POLITIQUE INTERNATIONALE N° 104 - ÉtÉ 2004

Le reseau Zarqawi

Article de Viatcheslav Avioutskii
Docteur en géographie


L'Irak est-il une nouvelle " terre de djihad " ? Un champ de bataille attirant les djihadistes de toutes origines ayant combattu en Afghanistan, au Tadjikistan, en Bosnie, en Tchétchénie et au Cachemire ?
Le djihad est-il toujours seulement le fait de quelques milliers d'illuminés et de fanatiques ? Ou bien est-il, au contraire, en train de s'étendre à la planète entière ? Va-t-il continuer à frapper aveuglément les États-Unis, la Russie, l'Inde et l'Europe occidentale ?
Face à la stratégie du chaos appliquée méthodiquement par Al Qaïda, les pays occidentaux qui se sont opposés à la guerre en Irak pourront-ils échapper encore longtemps à la vague de violence qui balaie actuellement le monde ?
Pour répondre à toutes ces interrogations, il faut étudier l'ennemi de près. Et en effectuant cette analyse, on se rend compte d'une chose : les attentats de Madrid du 11 mars dernier, qui ont fait 190 morts et 1 800 blessés ; la décapitation, début mai, en Irak, du jeune entrepreneur américain Nicholas Berg, filmée et diffusée par Al-Qaïda ; une grande partie des innombrables attentats suicides commis en Irak... Tous ces crimes ont un dénominateur commun : un haut responsable d'Al Qaïda nommé Abou Mouss'ab Al-Zarqawi.
Inconnu du grand public il y a encore quelques mois, ce terroriste " parvenu " remplace progressivement dans l'imagerie collective son parrain Oussama Ben Laden. Un journal américain, The Christian Science Monitor, titrait récemment à propos de Zarqawi : " Un Ben Laden irakien ? "
Insaisissable comme Ben Laden, Zarqawi dirige habilement la guérilla en Irak. Pis : il nargue les Américains qui l'ont cru, pendant un certain temps, mort ou grièvement blessé. Il exécute personnellement Nicholas Berg, enlevé en Irak en avril dernier. Il n'hésite pas à diffuser l'enregistrement, provoquant le dégoût dans l'opinion publique mondiale et une onde de choc aux États-Unis. Ce supplice abject et particulièrement atroce ressemble étrangement à celui d'un autre Américain, lui aussi d'origine juive, Daniel Pearl. Enlevé au Pakistan en 2002 par Al Qaïda, ce journaliste courageux avait été sauvagement égorgé devant la caméra par ses ravisseurs.
Zarqawi doit son omniprésence, sa mobilité et sa réactivité aux réseaux islamistes globaux, qui fonctionnent avec la même efficacité que les réseaux financiers. Leur capacité de reconstitution est remarquable, tout comme leur rapidité d'action. L'exemple le plus évident est celui d'Al Qaïda : après l'intervention américaine en Afghanistan, son centre décisionnel ayant été touché, le réseau s'est reconstitué comme un mutant.
Parfaite illustration de cette aptitude à la régénération : le réseau de Zarqawi (1), démantelé partiellement en Europe occidentale en 2002-2003, qui semble constituer un véritable clone de l'organisation d'Oussama Ben Laden. Un cas d'école, représentatif des nouveaux défis que doivent relever tous ceux qu'Al Qaïda considère comme ses ennemis.
L'Europe occidentale dans la ligne de mire
En 2002-2003, les services spéciaux européens démantelèrent un réseau islamiste qui s'apprêtait à perpétrer des attentats terroristes sur le Vieux Continent. Des cellules furent repérées en France, en Grande-Bretagne, en Espagne, en Italie, en Allemagne et en Suisse. À la tête de ce réseau, un homme : Abou Mouss'ab Al-Zarqawi.
En octobre 2002, le parquet de Paris ouvrit une instruction sur la préparation d'un attentat contre l'ambassade russe dans la capitale française. Cette enquête a été présentée par les médias sous le nom générique de l'" affaire des filières tchétchènes ". En effet, le dénominateur commun des présumés terroristes consistait dans le fait qu'ils étaient tous passés par la Tchétchénie, en 1999-2000.
À la fin de 2002, la police arrêta un groupe d'individus appartenant à ces fameuses " filières tchétchènes ". Une première cellule fut démantelée dans la banlieue nord de Paris (Aubervilliers et Romainville). Un an plus tard, en janvier 2004, la dernière étape de l'opération policière se déroula près de Lyon, où des islamistes proches de l'imam Benchelali furent interpellés. Pendant leur garde à vue, ils avouèrent avoir été impliqués dans la préparation de l'attentat visant l'ambassade russe à Paris.
L'un des fils Benchelali a été capturé en Afghanistan et se trouve actuellement détenu à la base américaine de Guantanamo, en compagnie de plusieurs centaines d'autres combattants d'Al Qaïda (2).
L'enquête a révélé que les terroristes projetaient d'utiliser un agent mortel extrêmement efficace : la ricine. En janvier 2003, des traces de ce poison rare furent également découvertes à Londres (3), où Scotland Yard a démantelé, parallèlement à l'opération de la police française, une autre cellule terroriste (4). Celle-ci était sur le point de frapper le métro londonien, dont la ventilation pouvait permettre la propagation de la ricine (5). La cellule comptait six membres, basés à Londres et à Luton. Ce groupe britannique faisait partie du groupe islamiste Al-Tawhid, directement subordonné à Zarqawi (6).
