RADIOGRAPHIE DE L'OPPOSITION IRAKIENNE
ABDULAMIR AL-REKABY
Alors que
l'hypothèse de frappes américaines sur l'Irak se précise, force est de
constater qu'un scénario " à l'afghane " a peu de chances
de voir le jour. Contrairement à la situation qui prévalait en Afghanistan, les
Etats-Unis ne pourront pas compter sur un appui proprement irakien susceptible
de peser sur le terrain. L'opposition irakienne en exil est, en effet, minée
par ses divisions et dépourvue de relais crédibles à l'intérieur du pays. Qu'il
s'agisse des partis kurdes, des communistes, ou du Conseil national irakien
basé à Londres, aucun mouvement n'a une légitimité suffisante pour s'imposer
après un éventuel renversement de Saddam Hussein. A moins que les Américains ne
décident d'occuper militairement l'Irak pendant de longues années - ce que
personne ne souhaite - il faudra bien que la population irakienne elle-même
prenne son destin en main. Le précédent du soulèvement de 1991, au lendemain de
la guerre du Golfe, a montré qu'elle en était capable.