ARABIE: LE TEMPS DES REFORMES ?
Cet entretien
a été conduit
par Hasni Abidi
(résumé)
Le prince Talal est de ceux qui,
dans le monde arabe, pensent qu'il faut se battre pour la démocratie. Il ne préconise
pas la lutte armée mais le combat politique. Fils d'Abdel Aziz Ben Saoud, le
fondateur de l'actuelle dynastie saoudienne et demi-frère de l'actuel
souverain, il n'hésite pourtant pas à critiquer ouvertement la politique de son
pays. A ses yeux, la pérennité d'un régime dépend de sa capacité à se réformer
de l'intérieur. En fait, les obstacles à la modernisation du royaume ne
viennent pas tant du roi, explique-t-il, que de sa famille, de l'institution
religieuse, voire de la population saoudienne elle-même, qui demeure profondément
conservatrice. Interrogé par Hasni Abidi sur les suites du 11 septembre, Talal
regrette que son pays ait soutenu les Talibans à la fin des années 90 et
souhaite qu'après le coup de froid qui a suivi les attentats, Riyad et
Washington consolident leurs relations. Il attend surtout des Américains qu'ils
encouragent une évolution démocratique de l'Arabie Saoudite.