En avril 2002, neuf membres de la cellule allemande d'Al-Tawhid furent arrêtés en Allemagne. L'un d'entre eux, Shadi Moh'd Mustafa Abdallah, d'origine palestinienne, avait été formé dans un camp d'Al Qaïda en Afghanistan, entre décembre 1999 et mai 2001. Il a avoué avoir été, pendant une certaine période, garde du corps de Ben Laden. En mai 2000, Abdallah a rencontré Zarqawi à Kaboul. Il aurait établi avec lui une relation de confiance (7). Le groupe projetait des attaques contre les intérêts américains et israéliens en Allemagne. Les membres du groupe détenaient des centaines de faux passeports iraniens, irakiens, jordaniens, danois et d'autres pays.
En janvier 2003, une autre ramification du réseau Zarqawi est mise au jour en Catalogne (Espagne). Le juge Garzon, internationalement connu pour avoir poursuivi Pinochet il y a quelques années, est chargé de l'affaire. Cependant, faute de preuves, les individus arrêtés (essentiellement des salafistes algériens) sont relâchés. Mais, en septembre 2003, l'affaire connaît un rebondissement. Un policier espagnol transmet à un laboratoire du FBI des substances chimiques découvertes chez les salafistes et considérées comme inoffensives par la police espagnole. Or les conclusions des tests du FBI relancent l'enquête. Selon les experts américains, il s'agit bel et bien de composants permettant de fabriquer une arme chimique - dite " napalm domestique " - susceptible d'être utilisée pour commettre des actes terroristes (8).
En mars 2004, après les attentats particulièrement meurtriers de Madrid, la police espagnole découvre rapidement les liens existant entre ces attaques et celles perpétrées en 2003 à Casablanca, au Maroc. Une cellule " marocaine " dirigée par Djamal Zougam et Abderrahim Zbakh est démantelée en Espagne. Selon Juan Aviles, un analyste espagnol du Real Instituto Elcano, Zarqawi a peut-être été le cerveau des attentats de Madrid. Ce serait, en tout cas, parfaitement logique dans la mesure où l'objectif affiché des attentats était le retrait d'Irak du contingent espagnol.
Enfin, rappelons qu'en novembre 2003 une autre cellule avait été démantelée à Milan, en Italie. Parmi les interpellés, un certain cheikh Abderazzak, qui avait déjà été arrêté, puis relâché, à Hambourg. Selon la police allemande, Abderazzak aurait été lié aux pilotes des avions du 11 septembre, membres de la cellule de Hambourg. Les policiers italiens, quant à eux, affirment que ce groupe appartient au réseau de Zarqawi, tout comme les cellules d'Allemagne et de Grande-Bretagne (9).
Ces arrestations en série ont révélé un réseau terroriste développé, composé d'anciens combattants de Tchétchénie ou de sympathisants de la cause tchétchène, tous liés à Zarqawi. L'une des particularités de ses membres réside dans le fait qu'ils sont tous des citoyens européens d'origine arabe.
Du fait de l'évocation par les États-Unis du nom de Zarqawi pour justifier l'intervention en Irak, les spécialistes français du terrorisme avaient émis des doutes sur la réalité de ce réseau autonome, appelé Jound al-Chams (une expression habituellement traduite par : " Soldats du Levant ", même si la traduction littérale de l'arabe est " Soldats du soleil " ou " Armée du soleil "). Mais ce réseau existe bel et bien. Il s'agit d'une sorte de clone d'Al Qaïda, qui fonctionne selon une logique propre.
Les " Soldats du Levant " à l'assaut du Moyen-Orient
Abou Mouss'ab Al-Zarqawi, de son vrai nom Ahmed Fadeel Nazzal al-Khalayleh, est un Jordanien de 36 ans d'origine palestinienne. Les services de renseignement occidentaux le considèrent comme le " chimiste " d'Al Qaïda : il serait spécifiquement chargé de la préparation des attentats chimiques. En octobre 2003, sa tête a été mise à prix par les États-Unis. Cinq millions de dollars sont promis à tous ceux qui aideront à le capturer (10).
Son nom devient mondialement connu le 5 février 2003. Ce jour-là, dans son discours au Conseil de sécurité de l'ONU, le secrétaire d'État américain Colin Powell interprète la présence de ce Jordanien en Irak comme une preuve des liens existant entre le régime de Saddam Hussein et Al Qaïda.
Selon Powell, Zarqawi aurait été blessé pendant l'offensive de l'automne 2001 en Afghanistan. Il se serait ensuite réfugié en Iran, puis se serait fait opérer dans un hôpital de Bagdad. Le secrétaire d'État révèle les liens de Zarqawi avec des djihadistes arabes qui se trouvaient aux côtés des indépendantistes tchétchènes dans les gorges de Pankissi (Géorgie). Le chemin de la ricine serait également passé par Pankissi, d'où ce poison mortel aurait été transféré, via les réseaux islamistes turcs, en Europe occidentale. Powell affirme également qu'un certain Abou Atiya, formé dans le camp de Zarqawi, aurait été arrêté et serait passé aux aveux. Selon Atiya, cité par Powell, en 2001, au moins neuf extrémistes d'origine nord-africaine ont été envoyés en Europe et chargés de lancer des attaques chimiques ou biologiques en France, en Allemagne et en Grande-Bretagne (11).
