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En écrivant que " la parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée ", Talleyrand n'avait probablement pas en tête ce Numéro d'automne de Politique Internationale ! Analystes et acteurs de la scène planétaire s'y expriment, en effet, à mots découverts et sans jamais recourir à la langue de bois dont sont coutumières les Chancelleries. Qu'on en juge.
Dans ces pages, Ariel Sharon révèle les véritables raisons du retrait de Gaza et en soupèse les risques et les atouts. Jean-Claude Juncker (Premier ministre du Luxembourg, Président de l'Eurogroupe) et Peter Mandelson (commissaire européen au Commerce, ancien ministre de Tony Blair) évaluent l'ampleur de la crise que traverse notre Vieux Continent. Du fond de sa cellule, l'oligarque russe Mikhaïl Khodorkovski, dans un entretien exceptionnel, dénonce les tares du " système Poutine " et propose des réformes audacieuses pour sortir son pays de l'ornière. Le Président du Pakistan Pervez Musharraf explique, en connaissance de cause, comment l'on passe du statut d'État-voyou à celui de partenaire courtisé de l'Occident. Le chef de l'État afghan, Hamid Karzaï, livre la recette-miracle qui devrait lui permettre de substituer la stabilité et la démocratie à une situation toujours marquée par les attentats meurtriers, le clientélisme, la corruption et le trafic de drogue. Last but not least : Lee Kuan Yew, le père de l'indépendance de Singapour, a accepté, pour nous, de sortir de son influente retraite afin de commenter les turbulences asiatiques et d'offrir en exemple au monde l'île-État qu'il a façonnée pendant quatre décennies.
À cette impressionnante cohorte de dirigeants illustres, nous avons associé, comme à l'accoutumée, les meilleurs experts. Ceux qui décryptent les événements et les resituent dans leur contexte. Du défi nucléaire iranien (que vient de mettre en exergue l'attribution du prix Nobel de la Paix à l'Agence de Vienne et à son directeur général) aux incertitudes balkaniques, des affrontements irakiens à la flambée des prix du pétrole, il n'est pas, je crois, un thème d'actualité majeur qui ait échappé à la vigilance des spécialistes auxquels nous avons ouvert nos colonnes ce trimestre.
" Il y a deux choses à craindre dans le monde actuel - écrivait Paul Valéry : l'ordre et le désordre. " On conviendra que nous avons, cette fois encore, tenté de naviguer entre ces deux récifs.
À toutes et à tous : bonne lecture. |