Politique Internationale - La Revue n°98 - HIVER - 2003

sommaire du n° 98
RÉPONSE À UN ANTI-TCHÉTCHÈNE
Article de Sophie Shihab
Journaliste au Monde
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The Kremlin's position is well-known: the war in Chechnya is only one front in a global crusade against Islamic terrorism. Yet such stereotypes - recited with little questioning in the West - do not match the reality of the situation. Nobody would argue that the Chechens are angels, but it is difficult to automatically assume that they are henchmen of Al-Qaida, particularly given the mastery of the Russians in terms of manipulation and provocation. Consider the 1999 attacks and the pseudo-invasion of Dagestan, which served as a pretext for launching the second war: staged by the FSB. And the seizing of hostages in a Moscow theatre last October? Probably the work of secret services. Kidnappings of foreigners? An activity profitable to both Chechen combatants and the Russian security services. The situation has decayed to such an extent that the only way out is intervention by Western forces, the sole means of restoring order to the massive chaos that is Chechnya today.

Notes :

(1) Alexandre Soljénitsyne, L'Archipel du Goulag, tome 3, Seuil, pp. 324-327.
(2) Depuis mai 2000 et jusqu'à ce jour, les responsables russes ont assuré, de mois en mois, que les " bandits " résiduels étaient au nombre de 1000 à 2000. Chiffre réaliste, et peut-être même exagéré en 2002, s'il s'agit des maquisards basés dans les montagnes boisées. Mais un nombre nécessairement bien supérieur agit ponctuellement, souvent sous couverture légale, dans les localités habitées.
(3) Le Monde du 28 décembre 2001 : " Sur 790 prisonniers non afghans, pas une trace de combattant tchétchène " ; et du 18 février 2002 : " Retour sur le massacre de Qala-e-Jangi ".
(4) Le Monde, " Questions sur une prise d'otages ", 16 novembre 2002.
(5) Le Monde, " Qui a commis les attentats de 1999 ? ", 18 novembre 2002.
(6) Procès de la " bande de Maxim Lazovski ", officier du FSB accusé d'avoir organisé en novembre et décembre 1994 deux attentats attribués alors aux Tchétchènes. Novaya Gazeta du 4 mars 2002 et du 25 mars 2002.
(7) Alexandre Bennigsen, Le Soufi et le commissaire, Seuil, 1986.
(8) Adolphe Bergé, La Tchétchénie et les Tchétchènes, Tiflis, 1859 (pp. 119-121).
(9) Le Monde du 15 février 1992 : " Anarchie en Tchétchénie " ; et du 26 octobre 1992.
(10) Témoignages recueillis auprès d'anciens " apparatchiks ", l'un tadjik, l'autre ouzbek, sur le soutien apporté par le KGB, dès les années 1970, à de jeunes " wahhabites " d'Asie centrale qui contestaient les mœurs " dissolues " et " capitalistes " des mollahs officiels, eux-mêmes contrôlés par le KGB.
(11) Le Monde, " Boris Berezovski apparaît de plus en plus comme le maître du chaos ", 28 septembre 1999.
(12) On peut noter qu'Ourous-Martan, le principal fief de l'opposition tchétchène pro-russe sous Doudaev, fut aussi le principal centre des " Jamaat " wahhabites entre 1997 et 1999.
(13) Témoignage, recueilli par l'auteur, du frère d'un des Tchétchènes ayant participé à l'opération.
(14) Le Monde du 5 février 2001 : " La guerre de Moscou contre l'action humanitaire en Tchétchénie " ; du 7 février 2001 : " Washington doute de la version russe de l'affaire Gluck " ; et du 3 mars 2000 : " Andreï Babitski accuse l'ex-KGB de son enlèvement ".
(15) Nezavissimaïa Gazeta du 19 février 2000 : interview de Mayrbek Vatchagaev, représentant à Moscou du président Maskhadov.
(16) Témoignages recueillis par l'auteur au Yémen, où des parents de volontaires partis pour la Tchétchénie se plaignaient de la " faiblesse d'Al-Qaida " dans ce pays.
(17) TTU, lettre hebdomadaire d'information, " Terrorisme : la règle de l'anticipation ", 21 novembre 2002.
(18) Constatation de l'auteur en mai 2000 au Daghestan et à Bakou.
(19) Témoignage de celui qui était alors son porte-parole en France, Mayrbek Vatchagaev.