Le discours de Powell a été largement critiqué en France et en Allemagne, pays qui étaient à l'époque, faut-il le rappeler, très activement engagés dans leur opposition à la guerre en Irak. La presse a qualifié ce plaidoyer d'" invention de preuves " destinée à justifier l'intervention américaine contre le régime de Bagdad.
Avec le recul, force est de constater que non seulement les armes de destruction massive (objet principal de l'intervention de Colin Powell) n'ont toujours pas été retrouvées, mais aussi que les Américains n'ont pas réussi à apporter des preuves concluantes de l'existence de liens entre Saddam Hussein et Al Qaïda.
Il n'en reste pas moins que la présence de Zarqawi a été rapportée en Irak, mais également en Iran et en Syrie. Il semble que ce " haut cadre " du terrorisme international circule sans cesse entre ces trois pays afin de coordonner les activités d'une partie de la guérilla anti-américaine en Irak.
L'attentat à la bombe qui a frappé l'ambassade de Jordanie à Bagdad, le 7 août 2003, a été immédiatement attribué à Zarqawi. Rien de plus naturel, puisque son mouvement, Al-Tawhid, se donne pour but le renversement du régime hachémite en place à Amman.
Il faut rappeler que, dans les années 1980, Zarqawi a fait la guerre d'Afghanistan, au cours de laquelle il aurait rencontré Ben Laden. En 1990, il revient en Jordanie où il forme, avec un groupe de militants islamistes, un mouvement sunnite palestinien nommé Al-Tawhid (Unicité de Dieu). Pendant les années 1990, le mouvement s'élargit et s'implante au niveau international. Zarqawi pilote un réseau nommé Jound al-Chams, composé de plusieurs centaines de militants actifs au Moyen-Orient et en Europe occidentale. En 1999, Zarqawi aurait pris contact avec Al Qaïda. Ses militants arrivent alors en nombre en Afghanistan. Ils seront formés au maniement des armes et des explosifs dans des camps de l'organisation de Ben Laden, en particulier dans le camp Al-Faruq. On affirme que Zarqawi les aurait rejoints en Afghanistan. Près de Herat, il aurait formé sa propre cellule, spécialisée dans la fabrication de poisons.
Matthew Levitt, spécialiste du terrorisme au Washington Institute for Near East Policy, a dressé un tableau très complet de Jound al-Chams dans la National Review Online. Selon lui, il s'agit d'un réseau à dimension globale dont les activités s'étendent " de l'Afghanistan jusqu'à la Grande-Bretagne " et qui a noué des liens divers avec d'autres groupes terroristes, tels Ansar al-Islam en Irak, le Hezbollah au Liban, Al-Tawhid en Allemagne et Beyyat al-Imam en Turquie. Selon Levitt, en février 2003, " au moins 116 militants terroristes ont déjà été arrêtés, en France, en Italie, en Espagne, en Grande-Bretagne, en Allemagne, en Turquie, en Jordanie et en Arabie saoudite " (12).
Depuis des années, Zarqawi s'attaque aux intérêts américains et israéliens au Moyen-Orient. Il a été, en particulier, condamné par contumace pour son rôle dans la préparation de l'explosion (finalement déjouée) de l'hôtel Radison SAS à Amman, prévue pour la veille du Nouvel an du millénaire, en décembre 1999 (13).
Les islamistes tchétchènes sur tous les fronts
Avant de parler des liens existant entre les islamistes tchétchènes et Al Qaïda, il faut dire très clairement que la chasse aux terroristes internationaux lancée par Vladimir Poutine ne saurait en aucun cas justifier les innombrables souffrances subies par le peuple tchétchène depuis dix ans. Prise entre deux feux, la population est la première victime des deux guerres particulièrement violentes qui se sont déroulées dans cette république nord-caucasienne en 1994-1996 et en 1999-2002. De nombreux témoignages incontestables attestent le comportement inique de l'armée russe (14). Rapines, meurtres, viols et kidnappings sont monnaie courante.
C'est notamment en profitant du ressentiment des civils tchétchènes à l'égard des Russes que l'extrémisme religieux s'est fortement développé en Tchétchénie. Au cours de ces dernières années, il a noué des relations étroites avec des organisations islamistes internationales. Et si des combattants musulmans viennent prêter main-forte à la guérilla tchétchène, l'inverse est vrai aussi.
Depuis la chute de Saddam Hussein, on a beaucoup entendu cette antienne : " Les islamistes tchétchènes affluent en Irak. " Fantasme de journalistes russes ou occidentaux ? Intoxication orchestrée par le Kremlin ?
Cette information est, en tout cas, étayée par des sources aussi diverses que nombreuses.
Connu pour son sérieux, le quotidien britannique The Times rapportait ainsi, en avril 2003 : " Les Américains affirment qu'ils ont capturé des Tchétchènes qui combattaient dans des unités de fedayins près de Bagdad " (15).
