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Brigitte Adès Directrice du site |
Patrick
WAJSMAN
Directeur de la revue |
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Trois dossiers-clés font, ce trimestre, la Une des médias. Trois dossiers sur lesquels notre Rédaction a braqué le projecteur. - La crise en Europe : peut-on échapper à ces turbulences économiques et financières, à quelles conditions et à quel coût ? Quelle doit être, dans cette tempête, la contribution des gouvernements, des banques, de Bruxelles ? De quel poids pèsera le couple franco-allemand ? Quel sera, au final, le destin de la zone euro et celui de la monnaie unique ? Jusqu'où est-il concevable qu'aille la solidarité entre États dans une Europe trop grande pour être unie et trop petite pour être divisée ? Pour répondre à ces questions essentielles, nous avons donné la parole à ceux qui, de part et d'autre de l'Atlantique, décryptent l'événement, l'influencent ou le font. Les uns et les autres tentent de dessiner le visage de l'avenir et renvoient, en filigrane, à cette belle inquiétude de Paul Valéry dans La Crise de l'esprit : « L'Europe deviendra-t-elle ce qu'elle est en réalité, c'est-à-dire un petit cap du continent asiatique ? Ou bien l'Europe restera-t-elle ce qu'elle paraît, c'est-à-dire la partie précieuse de l'univers terrestre, la perle de la sphère, le cerveau d'un vaste corps ? » * - L'Amérique d'Obama. Apparemment, « The Magic is Gone »... L'extraordinaire espérance qu'avait fait lever le Président américain au lendemain de son élection de 2008 va-t-elle continuer de s'effriter ? Celui qui s'engageait à apprivoiser la dureté des temps et invitait ses compatriotes à reprendre le rêve où ils l'avaient laissé n'est-il pas, à son corps défendant, en train de rendre possible la victoire d'un Républicain en 2012 ? Et si tel était le cas, quelle influence exerceraient sur ce nouveau Président les populistes du Tea Party, ce puissant mouvement qu'inspirent les thèses ultra-individualistes de l'école libertarienne ? Wait and see... * - Les suites du « printemps arabe ». Nous avons longuement analysé, dans nos livraisons précédentes, les révoltes populaires en Tunisie et en Égypte. Ce Numéro d'automne scrute les développements en Libye et en Syrie. Il tente, par surcroît, d'évaluer l'impact de ces « intifadas démocratiques » sur les chances de paix au Proche-Orient. S'il est vrai qu'une crise n'est pas seulement un péril mais aussi, souvent, une occasion à saisir, alors l'espoir reste permis. * Cette actualité brûlante ne pouvait nous dispenser d'attacher notre attention à quelques autres sujets importants que les contraintes médiatiques ont provisoirement relégués au second plan : de l'irruption d'Internet dans les relations internationales aux nouvelles formes de terrorisme, du processus électoral en Afrique au modèle de coopération nordique, nous avons choisi, cette fois encore, d'épouser la diversité du monde...
Un dernier mot pour signaler à nos lecteurs qu'ils découvriront, dans ce même numéro de Politique Internationale, un fort stimulant Cahier spécial consacré au ferroviaire en Europe. Au moment où s'ouvrent en France les Assises du ferroviaire, peu de temps après la publication par la Commission de Bruxelles d'un Livre Blanc sur les transports, il nous a semblé utile d'ouvrir nos colonnes aux personnalités, parmi les plus influentes, qui réfléchissent à l'avenir des communications sur notre continent. Une autre façon de penser les liens entre Européens. On le voit : nous voilà revenus à Paul Valéry !
À toutes et à tous : bonne lecture. Patrick Wajsman et Brigitte Adès
PS: Thérèse Delpech nous a quittés, brusquement, sans prévenir, avec la pudeur et la distinction qui la caractérisaient. Never explain, never complain... Elle était, depuis des années, l’un de nos auteurs les plus fidèles et les plus talentueux. Nous admirions sa compétence et aimions sa passion, ses fulgurances, sa conviction dévastatrice. Le compromis intellectuel et le “prêt-à-penser” étaient totalement étrangers à sa nature. Madame Delpech traçait sa route, toujours rectiligne, à la pointe de ses idées. Raffinement dans le comportement, respect des autres, force dans l’expression des idées, coeur généreux. Nous publions, dans ce Numéro d’Hiver de Politique Internationale (qui paraîtra tout début février) un excellent article d’elle. Comment aurions-nous pu savoir qu’il s’agissait d’un adieu ? Nous n’entendrons plus, au téléphone, son fameux “ C’est Thérèse !” qui lui servait à la fois de “bonjour” et d’entrée dans le vif du sujet. Nous ne l’entendrons plus, mais l’écho de cette irruption régulière dans notre vie éditoriale se prolongera longtemps. On l’aura compris : Thérèse Delpech était plus qu’un auteur brillant de notre Revue : c’était une amie. Où que vous soyez, chère Thérèse, sachez que nous vous aimons et que vous nous manquez déjà. La Rédaction et les auteurs de Politique Internationale |
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