LES DEFIS DE L'APRES-SADDAM
PHILIP GORDON et MICHAEL O'HANLON
Depuis quelques mois,
l'hypothèse d'une intervention américaine en Irak visant à renverser le régime
de Saddam Hussein tend à se préciser. A Washington, on ne se demande pas s'il
faut agir, mais bien quand et comment. Pourtant, avant de s'engager, les
Etats-Unis doivent savoir que cette opération ne sera pas de tout repos.
Au-delà des problèmes logistiques et stratégiques, il leur faudra préparer le
terrain diplomatique très soigneusement. S'ils veulent compter sur la
bienveillance des pays arabes, ils devront leur garantir que l'opération ne
provoquera, au sein de leurs populations, aucune onde de choc susceptible de
les déstabiliser. Pour cela, il leur faudra donner des gages à l'opinion arabe
en ramenant la paix entre Israéliens et Palestiniens. Deuxième priorité :
convaincre leurs alliés européens et les pays voisins de l'Irak qu'il est
indispensable de passer à l'action. Une fois Saddam éliminé, le plus dur
restera à faire : s'assurer que l'Irak cesse définitivement d'être un
facteur de déstabilisation au Moyen-Orient.