Se basant sur des informations émanant des services secrets américains, une source israélienne rapporte l'arrivée en Irak de combattants tchétchènes en juin 2003. Elle cite un rapport présentant cinq composantes de la guérilla sévissant en Irak contre l'armée américaine : 1) l'Armée de Mahomet (baasistes) ; 2) les " drapeaux noirs " (Syriens) ; 3) les nasséristes irakiens ; 4) les " wahhabites " ; 5) la branche militaire d'Al-Awda (Le Retour). Les combattants tchétchènes auraient rejoint le groupe des " wahhabites " via des filières saoudiennes.
En novembre 2003, un journal koweïtien rapportait qu'une organisation nommée Al-Manarah recruterait des militants appartenant à des réseaux islamistes. Il révèle également que des kamikazes impliqués dans les attentats suicides sont venus en Irak du Soudan, du Yémen et de Tchétchénie. Le journal précise que les combattants arrivant de Tchétchénie ne sont pas " des musulmans étrangers passés par la Tchétchénie pour combattre les Russes ", mais bien des Tchétchènes. Il affirme enfin que le chef de guerre arabe en Tchétchénie, Abou Al-Waleed, membre d'Al Qaïda, envoie " ses combattants tchétchènes en Irak via la Syrie, la Turquie et l'Iran " (18).
Il faut également remarquer que l'attentat suicide de Riyad, le 12 mai 2003, est survenu 14 heures seulement après un attentat analogue commis à Znamenskoïe, en Tchétchénie. En juillet 2003, un spécialiste reconnu d'Al Qaïda, Rohan Gunaratna, a mis en évidence le lien existant entre ces deux attentats dans son témoignage devant la Commission nationale sur les attaques terroristes contre les États-Unis. Selon Gunaratna (19), ces deux attaques ont été perpétrées par Al Qaïda. Il confirme que le chef des moudjahidines arabes en Tchétchénie est Abou Al-Waleed, dont le vrai nom est Mohammed Al-Ghamdi. Cet homme est le cousin de deux frères d'origine saoudienne qui appartenaient au commando du 11 septembre : Ahmed Al-Ghamdi et Hamza Al-Ghamdi (20). Précisons que ces deux frères avaient participé à la deuxième guerre de Tchétchénie, en 1999-2000, avant de se rendre aux États-Unis. On soupçonne en outre deux autres kamikazes du 11 septembre d'avoir participé au djihad tchétchène : les frères Nawaf et Salim Al-Hazmi (21).
Tous ces faits restent cependant à vérifier et doivent être maniés avec prudence. Une guerre est en cours, et sa couverture médiatique a été - et reste sans aucun doute - soumise à un certain contrôle. Mais ces informations, le plus souvent issues de sources américaines, témoignent d'un changement d'attitude de la Maison-Blanche envers le conflit tchétchène. Pour mieux comprendre ce tournant, qui a facilité le rapprochement russo-américain après le 11 septembre, il nous faut revenir sur l'histoire du conflit tchétchène et sur le rôle qu'y ont joué les moudjahidines arabes vétérans d'Afghanistan, connus sous le nom générique d'" Arabo-Afghans ", dont le plus célèbre n'est autre qu'un certain Oussama Ben Laden.
À la veille de la guerre d'Irak, en février 2003, l'administration américaine se résout à inscrire trois groupes militaires tchétchènes sur sa liste des " organisations terroristes étrangères ". Il s'agit de : 1) " Riyadus-Salikhin ", groupe également connu sous le nom de " Bataillon de reconnaissance et de sabotage des martyrs tchétchènes ", qui a revendiqué la prise d'otages de la rue Doubrovka (octobre 2002) ; 2) la Brigade islamique internationale de maintien de la paix (sic) ; et 3) la Brigade islamique spéciale (22).
Cette décision (23) était probablement destinée à obtenir le soutien de la Fédération de Russie au moment où un axe russo-franco-allemand anti-guerre était en train de se former (24). Selon cette hypothèse, on peut imaginer que les Américains avaient jusque-là gardé secrètes les informations dont ils disposaient au sujet de la présence de Tchétchènes en Afghanistan, afin de s'en servir en tant que monnaie d'échange en vue d'un ralliement de Moscou à leur intervention.
Quoi qu'il en soit, cette qualification des commandos tché-
tchènes de " terroristes " a coïncidé avec les affirmations de Colin Powell. D'ailleurs, le secrétaire d'État, dans son fameux discours du 5 février 2003 devant le Conseil de sécurité de l'ONU, a personnellement établi un lien entre Al Qaïda et la guérilla tchétchène (25).
Nous avons mentionné, plus haut, l'attentat de Riyad du 12 mai 2003. Paul J. Saunders, le directeur du Nixon Center (think tank associé à la revue National Interest, issue des milieux conservateurs américains), parle ouvertement des liens entre Al Qaïda et des groupes terroristes de Tchétchénie. Il cite un responsable gouvernemental saoudien selon lequel un certain Khaled Jehani, leader d'une cellule d'Al Qaïda, est responsable de l'attentat de Riyad. Jehani a combattu en Tchétchénie, mais aussi en Afghanistan et en Bosnie. Et Saunders de conclure qu'il est " de plus en plus clair que la guerre en Tchétchénie est très loin d'être une affaire strictement intérieure " (26).
