Hongrie est contrainte de céder à ses voisins (Roumanie, Yougoslavie, Tchécoslovaquie) des provinces majoritairement peuplées de Magyars.
(5) On désigne sous le nom de « peuples touraniens » les populations turcophones présentes dans divers pays d'Asie centrale (Turkménistan, Kazakhstan), ainsi que dans la partie occidentale de la Chine (Ouïghours).
(6) Pendant la période communiste, des transferts de populations ont rendu beaucoup plus multiethniques des provinces de Roumanie, de Slovaquie et de Serbie auparavant très majoritairement peuplées de Hongrois.