Saunders ne fait qu'exprimer le point de vue officiel américain, selon lequel les rebelles tchétchènes ont des liens avec l'organisation de Ben Laden (27). Cette prise de conscience remonte, bien sûr, au choc du 11 septembre, qui a donné lieu à un grand coup de filet dans les milieux islamistes aux États-Unis. À l'automne 2001, une fondation islamique basée à
Chicago - la Benevolence International Foundation - a été fermée et son directeur, Enaam Arnaout, un Américain d'origine syrienne, accusé d'avoir financé Al Qaïda et la guérilla tché-
tchène. Le représentant en Tchétchénie de cette fondation était un certain As-Saif Al-Islam Al-Masri, membre du conseil militaire d'Al Qaïda. Il a été impliqué dans l'organisation des attentats contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie en 1998.
Faute de sources fiables, il est impossible de reconstituer l'histoire des relations entre la guérilla tchétchène et Al Qaïda. Naturellement, ceux qui y sont impliqués ne sont guère désireux de témoigner. Toutefois, en changeant de niveau d'analyse, nous pouvons reconstituer une nébuleuse de militants qui repose sur une profonde solidarité idéologique renforcée par des relations personnelles étroites. L'exemple de quelques parcours individuels permet de comprendre l'importance de l'islamisme au sein de la guérilla tchétchène et la place des islamistes tchétchènes dans les filières d'Al Qaïda.
Combattants du djihad
Abou Al-Waleed, de son vrai nom Mohammed Al-Ghamdi (28), naît en 1967 à Nadjran (Arabie saoudite), près de la frontière avec le Yémen. Au sein de la Garde nationale, l'unité d'élite saoudienne, il est formé au maniement des explosifs. Il accomplit ses premiers faits d'armes dans le sud de l'Arabie saoudite, où se trouvaient les bases arrière de l'Armée de libération du Yémen. En 1987, Abou Al-Waleed se rend à Peshawar, puis en Afghanistan, où il participe à des attaques contre l'armée soviétique. En 1993, il part pour la Bosnie. Il y guerroie aux côtés de 300 Arabo-Afghans. Les combattants arabes étaient réunis dans le 7e bataillon de l'armée régulière bosniaque, commandé par un certain Abou Abdel-Aziz, un musulman indien qui avait bataillé en Afghanistan et au Cachemire (29).
Al-Waleed réapparaît au printemps 1995 en Tchétchénie en compagnie de Khattab (30) et d'autres chefs de guerre arabes (31).
En Tchétchénie, Abou Al-Waleed représente Al-Tanzim Al-Khas (Organisation spéciale), un groupe affilié aux Frères musulmans. Rapidement, il devient l'adjoint de Khattab. Il participe à toutes les opérations militaires des moudjahidines et s'occupe de la gestion des camps d'entraînement. Il contribue, en particulier, à la préparation et à la mise en œuvre de l'invasion du Daghestan, à l'été 1999, par les combattants de Bassaev et de Khattab. En avril 2000, Al-Waleed dirige l'attaque contre le 51e régiment de parachutistes de Toula en Tchétchénie, qui fera 15 morts et 6 blessés. L'année suivante, il est accusé d'avoir préparé l'attentat à la bombe d'Astrakhan (7 morts, plus de 50 blessés). On lui impute également l'attentat de Kaspiïsk (Daghestan), de mai 2002 (plus de 40 morts).
Un journal russe spécialisé le qualifie de " plus pragmatique, plus cultivé et moins fanatique " que Khattab. En mars 2002, après la mort de ce dernier, Abou Al-Waleed lui succède. Des cinq combattants arabes présents en Tchétchénie ayant connu personnellement Ben Laden, Al-Waleed est le dernier encore en vie. Il aurait conservé des liens avec des milieux islamistes internationaux, notamment avec Abou Mahdjan, un des leaders du groupe islamiste libanais Ousbat Al-Ansar ; avec le cheikh Yunis Katiba (Katiba al-Khoudani), son intermédiaire pour traiter avec les structures islamistes des Émirats arabes unis, du Qatar et de l'Arabie saoudite ; avec un représentant des Frères musulmans, le Jordanien Abou-Hafs ; avec le Libanais Abou-Saib (Bil'al H'azal), qui réside en Australie et maintient le contact avec des organisations islamistes situées au Pakistan et en Afghanistan ; et aussi avec Abou-Khadjar, qui partage son temps entre l'Azerbaïdjan et les pays du Golfe. Selon des médias koweïtiens, au cours de ses deux derniers voyages dans les pays du Golfe, Abou Al-Waleed aurait rencontré un Ouzbek afghan, un certain Hodji Djamchid. Ce dernier réside depuis les années 1970 en Arabie saoudite. Il semble que Djamchid ait servi de relais aux Saoudiens pour financer, au Tadjikistan, l'Opposition tadjike unie (dominée par les islamistes) qui s'opposait aux forces prorusses du président Rakhmonov (32).
À plusieurs reprises, l'armée fédérale a annoncé la mort d'Abou Al-Waleed. Mais l'islamiste saoudien dirigerait toujours des combattants arabes en Tchétchénie. Il est régulièrement apparu sur Al-Djazira, même si sa dernière interview à la chaîne arabe remonte à novembre 2003. À cette occasion, Al-Waleed avait annoncé : " La résistance tchétchène a décidé d'exporter les opérations militaires à l'extérieur de la Tchétchénie ", c'est-à-dire en Russie (33). Les attentats commis en décembre 2003 à Essentouki (Territoire de Stavropol) et à Moscou ont confirmé ces déclarations. En avril 2004, un site indépendantiste a annoncé la mort d'Al-Waleed. Mais cette information doit être prise avec des pincettes.
Nous avons déjà évoqué un autre militant d'Al Qaïda, Cheikh Abou Omar Muhammad As-Seif (connu également sous le nom d'As-Saif Al-Islam Al-Masri), impliqué dans la Benevolence International Foundation (Chicago). Cet Égyptien aurait participé en octobre 1993 à l'attaque contre les Américains en Somalie. Après le 11 septembre, Al Qaïda a décidé de promouvoir une nouvelle génération de leaders, parmi lesquels As-Seif, Saif Al-Adel et Ramsi Binalshibh. Ce dernier, chargé de la logistique des attentats du 11 septembre, aurait été arrêté en septembre 2002 au Pakistan.
As-Seif est également connu sous le nom de Muhammad bin Abdallah bin Seif al-Jaber. Considéré comme le plus important leader islamiste en Tchétchénie après Abou Al-Waleed, il figure sur la liste des personnes les plus recherchées par le gouvernement saoudien.
Au cours du procès des auteurs des attentats à la bombe contre les ambassades américaines de Dar es-Salaam et de Nairobi, Jamal Ahmed Al-Fadl, un témoin d'origine soudanaise, bon connaisseur d'Al Qaïda, a précisé le rôle qu'y joue As-Seif. Selon lui, le cheikh appartiendrait au cercle des intimes de Ben Laden et serait l'un des quinze membres du conseil militaire d'Al Qaïda. À ce titre, il serait chargé de préparer les attentats contre les ambassades ainsi que de conduire le djihad en Tché-
tchénie (34). Au total, As-Seif aurait passé plusieurs années en Tchétchénie, avant de disparaître, après le début de la deuxième guerre.
Il réapparaît sur une cassette vidéo, sur laquelle on le voit commenter le testament des kamikazes morts dans les attentats du 12 mai 2003 à Riyad. Diffusé sur un site Internet d'Al Qaïda, l'enregistrement commence par des extraits de précédents discours de Ben Laden et se poursuit par ce récit d'As-Seif : " Il incombe à tous ceux qui en sont capables de frapper les Américains et leurs alliés déployés dans les pays limitrophes de l'Irak et dans les pays depuis lesquels ils attaquent l'Irak. Ces forces sont venues pour combattre l'islam et non pour chercher la paix. L'appel à signer des accords avec eux équivaut à signer des accords avec les Juifs en Palestine. Les dirigeants corrompus ne peuvent pas arrêter le djihad, qui est irrévocable. Il ne faut pas obéir à tous ceux qui appellent [à se révolter] contre Allah " (35).
Après la diffusion de cet enregistrement, l'administration américaine a toutes les raisons de croire qu'As-Seif a servi d'intermédiaire dans l'organisation simultanée des attentats de Znamenskoïe et de Riyad, le 12 mai 2003.
En guise de conclusion
Les réseaux islamistes se globalisent. La menace terroriste devient planétaire et n'épargne aucune nation occidentale, indépendamment de son opposition ou de son soutien à la guerre d'Irak.
Le pyromane Ben Laden (selon l'expression d'Éric Denécé) a mis en mouvement des centaines, voire des milliers de soldats du djihad. Dans leurs discours, Ben Laden et Zarqawi tentent de déstabiliser les relations islamo-occidentales, en soufflant sur les braises de la guerre sainte. Leur militantisme risque-t-il de contaminer les sociétés musulmanes ?
Une chose est sûre : l'idéologie ne peut être combattue sur un champ de bataille. Les chars et les missiles restent impuissants face à la propagation du fanatisme. Il est temps d'utiliser des moyens autres que militaires pour bloquer l'expansion de la nébuleuse Al Qaïda.
Le terrorisme islamiste ne constitue pas une menace moins importante que le fut jadis le bolchevisme de la première heure, dont le but ultime était de convertir le monde entier au communisme. Faut-il rappeler que, de façon très sérieuse, le régime bolchevique projetait le débarquement de l'Armée rouge en Inde et la prise du contrôle des détroits du Bosphore et des Dardanelles ? Selon George Kennan, éminent diplomate américain et inspirateur de la doctrine du containment, seul l'endiguement était susceptible de venir à bout du communisme triomphant de Staline de l'après-Seconde Guerre mondiale (36). La même analyse vaut aujourd'hui pour l'islamisme.
Plutôt que de s'attaquer aux conséquences de l'idéologie islamiste - le terrorisme -, il faut étouffer son espace nourricier.
Où sont les télévisions européennes en langue arabe, persane et turque, prêchant la démocratie, la liberté des femmes et les droits de l'homme ? Les États-Unis, eux, investissent massivement dans des chaînes de télévision en langues non européennes, lesquelles sont censées défendre et expliquer leur politique étrangère et rendre leur civilisation plus accessible. La création par Washington de Middle East Television Arab Network au début de l'année 2004 en est un exemple. L'administration Bush a investi plus de 30 millions de dollars dans ce projet, destiné à faire concurrence à Al Djazira (37). Où sont les aides financières ciblées (Banque mondiale) qui réduiraient la misère et la pauvreté sur lesquelles l'islamisme prospère ? Où sont les Alliances françaises (38), les Instituts Cervantes (39) et les Goethe-Instituts (40) qui fleurissent en Occident et brillent par leur absence dans le monde musulman ?
Il est temps, tout en continuant de s'opposer fermement aux terroristes et aux " États voyous ", de diversifier les moyens. La menace islamiste prend en effet une tournure multiforme, confuse et durable. Seule une stratégie patiente et résolue nous permettra d'en venir à bout.



 
Notes de :

(1) Selon le site américain consacré aux terroristes les plus recherchés (http ://www.rewardsforjustice.net/english/wanted_captured/Al_Zarqawi.htm), Abou Mouss'ab Al-Zarqawi serait lié de longue date à la direction d'Al-Qaïda. Il est considéré comme un proche associé d'Oussama Ben Laden et de Saif Al-Adel.
(2) Il s'agit de Mourad Benchelali. Les autres Français détenus à Guantanamo sont Nizar Sassi, Khaled Ben Mustapha et Ridwan Khaleed.
(3) " Al-Zarqawi believed to be behind ricin plot ", AFP, 27 janvier 2003.
(4) Jason Burke, " Terror cell's UK poison plot. Revealed : Islamic extremists' plan to hit civilian targets ", The Observer, 25 mai 2003.
(5) Guido Olimpio, " La caccia ai nuovi chimici di Al Qaeda : "Addestrati dai ceceni all'uso dei veleni" ", Corriere Della Sera, 17 janvier 2003.
(6) Selon les services secrets allemands, les membres du groupe - essentiellement d'origine jordanienne et palestinienne - avaient projeté d'utiliser le poison pour commettre plusieurs attentats sur le territoire britannique. Un religieux d'origine jordano-palestinienne, Abou-Qoutada, est considéré comme l'inspirateur idéologique de la cellule. Il se trouve actuellement dans la prison de Belmarsh. Un membre du groupe Shadi Abdalla a avoué ses liens avec Ben Laden en affirmant que la base d'Al-Tawhid en Grande-Bretagne était située à Luton. Jason Burke, op. cit.
(7) " Terror Suspect Trial Begins in Germany. The Trial of a Jordanian man accused of plotting terrorist attacks in Germany as a part of an al Qaeda affiliated group has begun in the German city of Düsseldorf ", Deutsche Welle, 24 juin 2003.
(8) " La Policía detiene a 16 presuntos terroristas islámicos vinculados con Al Qaeda ", 24 janvier 2003, http ://www.mir.es/oris/lucha/2003/p012401.htm.
(9) " Conclusa Operazione Contro Cellula Al-Qaeda a Milano ", 28 novembre 2003, AGI, 9 :27, http ://it.news.yahoo.com/031128/203/2jpi2.html.
(10) " Millionen-Kopfgeld auf Abu Mussab al Zarqawi ", NetZeitung, 30 octobre 2003, http ://www.netzeitung.de/spezial/kampfgegenterror/259910.html.
(11) Colin L. Powell, " Remarks to the United Nations Security Council ", 5 février 2003. http ://www.state.gov/secretary/rm/2003/17300.htm.
(12) Matthew Levitt, " The Zarqawi Node in the Terror Matrix. Linking the Terrorists ", National Review Online. http ://www.nationalreview.com/comment/commentlevitt020603.asp.
(13) Matthew Levitt, " Untangling the Terror Web : The Need for the Strategic Understanding of the Crossover Between International Terrorist Groups to Successfully Prosecute the War on Terror ", témoignage de M. A. Levitt, The Washington Institute for Near East Policy, 22 octobre 2003.
(14) Comité Tchétchénie, Tchétchénie, Dix clés pour comprendre, La Découverte, 2003 ; F. Longuet Marx (sous la dir.), La guerre jusqu'au dernier ?, Mille et Une Nuits, 2003 ; A. Politkovskaia, Tchétchénie, le déshonneur russe, Buchet/Chastel, 2003.
(15) " Saddam's Secret Foreign Legion ", The Times, 12 avril 2003.
(18) Isam Fahim, " Al-Manarah Organization Supplies the Iraqi Arena With Would-Be Suicide Bombers ", Al-Ra'y Al-Amm (Koweït), 5 novembre 2003.
(19) R. Gunaratna, Inside Al Qaeda. Global Network of Terror, Allen and Unwin, Londres, 2002.
(20) Debka file, Political analysis, Espionage, Terrorism Security, BKA, POB 49187, Jerusalem 91491, Israel, http ://www2.debka.com/doc/weekly.php.
(21) " Chechens Join Iraqi Guerrillas ; Syrian "Black Flags" Sabotage Iraki Oil ", Debka-Net-Weekly 121, Debka file, 19 août 2003, www2.debka.com/doc/weekly.php.
(22) National Commission on Terrorist Attacks upon the United States, audition publique du 9 juillet 2003.
www.9-11commission.gov/archive/hearing3/9-11Commission_Hearing_2003-07-09.htm.
(23) Jamal Khashoggi, " Hijacker list raises more questions ", Arab News, 22 septembre 2001.
www.islamonline.net/English/News/2001-08/09/article7.shtml.
(24) Pour comprendre l'impact de la prise d'otages de la rue Doubrovka sur la décision du Département d'État d'inclure les groupes tchétchènes dans la " liste noire " des organisations terroristes internationales, il faut se référer au sténogramme du porte-parole Richard Boucher : US Department of State, Daily Press Briefing, Washington, DC, 28 février 2003. www.state.gov/r/pa/prs/dpb/2003/18087.htm.
(25) Douglas Birch, " Powell links al-Qaeda to attacks in Russia, U.S. tells Kremlin it sees evidence of terror in Chechnya ", Baltimore Sun, 6 février 2003.
(26) Le 21 mars 2003, dans un entretien à la télévision russe, Colin Powell a donné une autre liste des organisations terroristes tchétchènes incluse dans la liste des organisations terroristes étrangères : le " Bataillon des Martyrs " ; la " Mejlis-al-Choura militaire suprême - Forces unies des moudjahiddines caucasiens " ; et le " Congrès des Peuples d'Itchkérie et du Daghestan ".
(27) " War on Terror ", avril 2003, www.amnesty.org.il/irak/30april.html ; " US To Blacklist Chechen Groups ", BBC, 21 février 2003, news.bbc.co.uk/1/hi/world/europe/
2786725.stm.
(28) Selon une autre source, son prénom est Abd al-Aziz. Andrew McGregor, " Chechnya : Amir Abou al-Walid and the Islamic component of the Chechen war ", Central Asia-Caucasus Analyst, 26 février 2003 ; www.religioscope.info/article_88.
shtml.
(29) Paul J. Saunders, " The bombings in Riyadh : some thoughts on the war on terrorism ", 15 mai 2003, http ://www.washtimes.com/upi-breaking/20030515-035518-8401r.htm.
(30) De son vrai nom Samir Saleh Abdullah Al-Suwailem, le chef de guerre Khattab est né en 1969 en Arabie saoudite. En 1987, il se rend en Afghanistan pour participer au djihad contre les Soviétiques. En 1993-1995, Khattab combat au Tadjikistan. En 1995, il rejoint la Tchétchénie. Il y participe aux deux guerres, en 1995-1996, puis de 1999 à 2002. En mars 2002, il meurt dans des conditions suspectes. Selon une version persistante, il aurait été empoisonné par le FSB.
(31) E. Kohlmann, " The Legacy of the Arab-Afghans : a Case Study ", Georgetown University, 17 avril 2001.
(32) E. Kroutikov, " L'argent du djihad " ; M. Falkov, " Le successeur de Khattab : le dossier d'Abou Al-Waleed ", Soverchenno Sekretno-Versiya (Moscou), no 42, 28 octobre 2002.
(33) " Abu-al-Walid says Chechnya war to spread to rest of Russia ", Al Djazira, 19 novembre 2003, BBC Monitoring, www.monitor.bbc.co.uk.
(34) " U.S. Embassy Bombing Transcript Day 2. Transcript of the trial of suspected al-Qaeda militants in connection with the bombings of the American embassies in Kenya and Tanzania on 7 August 1998 ", 6 février 2001, http ://www.ict.org.il/documents/
documentdet.cfm ?docid=43.
(35) http ://1.anwar-islam.com/V/L/1.rm. Traduit en anglais sur le site du Middle East Media Research Institute, Special Dispatch Series, no  597, 27 octobre 2003 : " Al-Qaeda Fighters On Attacks Against Americans, Part II ".
(36) G. F. Kennan (pseudonyme " X "), " The sources of the Soviet conduct ", in Foreign Affairs, no 25, 1947, pp. 566-582.
(37) Voir, à ce sujet : Harold C. Pachios, " Televising Balanced, Fair News : New Arabic Network Will Provide America a Voice in the Middle East ", Los Angeles Daily Journal, 28 mars 2003, http ://www.state.gov/r/adcompd/rls/19557.htm ; " Bush Appears on New Middle East Network ", The New York Times, 19 février 2004.
http ://www.memri.org/bin/articles.cgi ?Page=archives&Area=sd&ID=SP59703.
(38) Seules 31 Alliances françaises sur 784 se trouvent dans des pays musulmans. Voici la liste des pays musulmans dépourvus d'Alliance française : Afghanistan, Algérie, Arabie saoudite, Iran, Irak, Yémen, Oman, Syrie, Jordanie, Tunisie, Libye, Turquie. Voir : www.alliancefr.org.
(39) Il est vrai que 11 des 43 Instituts Cervantes se trouvent dans le monde musulman : en Algérie, au Maroc, en Tunisie, en Jordanie et en Syrie. Toutefois, la plupart d'entre eux sont concentrés dans un seul pays (le Maroc), tandis qu'aucun institut n'a été ouvert en Égypte, au Pakistan, en Arabie saoudite, ou en Indonésie. www.cervantes.es.
(40) Seuls 17 sur 126 Goethe-Instituts se trouvent dans le monde musulman. www.goethe.de.